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Faurecia au coeur de l’industrie 4.0

Par : Sandrine Matichard
3 octobre 2019
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Faurecia est un équipementier automobile qui réalise 20 MM€ de CA et totalise 330 sites de production dans le monde. En 2015, une démarche d’industrie 4.0 a été entamée. Un état des lieux des pratiques sur les sites de production a permis d’identifier 200 initiatives innovantes dans les différentes usines, potentiellement susceptibles de devenir des standards pour toute l’entreprise. 

On distingue 3 types de standards :

  • Les standards locaux, c’est-à-dire les améliorations liées spécifiquement à un site, qui représentent un apport réel, mais ne peuvent pas être dupliquées. 
     
  • Les standards structurels, qui organisent toute l’entreprise. Dès 2009, Faurecia s’est engagée dans un standard ERP (Enterprise Resource Planning), puis depuis 2 ans dans un MES (Manufacturing Execution System) au niveau mondial. Ce processus est très structurant, mais aussi très long, sa participation positive au P&L de l’entreprise n’est pas spectaculaire.
     
  • Les standards globaux, entre les deux standards précédemment cités, ce sont des améliorations applicables à 10, 30 voire 100 sites.  C’est surtout à ce niveau que l’on peut accélérer les gains de valeur ajoutée et que Faurecia concentre actuellement ses efforts. L’équipementier a investi 200 M€ dans l’industrie 4.0 : AGV, cobots, robots intelligents, et réalité augmentée (AR) sans lunettes. Par exemple, l’AR permet de “pousser” à l’opérateur les instructions pertinentes pour les tâches de vérification (parfois 30 points de check à assurer). Ce système a été implémenté sur 20 sites et a apporté un retour sur investissement sous environ un an. En revanche pas ou peu de jumeau numérique et de réalité virtuelle.
L’ERP est un standard pour toute l’entreprise, mais l’usine et ses 4 murs n’est jamais standard, il faut toujours adapter. Les standards globaux vont amener une valeur ajoutée rapide et un ROI inférieur à un an

– Grégoire Ferre, VP transformation digitale de Faurecia

L’étape suivante sera d’introduire une digitalisation toujours plus diffuse et moins coûteuse : par exemple poser une loi/règle sur un phénomène répétitif que l’on constate sur plusieurs sites, et pour y répondre, construire de petites plateformes numériques ciblées, qui apportent une valeur ajoutée avec un ROI inférieur à 6 mois.

Exemple concret : la détection de plis sur le tissu lors de l’assemblage d’un fauteuil de voiture. En la matière les standards sont différents selon la localisation du défaut, le cahier des charges, le niveau d’exigence du client, etc. Faurecia a déployé une solution d’IA pour automatiser l’évaluation des défauts, à partir d’une grille homogène, et donc remplacer l’oeil humain.

Le rôle du collaborateur en est profondément modifié : il ne s’agit pas de digitaliser la connaissance de l’expert pour “mieux s’en débarrasser”, mais au contraire pour lui permettre de faire son vrai métier : dialoguer avec le client pour optimiser et faire évoluer la grille d’évaluation en fonction du rapport coût-avantage souhaité.

L’industrie 4.0 a déjà généré 1% de marge opérationnelle supplémentaire pour Faurecia.