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L'Economie Collaborative ou l'ère des "Crowdcompanies"

L'Economie Collaborative ou l'ère des "Crowdcompanies"

Par : HUB Institute
5 août 2014
Temps de lecture : 3 min
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On parle de plus en plus d’économie collaborative. Au-delà de la façons d’acheter, de consommer et de partager, il s’agit aussi pour les entreprises de s’adapter à de nouvelles façons de créer des communautés et de concevoir et financer des produits. Si on met souvent en lumière les startups qui exploitent les ressorts de l’économie collaborative, les grands groupes peuvent aussi facilement en bénéficier. Comme nous l’explique Benjamin Tincq de OuiShare, l’économie collaborative ne correspond pas entièrement à des pratiques nouvelles. En effet, si le covoiturage, la location de particulier à particulier ou encore la revente de biens existent depuis longtemps, internet les a doté de plateformes qui ont rassemblé des communautés adeptes de prêt et de partage. On peut par exemple aujourd’hui facilement retrouver les amateurs de covoiturage sur blablacar, ceux qui louent leur appartement sur Airbnb et ceux qui revendent ce dont ils ne se servent plus sur ebay ou Leboncoin. Pourtant, l’économie collaborative ne se limite pas au partage de biens entre les consommateurs et touche aujourd’hui les étapes de conception des produits et services. Il devient possible d’affiner le produit avec ses consommateurs, de mettre en commun les idées. Le crowdfunding est le phénomène le plus connu de cette dynamique. En effet, il n’est plus nécessaire de faire appel à un banquier ou à des business angels pour obtenir des fonds, on peut maintenant faire financer une activité par une communauté d’internautes. Ce mode de financement présente un double avantage. Non seulement les entreprises s’assurent d’avoir de premiers clients et une communauté intéressée à l’issue de leur campagne de crowdfunding, en plus ils bénéficient de retours et d’idées de cette communauté pour améliorer et enrichir leur produit. Vincent Ricordeau de KissKissBankBank nous explique ainsi qu’au-delà des bénéfices financiers du crowdfunding, l’intérêt d’une campagne réside dans l’aspect fédérateur et le dialogue qui se crée entre l’entreprise et ses clients à travers la plateforme. Cet échange permet d’assurer un lancement efficace au produit crowdfundé. Ceux qui financent et qui sont impliqués dans la cocréation seront les premiers à en parler autour d’eux s’ils sont satisfaits de leur produit. Ainsi, pour leur envoyer un produit dont ils auront vraiment usage, Jean-Luc Vallejo de iSKN conseille de ne pas hésiter à tester le produit tel qu’il est pensé auprès de sa communauté et de s’appuyer sur les avis recueillis pour lancer une dynamique de co-conception et améliorer le produit et ses fonctionnalités. Cet aspect peut aussi être exploité par les grands groupes. S’ils ne sont pas légitimes pour faire financer de nouveaux projets, ils peuvent créer des plateformes qui leur permettent de crowdsourcer des idées auprès de leurs clients, qu’ils s’agissent d’un nouveau parfum de crème dessert ou des nouvelles fonctionnalités d’un téléphone. Ce type de consultations les fait passer du statut d'entreprises traditionnelles qui vendent un produit conçu en interne à un statut de crowdcompanies, soit d'entreprises qui utilisent la puissance du public pour se développer. Enfin, pour Jean-Luc Vallejo, l’autre avantage d’une campagne de crowdfunding, c’est de pousser l’entreprise à se structurer pour communiquer sur son projet. Pour une startup, il s’agit de garantir un lancement de produit réussi pour se rendre visible aussi bien auprès du public que des grands groupes - qui sont de potentiels partenaires. Pour ces derniers, la visibilité est également un argument clé : une campagne de crowdfunding ou de crowdsourcing réussie nécessite de communiquer auprès des bonnes cibles, et ce qui implique de segmenter sa cible et de penser sa stratégie communication et marketing en amont du lancement. Un vaste chantier certes, mais un chantier nécessaire.
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