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Zoov: vers une mobilité apaisée au sein des villes et des territoires

Par : Baptiste Therin
30 juillet 2021
Temps de lecture : 6 min
Chapo

La mobilité douce est devenue une priorité pour la ville avec l’émergence de nombreux acteurs privés. En marge du Sustainable Cities Summit, où l’on retrouvera Zoov, start-up incontournable du bikesharing dans les villes de province et banlieue. Amira Haberah, Co-fondatrice et Directrice Marketing et Commercial, revient sur son parcours engagé pour le bien être des citadins.

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Amira Haberah est la Co-fondatrice et Directrice Marketing et Commercial de Zoov, une start-up française qui propose un service de vélos électriques partagés qui garantit un partage respectueux de la voie publique grâce à des stations légères et ultra-compactes dans les zones les plus denses. Très investie dans la vie locale de sa ville d’origine, La Garenne-Colombes, elle n’a que 20 ans quand elle entame sa mission de Conseillère municipale en parallèle de son cursus en Entrepreneuriat à HEC Paris. Une mission au service de l’amélioration de la qualité de vie des habitants qu’elle mènera avec passion et détermination jusqu’en 2014.  

HUB Institute : Parlez-nous de cet engagement qui anime vos initiatives entrepreneuriales mais également politiques ? 

Photo profil Amira HaberahAmira Haberah : J’ai toujours ressenti le devoir de m’engager, de contribuer à quelque chose, de contribuer à construire la société et le monde dans lequel on vit. J’ai été engagée en associations depuis mon plus jeune âge et particulièrement intéressée par la politique. C’est en participant à des petites actions (réunions, tractages, etc.) lorsque j’avais seulement 19 ans que j’ai été repérée par le maire de ma ville.
En parallèle, j'ai toujours eu un intérêt fort pour les enjeux de la ville et de l'aménagement du territoire. À savoir, comment améliorer le quotidien des citoyens.
Mon objectif est de participer à la création d’un mode de vie apaisé et bienveillant entre les gens. Et je pense que l'espace public est essentiel au cœur de cette problématique là. Parce que finalement, dès qu'on met le pied dehors on vit une expérience de mobilité, que ce soit en voiture, à vélo ou en transports en commun.  Cette expérience de mobilité est aussi partagée avec les autres.  

Ma mission en tant qu’individu est de faire en sorte que cette expérience de mobilité que l’on vit tous ensemble soit la plus apaisée, bienveillante et bénéfique aussi bien pour la santé physique que mentale mais aussi pour la planète.

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HUB Institute : À propos de Zoov maintenant, pouvez-vous nous raconter la genèse de ce projet ? Qu’est ce qui vous a poussé à vous lancer dans cette aventure autour de la mobilité partagée ? 

AH : En 2017, je rejoins Eric Carreel et Arnaud le Rodallec sur le projet, d'abord à travers une approche assez technologique du sujet avec deux changements radicaux : 

  • Le modèle économique : l’infrastructure disparaît; on observe alors de plus en plus des projets portés par des acteurs privés et non plus publics.
  • La connectivité : la cité a besoin d’un vélo connecté pour compenser la disparition de l’infrastructure. L’IoT est alors au cœur du sujet.
La technologie, c’est l'œuvre de l'intelligence de l’homme, c’est un outil que l’on a pour améliorer notre qualité de vie, et surtout je crois en la force des relations avec les autres. Là où les gens se rencontrent, il faut que ce soit une expérience positive.

 AH : Ce sujet entre en résonance avec mon engagement personnel ; la mobilité est un thème extrêmement important qui affecte quotidiennement la vie de tous. L’enjeu est alors d’apporter grâce à la technologie une solution pour la mobilité mais aussi d’engager un impact positif pour la planète. 

HUB Institute : Quelle place occupe Zoov dans la transition écologique des villes et des territoires ? Comment vous différenciez-vous ?

AH : Chez Zoov, nous avons identifié deux priorités :

  • La qualité de l’expérience utilisateur : Nous sommes convaincus que c’est un aspect primordial pour la réussite de la transition environnementale vers des modes plus doux. Elle n’est possible que si l’expérience est aussi facile pour l’utilisateur que de prendre sa voiture ou les transports en communs. 
  • L’inclusivité : Être capable de proposer ce service au plus grand nombre et pas seulement aux grandes villes où l’offre de transports en commun est déjà importante et où la place de la voiture se réduit. Notre démarche consiste à rendre accessible cette expérience aussi sur des territoires périphériques comme le plateau de Saclay, des villes moyennes comme Landerneau ou la Communauté d’Agglomération d’Épinal, mais aussi des villes de banlieue. 

HUB Institute : À l’horizon 2022, quels sont les grands challenges pour Zoov ? Et de manière plus générale, comment envisagez-vous le futur de la mobilité au sein des villes et territoires ? 

AH : Nous avons la volonté de consolider cette plateforme autour du vélo avec de nouveaux produits, aussi bien hardware que software, pour étendre ses usages. Ensuite nous souhaitons accroître notre présence dans les villes moyennes en France comme à l’international tout en préparant la relocalisation de notre production en France.  

Aujourd’hui une ville, c’est en moyenne 60% de voitures, 20% de piétons, 10% de transports en communs et 10% d’autres (scooter, vélo etc). Notre souhait c’est une ville 30-30-30. Une ville construite autour de 30% de piétons, 30% de transports en commun, et 30% de vélos et de mobilité douce. La voiture continuera d’exister, mais en dehors des villes, et elle restera indispensable pour les connecter entre elles, probablement sous une autre forme d’ailleurs, comme un transport autonome sur les grands axes par exemple.
Les moyens pour arriver à cette ville 30-30-30 sont clairs: il faut partir du plus petit au plus grand et redonner de la place au piéton dans l’espace public afin qu'il puisse circuler facilement y compris quand il est en mobilité réduite. 
Ensuite on pourra ajouter les autres modes de mobilités en commençant par le vélo jusqu’à la voiture et adresser les déplacements qui, pour rappel, dans plus de 50% des cas font moins de 3 km et 70% des cas moins de 8 km

Les villes sont évidemment au cœur de cette révolution-là, pas uniquement comme organisation politique mais à travers l’engagement de l'ensemble de ses parties prenantes: ses habitants, ses entreprises, ses commerces. On croit beaucoup dans une ville où le centre ville est redynamisé. À cause de la voiture les centre villes sont dépeuplés et les commerces se sont installés en périphérie. Une ville où le centre est en mobilité douce est une ville où l’on voit le retour de tous ces acteurs du centre ville. 


À propos de Smoove Zoov : 

Début 2021, Smoove, leader du marché du vélo en libre-service (VLS) et Zoov, référence technologique du vélo électrique en libre-service se rapprochent pour combiner leurs savoir-faire et expériences, et déployer leurs technologies sur un maximum de territoires. La nouvelle entité a pour but d'accompagner une grande diversité de villes grâce à une gamme de systèmes de vélopartage innovants, garantissant une qualité de service de premier ordre. En associant l’expérience et la présence internationale de Smoove à l’avancée technologique de Zoov, la nouvelle entité se donne les capacités de répondre à toutes les attentes des municipalités et d’accélérer massivement le report modal de la voiture personnelle vers la mobilité à vélo. L’objectif en ligne de mire ? Contribuer de façon majeure à la baisse d’au moins 60% des émissions de gaz à effet de serre liées au transport à horizon 2050, en ligne avec l’objectif de l’Union Européenne.

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Therin
Chef de projet Sustainable