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Grenoble capitale verte européenne 2022: quels enjeux et objectifs?

Par : Valincia Remi
20 septembre 2022
Temps de visionnage10:44 min

Grenoble a été désignée en tant que Capitale verte Européenne 2022. À l’occasion du Sustainable Cities Summit, le maire de Grenoble, Eric Piolle, est revenu sur les enjeux et les objectifs liés à cette élection.

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Le Prix de la Capitale verte est un concours lancé par l’Union Européenne qui vise à récompenser les villes pour la prise en compte de l’environnement dans leurs aménagements urbains.  

Grenoble s’est positionnée comme pionnière dans le domaine en devenant la "capitale du vélo”. Grâce à sa société d’économie mixte et son réseau de chauffage urbain, la ville a également produit en fin d’année l’équivalent de la consommation électrique des grenoblois. Cela sans utiliser d’énergie fossile ou nucléaire sur la base de 85% d'énergie renouvelable. Un travail a notamment été fait sur les menus proposés dans les cantines des écoles, avec deux repas végétariens proposés chaque semaine depuis septembre. Cependant, selon Eric Piolle, Grenoble est encore loin des objectifs de la COP21. 

L’ambition principale de la ville était de sortir de “l’éco-anxiété”, en effaçant la paralysie par une vitesse d’action qui donnerait confiance dans la capacité à travailler ensemble. L’ambition était également de sortir de l’ignorance et de franchir des nouveaux cap dans la prise de conscience. L’ensemble des décideurs, qu’ils soient économiques ou qu’ils évoluent dans le monde du sport, de la culture, de la politique, etc. sont notamment encore très loin de cette prise de conscience d’un budget carbone.

Eric Piolle revient sur la crise énergétique qui est selon lui un prémice de ce qui va nous arriver dans différents domaines tels que l’énergie, l’alimentation ou encore les concurrences foncières, etc. 

Une démarche a été lancée en 2019 en créant un conseil scientifique pour accompagner la ville, et a rassemblé une quarantaine de scientifiques transdisciplinaires dont des sociologues, des économistes, des glaciologues et des spécialistes du climat. Ils ont également lancé un comité des partenaires, avec une centaine d’entreprises se sentant parties prenantes et acteurs, quel que soit leur domaine de production, de cette transformation. Beaucoup d’entreprises se sentent aujourd’hui concernées par les questions de mobilité, d’énergie et d'efficacité énergétique.

La ville a pu associer le monde de la culture et du sport qui, selon le maire, est resté sur le bas-côté dans ces transitions. Le sport doit s’engager dans cette transition pour se mettre en route. Le maire parle d’un virage et d’une transformation majeure à effectuer, avec notamment une Coupe du monde qui va se dérouler dans un stade climatisé. La culture commence quant à elle à penser ses modes de production, de déplacement des compagnies, de réutilisation, de mutualisation, etc.

Dans cette “capitale verte'', il y a 12 thématiques qui passent de l'atténuation du changement climatique à l’adaptation. Un rapport à l’adaptation a été lancé en 2018. Ce rapport s’est avéré être important et a fait émerger la question sociale sur les émissions de CO2. Eric Piolle indique que 50% des moins aisées en France émettent 4 tonnes de CO2 par personne, contre 10% des plus aisés qui émettent 18 tonnes ; l’enjeu est de diviser par 9 les émissions de gaz à effet de serre des 10% dans les 20 prochaines années là où les 50% devront les diviser par 2. Ces chiffres mettent sur la place publique cette dimension sociale, et permettent donc de mettre en place des politiques publiques qui visent à sécuriser le changement pour ces 50% les plus fragiles.

En s'intéressant à la démarche de “capitale verte'', Grenoble s’est tournée vers les villes ayant déjà été nommées “capitales vertes” afin d’en savoir plus sur les effets qu’elles ont eu sur le long terme. La collectivité a défini ses objectifs à l’horizon 2040 car les enfants qui naissent en 2022 devront être neutres en carbone à l'âge adulte. Cette neutralité devrait approcher les 2 tonnes par personne, mais d’ici 2040, si les puits de carbone que sont les océans et les forêts sont fragilisés, cet indicateur pourrait être revu à la baisse.

“On ne parle jamais d’urgence en s’appuyant sur la peur mais plutôt sur ce que nous voulons faire ensemble [...] Et ça fait une énorme différence, on est plus actifs lorsqu’on se tourne vers nos désirs collectifs et individuel et nos arbitrage sociaux qui en découlent”

- Eric Piolle, Maire de Grenoble


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