Villes, infrastructures et industries : l’heure de l’intelligence a sonné

Par : Maxime Tricoire
2 avril 2021
Temps de lecture : 7 min
Chapo

Équipements industriels ou urbains, véhicules, engins ou ouvrages des infrastructures civiles, les actifs des entreprises et des collectivités doivent être optimisés, sécurisés et fiabilisés. Pour cela, l’usage conjoint des nouvelles technologies (IA, IoT, drones…) et des solutions de GMAO s’avèrent indispensables. Pour en discuter, le HUB Institute recevait, lors d’un webinar dédié au sujet, les représentants d’IBM, Michelin et ESRI France.

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Visuel intervenant webinar

Quels enjeux autour de la gestion et la maintenance des actifs d’entreprises ?

Pour introduire ce webinar, Bruno Fernandez revient sur les enjeux de la gestion et de la maintenance des actifs pour les entreprises."C’est un sujet qui est aujourd’hui crucial, car les entreprises sont entrées dans une ère d’automatisation. Et les enjeux sont considérables : l’arrivée de la 5G, et d’autres technologies telles que l’IA ou le jumeau numérique, vont permettre aux entreprises d’améliorer leurs performances, de transformer l’expérience utilisateur, et même de créer de nouveaux business models". Si des cas d’usages probants existent déjà, Bruno Fernandez insiste sur les challenges que vont devoir relever les entreprises pour bénéficier de ces avantages concurrentiels. Pour l’expert, ils sont au nombre de 3 et concernent :

  • Le facteur humain, avec des employés de moins en moins nombreux.
  • Le facteur technique, avec des assets de plus en plus sophistiqués.
  • Le facteur économique, avec un impact fort sur l’entreprise en cas de non-disponibilité des actifs. 

Pour aider les entreprises à relever ces challenges, IBM a développé une nouvelle version de son outil de gestion d’actif : Maximo. Cette suite applicative, qui se caractérise par sa facilité d’installation et de déploiement, intègre différents modules qui vont apporter de nouvelles manières de gérer les actifs des entreprises et des collectivités. "Collectes de données, détection de problèmes, maintenance prédictive, augmentation des techniciens grâce à l’IA… ce sont autant de cas d’usage concrets que nous adressons aux entreprises ayant des actifs critiques. C’est notamment le cas dans le secteur des infrastructures civiles, du transport, mais également de la ville intelligente ou de la production et du transport d’énergie". Maximo est d’ores et déjà largement déployé sur le marché et ne compte pas moins de 2 millions d’utilisateurs dans le monde. La solution est utilisée tant pour les projets de Smart Manufacturing que de Smart City.

Michelin : sur la route du Smart Manufacturing 

Afin d’introduire son intervention, Christian Béringuier, Référent Maintenance Industrie de Michelin, évoque le contexte dans lequel évolue l’entreprise. Employant 125 000 personnes à travers 170 pays dispersés dans 71 usines, le groupe Michelin réalise chaque année près de 22 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Si l’entreprise est connue pour sa production de pneumatique, elle produit également des matériaux de haute technologie, qui demandent des équipements multiples. "Mon rôle dans l’entreprise est d’animer les métiers de la maintenance, tout en anticipant les évolutions futures afin de garantir l’excellence opérationnelle de tous les métiers de l’entreprise", explique Christian Béringuier. L’expert indique que la vision de Michelin en termes de manufacturing s’est construite autour d’un système de production baptisé "L’Usine Excellente"

Ce modèle « Usine Excellente » est customer et people centric. Notre but est de mieux servir le client final, tout en garantissant l’épanouissement de nos salariés.

- Christian Béringuier Référent Maintenance, Industrie (Michelin)

Ce nouveau système s’incarne à travers le programme Michelin Manufacturing Way (MMW), qui s’organise autour d’un socle unique composé de différentes fondations (Sécurité, machine, qualité, délais de production et coûts), le tout etant soutenu à sa base par le facteur humain. "C’est l’état de l’art minimum qui permet d’enclencher le progrès […] De cette base se tracent 3 routes que sont les opérations, la responsabilisation des équipes et la transformation de l'outil industriel", explique Christian Béringuier. Le tout s’articule autour de 8 indicateurs. Concernant Maximo d’IBM, "nous l’utilisons de manière standardisée sur nos opérations depuis 10 ans. De fait, cela nous donne une certaine maturité vis-à-vis de l’outil et de sa profondeur", indique l’expert.

Notre transformation digitale est bien engagée, mais beaucoup de chemin reste à parcourir. Il est important de s’appuyer sur un socle de performance qui soit lean et agile, avec des équipes engagées dans cette transformation. Il ne faut pas foncer vers la solution la plus attrayante sans avoir auparavant déterminé ce que l’on souhaite traiter, la valeur que l’on souhaite capter ou les irritants que l’on veut éliminer.

- Christian Béringuier Référent Maintenance, Industrie (Michelin)

 Christian Beringuier revient sur quelques exemples de cas où la technologie se met au service de la maintenance

  • La formation : Michelin produit différentes capsules vidéo appelées « One Point Lesson ». Il s’agit de tutoriels vidéos réalisés par les équipes de maintenances lors d’interventions, qui sont ensuite rendus accessibles à l’ensemble des membres du département maintenance. L’industriel avance également sur les sujets liés à la réalité virtuelle
     
  • L’inspection par drone : qui permet notamment d’inspecter visuellement des infrastructures en hauteur, sans pour autant arrêter ces dernières. Au-delà de l’agilité apportée par la solution, cette dernière permet également de réduire les risques en terme de sécurité pour les techniciens.
     
  • La maintenance prédictive (ou prévisionnelle) : à partir de la donnée récoltée sur les assets, l’intelligence va pouvoir détecter des signaux annonciateurs d’une panne. "Cela nous permet de basculer d’un mode réactif à un mode proactif, avec une intervention qui va pouvoir être mieux préparée et planifiée", explique Christian Béringuier.

L’ensemble de ces outils, et des données qu’ils génèrent, permettent d’enrichir Maximo, mais également d’optimiser et d’équilibrer le ratio entre ressources allouées et risque d’indisponibilité des équipements.

Maximo au service de la Smart City et des Smart Infrastructures

Maximo est également utilisé dans la gestion des villes intelligentes. À cet effet, IBM travaille en partenariat avec ESRI France, qui développe la gamme de Système d’Information Géographique (SIG) la plus complète du marché. "Les SIG créent des éléments de compréhension partagés sur la base de modèles de données, d’analytics, de process… Il permet de mesurer, visualiser, analyser et planifier afin que chaque acteur puisse mieux agir. C’est un outil essentiel qui devient un véritable système nerveux géospatial", explique Constantin Ionica, Ingénieur Solution chez ESRI France. Baptisé ArcGIS, la solution d’ESRI France prend en charge 3 systèmes fondamentaux :

  • Les systèmes de gestion
  • Les systèmes d’analyse
  • Les systèmes de collaboration

La présence de ces systèmes permet à chaque utilisateur de la solution de recevoir et d’interagir en temps réel avec des données du monde entier, quels que soient leurs formats, sous forme d’infrastructures spatiales. "Il est également possible d’intégrer des couches de données provenant de réseaux externes, de manière à prendre en compte, par exemple, le trafic aérien ou la météo", complète Constantin Ionica.

Le SIG est un enabler de la transformation digitale des villes. C’est un élément indispensable dans l’infrastructure IT d’une ville intelligente. Il se concentre autour de 4 propositions de valeurs : la planification et la construction, l’efficacité opérationnelle, le pilotage par la donnée et l’implication de la communauté.

- Constantin Ionica, Ingénieur Solution (ESRI) 

De fait, les champs applicatifs des SIG sont vastes : utilisation pour le design urbain afin de concevoir de nouvelles villes ou de nouveaux quartiers, utilisation à des fins de sécurité publique avec la possibilité de voir des points chauds spatio-temporels dans le cadre d’une manifestations sportives, préparation et réaction aux catastrophes naturelles, soutien aux actions humanitaires avec la possibilité de modéliser des cartes d’approvisionnements alimentaires… Constantin Ionica évoque un exemple concret : celui de la gestion des transports urbains dans la ville de Paris. Équipée de capteurs, la flotte de bus remonte en temps réels diverses informations au dashboard de la ville. Ces dernières sont alors transformées en data-visualisation, de manière à faciliter la compréhension de celles-ci par les techniciens municipaux. À partir de là, ces derniers peuvent :

  • Analyser le trafic : ce qui permet de connaître le nombre de bus en retard. Il est également possible de visualiser le territoire de manière à adapter le plan de transport en fonction des zones non desservies.
     
  • Obtenir l’état de santé des véhicules : grâce à l’IA, les techniciens sont capables de prédire les pannes ayant une forte probabilité de se produire. Ils peuvent alors, via Maximo, déclencher une maintenance anticipée de manière à éviter l’encombrement du trafic routier. 

Pour conclure ce webinar, Bruno Fernandez revient sur l’état de certaines infrastructures civiles européennes. Ponts, tunnels, voies ferroviaires… près de 40% d’entre elles représentent aujourd’hui un danger. Pour lutter contre cette situation, IBM s’est associé avec différents acteurs afin de lancer une verticale dédiée à la gestion des infrastructures civiles au sein de Maximo. À partir d’une inspection par drone, ou bien via l’IoT, il devient possible de dresser l’état de santé complet de ces infrastructures, et de le monitorer en temps réel.

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Maxime
Tricoire
Content Manager

Diplômé du MBA Digital Marketing & Business de l’EFAP, Maxime s’appuie sur sa culture du monde digital pour dénicher les dernières tendances et insights. Fort de plusieurs expériences du côté de l’annonceur, il met sa plume au service de nos partenaires pour les aider à élaborer des contenus à fortes valeurs ajoutées. Ses buts : découvrir, informer et éduquer.