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Les changements sociétaux et l’urgence climatique nous incitent à réinventer la manière dont nous nous déplaçons et l’impact de nos choix de mobilité. Cette thématique est désormais au cœur des enjeux des décideurs publics poussés par des innovations plus durables et plus intelligentes. La transition vers une mobilité durable ne se fera pas sans qu’acteurs publics et porteurs de solutions avancent ensemble pour permettre l’accès à une mobilité en accord avec les besoins citoyens et la nécessité de limiter son impact.

Rendez-vous le 1er février pour paver le chemin d'une mobilité plus intelligente, efficace et inclusive avec les 20 challenges de la mobilité durable.

 

Vers une mobilité durable pour tous en 2022 : mise au point avec Vincent Ducrey

Par : Lila Ricci
20 décembre 2021
Temps de lecture : 4 min
Chapo

La transition vers une mobilité durable ne se fera pas sans qu’acteurs publics et porteurs de solutions avancent ensemble pour permettre l’accès à une mobilité en accord avec les besoins citoyens et la nécessité de limiter son impact. Vincent Ducrey, président du HUB Institute, revient sur les tendances qui se sont dégagées en 2021 et sa vision pour 2022.

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HUB Institute : À la suite de la crise de la COVID, Vous aviez sondé votre communauté en début d’année et avez déterminé que les 3 principaux enjeux de la mobilité en 2021 allait être : “Mobilité douce” - “Transports publics” - “Véhicule propre”. Cela s'est-il confirmé ? D’autres tendances ont-elles émergées ?

vincent ducreyVincent Ducrey : Alors effectivement, ces trois tendances se sont confirmées, mais ont quand même été impactées par les rebonds du COVID, qui n’ont pas permis une reprise linéaire et généralisée des usages. Par rapport au contexte actuel, il est intéressant de noter qu’une autre tendance émerge très fortement : la mobilité employés. Les directions des grands groupes ont certaines difficultés à faire revenir les collaborateurs au bureau, et des dispositifs de loi les encouragent à mieux gérer et mieux aider la mobilité des collaborateurs. Il y a de grosses attentes pour les entreprises, car ce focus collaborateurs peut permettre de lutter contre l’autosolisme et l’émigration pendulaire.

Un autre point concerne la massification des sujets électriques ; on parle aujourd’hui de 50 000 points de charge en France. Nous sommes loin du maillage de certains pays nordiques, mais ce chiffre montre déjà que la tendance s’accélère. Il encourage aussi les Français à s’équiper, même si le taux d’achat de véhicules électriques tourne encore autour des 10%.

Enfin, il y a l’objectif du MAAS, même si j’ai mes réserves quant à sa réalisation. Pour reprendre les mots du Secrétaire général de l’ONU qui prônait une coalition mondiale pour l’impact et le climat à la COP26, en tant que think tank nous pensons qu’il est grand temps de mettre en place une coalition pour une mobilité durable. Il existe aujourd’hui des syndicats pour l’automobile, la micromobilité, ou bien encore la protection des piétons. Il devient en réalité urgent que ces groupes accélèrent leurs discussions ; leurs différents intérêts sont certes parfois antinomiques, mais sans accélération et coalition nous ne pourrons jamais concrétiser le MAAS, ni dépolluer les villes. Nous continuerons à encourager l’exode vers les villes moyennes, qui devront faire face au même problème d’ici 5 à 10 ans.


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HUB Institute : Le HUB est présent aussi bien à l’international, on l’a vu avec votre présence à l’Expo 2020 de Dubaï, qu’au niveau régional, quelles synergies avez-vous relevé entre ces acteurs ?

VD : Le cercle de la mobilité s’est élargi pour inclure les acteurs de la construction. Désormais, ces derniers intègrent dans les pré-requis les bornes électriques, la capacité à avoir des espaces extérieurs pour héberger des vélos… L’aménagement de la voirie est pris en compte pour se plier au dernier kilomètre, et cet enjeu sera d’ailleurs abordé lors de notre conférence de février. Les sujets des acteurs s’interconnectent, et l’accélération des convergences est inéluctable.

À Dubaï, tout a été pensé pour permettre de proposer une expérience décarbonée ; pas de voitures thermiques dans l’enceinte de la ville, les déplacements y sont doux, électriques et silencieux. On se retrouve projetés dans un monde qui pourrait être le nôtre rapidement, si cette bascule se généralise dans nos villes.

Pour limiter les camions pour construire le site de l’Expo Universelle, Dubaï a opté pour une extension du métro, d’abord réservée uniquement aux ouvriers. Avec la baisse des allers-retours quotidiens, l’empreinte carbone du chantier a pu être réduite. Sur un autre point, de très nombreux pavillons présents à l’Expo ont mis en valeur le sujet de la durabilité, qui je dirais est devenu un véritable enjeu de country branding.

HUB Institute : À partir de votre veille et réseau international, pouvez-vous nous partager les porteurs de solution à suivre pour l’année 2022 ? Comment le secteur de la mobilité peut-il contribuer à atteindre l’objectif de réduction d’émission fixé par la COP 26 d’ici à 2050 ?

VD : Je pense que les acteurs qui vont sortir du chapeau seront porteurs de solutions inclusives, pour notamment permettre l’accès à la mobilité aux personnes en situation de handicap, ou disposant de moins de moyens. L’élasticité du prix des transports n’est pas très répandue en France - le tarif restera le même tôt le matin ou en heure de pointe. Beaucoup d’autres pays ont pris de l’avance, et il va falloir que nous les rejoignions dans cette démarche de yield pour encourager l’usage des transports publics par tous.


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Chef de projet Sustainable