Chez SNCF, plus de 2900 start-up travaillent avec les équipes sur la réinvention et le futur des métiers – Yves Tyrode

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Temps de lecture : 4 min

À l’occasion de la sortie du Guide de la Transformation Digitale, nous vous donnons rendez-vous une fois par semaine pour partager avec vous une interview des leaders qui accélèrent la transformation digitale des business. Aujourd’hui, découvrez l’interview d’Yves Tyrode, ex-Chief Digital Officer chez la SNCF et désormais Directeur Général en charge du Digital chez BPCE.

 

Si avec voyages-sncf.com, la distribution a su pivoter avec succès vers un modèle d’affaire digital, c’est à d’autres défis que s’attelle l’opérateur ferroviaire. En ligne de mire : la maintenance prédictive et la réinvention du train. Pour mener à bien ce chantier critique et complexe, le CDO mise entre autres sur l’ouverture et l’open-data.

 

A quelle étape se situe la SNCF dans sa transition digitale ?

SNCF a depuis longtemps initié sa transformation digitale, du moins dans le domaine de la distribution de billets : voyages-sncf.com, créé il y a 16 ans, fait partie des leaders français du e-commerce. En revanche, l’accélération de la digitalisation de notre activité pose la question de la transformation de notre modèle économique dont les enjeux sont à la fois organisationnels, industriels, culturels et humains. Et là, beaucoup reste à faire. Entre la culture de pure-player de la filiale e-commerce que j’ai dirigée et la transformation d’un groupe de 260 000 personnes présents dans 120 pays, le challenge est d’envergure. S’il y a une énorme appétence des personnes du terrain pour faire évoluer les métiers, il y aussi de la résistance et des blocages dans nos processus actuels ainsi qu’au niveau des systèmes d’information.

 

Quels sont les enjeux de la transformation digitale pour la SNCF ?

Notre premier enjeu est l’amélioration de la vie de nos clients via des services numériques très concrets comme le billet en ligne ou l’accès à internet dans les trains. Pour couvrir en 3G et 4G le réseau de chemins de fer, nous travaillons en forte proximité avec les opérateurs mobiles et l’ARCEP, l’autorité de régulation des Télécoms.

Le second enjeu a trait à la digitalisation du métier des agents et employés de l’entreprise : comment leur fournir des outils digitaux qui répondent à leurs besoins et facilitent leurs missions, notamment de maintenance ? On a prévu d’équiper 80 000 agents en tablettes avec des applications métiers verticales pour améliorer la qualité de leur travail et leur productivité.

Enfin, la technologie est le troisième enjeu : dans quelle mesure les ruptures technologiques telles que l’internet des objets ou encore la réalité augmentée peuvent aider SNCF à améliorer l’expérience client d’un côté et à faire des gains de compétitivité de l’autre ? L’open-data joue ici un rôle crucial : convaincu que l’innovation naît de l’ouverture et de la friction avec l’écosystème des start-up, le groupe a lancé une offre partenaire : plus de 2900 start-up travaillent désormais avec nous sur la réinvention et le futur de nos métiers.

 

Le Guide de la Transformation Digitale est disponible sur le site de la Fnac et sur Amazon

Télécharger le 1er chapitre en pdf

Quels sont les facteurs de réussite de la transformation digitale ?

Le premier facteur clé de succès réside dans l’adhésion des employés et du management. Pour cela, on a créé une communauté digitale qui rassemble sur la base du volontariat plus de 7000 personnes venant de tous les métiers du groupe (techniciens, managers commerciaux, communicants, etc.). J’ai mis en place un chat hebdomadaire pour échanger sur tous les sujets du groupe et sur l’avancement des projets, et ce, sur un mode direct, non hiérarchique et transparent. On se parle de manière « cash » autant sur les points de succès que sur ce qui pose problème. Plus de 17 000 salariés utilisent aussi le réseau social d’entreprise Yammer. Le second élément important, à mon sens, est le résultat : la transformation digitale doit être visible et se traduire concrètement par une amélioration de l’expérience voyageur et donc par une meilleure satisfaction de nos clients. Enfin, la réussite d’une transformation digitale repose sur une infrastructure technologique hyper-agile : un sujet complexe et critique tant la tâche est lourde. Il s’agit ni plus ni moins de faire évoluer radicalement un socle et des process informatiques issus des années 80. Cet enjeu IT est fondamental pour réussir dans le digital face à des pure-players pour lesquels parler de data, d’agilité, de devops, de cloud, de MVP est naturel.

 

Quelles sont les prochaines disruptions dans votre activité ?

Avec la digitalisation, deux types de ruptures majeures se profilent pour SNCF. La première, industrielle, est liée à l’amélioration de notre performance opérationnelle : c’est toute la question de la maintenance prédictive rendue possible par l’internet des objets (les capteurs) et la big data. Pour avancer sur ce sujet, nous travaillons à collecter toutes nos datas et avons créé un fablab au sein duquel data-scientists et managers travaillent étroitement.

Au-delà des process et de l’efficacité opérationnelle, SNCF, comme opérateur de transport est confrontée à la transformation même de son métier et de son modèle d’affaire historique. Les solutions de mobilité où se créera demain la valeur résident entre autres dans l’économie collaborative : c’est un sujet que le groupe a pris à bras le corps et qui est complètement intégré à sa stratégie comme l’illustre par exemple l’acquisition de OuiCar, plateforme de location de voitures entre particuliers. Un cran plus loin, c’est la réinvention même du train sur laquelle nous planchons : comment nous déplacerons-nous dans quinze ans ? Ce sont les questions de l’ultra-vitesse ou du train sans conducteur. C’est un enjeu industriel de long terme, aujourd’hui à l’état pur de recherche et développement, mais essentiel et hautement stratégique si l’on ne veut pas être pris de court par des acteurs comme Elon Musk, le créateur de la Tesla et d’Hyperloop qui permet de voyager à une vitesse d’environ 1200 km par heure.

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