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Vers une DRH technophile pour une entreprise plus agile ?

Par : Loris Gendreau
19 juin 2019
Temps de lecture : 7 min
Chapo

Sous l’essor du digital, la mutation des entreprises contraint l’environnement RH à une transformation ressemblant de plus en plus à celle du marketing. Les enjeux de performance prédominent, et la direction des ressources humaines, traditionnellement habituée à des échelles de temps longs, doit gagner en agilité. Pour y parvenir, elle a l’obligation elle aussi de se doter de compétences technologiques qui lui permettent d’automatiser une partie de ses processus. Quelles sont ces compétences et quel est l’équilibre à respecter entre automatisation et humanisation ?

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Pour répondre à ces questions, Caroline Loisel, Experte RH et Emmanuel Vivier, cofondateur du HUB Institute, ont réuni des experts d’horizons différents lors d’une nouvelle session du HUBTALK RH & LEADERSHIP du 23 mai dernier. Ensemble, ils ont évoqué le futur du monde des RH qui passera sans nul doute par une forme de "techno-agilité". Culture, nouvelles façons de travailler et solutions technologiques sont au programme de ces échanges.

Être agile ou technophile, il ne faut pas choisir !

Caroline Loisel, Experte RH et Emmanuel Vivier, cofondateur du HUB Institute, introduisent la matrice qu’ils ont imaginée sur la base de leurs recherches sur l’évolution des métiers RH. Baptisée B.E.S.T, elle s’articule autour de 4 postures :

  • Business Accélérateur : la capacité de sortir de la simple activité de support pour devenir une fonction active du développement business
  • Entrepreneur : la capacité d’innover et d’anticiper les changements
  • Socio-Coach : la capacité à mobiliser l’intelligence collaborative et l’intelligence émotionnelle de ses collaborateurs.
  • Techno-agile : la capacité à maitriser la technologie de manière à tirer le plein potentiel de l’entreprise.

Ce modèle sera à retrouver dans le "Guide du Futur des RH & du Management", coécrit par les deux experts, qui paraitra aux éditions Eyrolles en janvier 2020.

La technologie au service des RH

Pour Jean-Pierre Beylat, fondateur du cabinet ConvictionsRH, deux grands challenges s’imposent aujourd’hui au monde des RH : la gestion de l’impact du digital dans le quotidien des salariés et l’intégration positive des nouveaux systèmes d’information.

Le spécialiste revient sur le passé technologique des ressources humaines. Auparavant habituées aux ERP (Enterprise Ressource Planning) complexes et peu intuitifs, les RH ont très vite migré vers des solutions de de type Best of Breed (un ensemble de solutions considérées comme les meilleures du marché, potentiellement issues d’éditeurs différents, mais interconnectées au sein d’un même écosystème).

Facilité par l’émergence du cloud, ces systèmes amènent avec eux la promesse d’adapter la brique technologique aux process particuliers de chaque entreprise utilisatrice et donc de les simplifier. L’outil s’adapte aux besoins, et non l’inverse.

Dans la même optique, la nécessité d’intégrer de plus en plus la data aux usages des divisions RH a nécessité l’adoption progressive de modèles de solutions de type full SaaS intégrant nativement cette capacité à gérer les flux de données provenant de sources diverses (les différentes sources de l’entreprise et pourquoi pas de sources extérieures).

Si leur adoption est simple et évite de coûteux moyens de développement et d’installation sur site aux entreprises utilisatrices, ces briques technologiques restent aux mains de grands acteurs technologiques et laissent peu de liberté aux utilisateurs pour innover et constamment adapter leurs outils aux besoins changeants de leurs organisations.

L’enjeu de la fonction RH est de personnaliser la réponse qu’elle apporte malgré la très grande quantité d’information qu’elle doit gérer. 

Pour contrer cet état de fait, les startups sont de plus en plus sollicitées. Plus agiles, reposant généralement sur un business de la solution personnalisée, perçues comme "partenaires" plus que "prestataires" des organisations clientes, le dialogue se fait plus aisé et l’évolution constante des outils (VR, automatisation, analyse prédictive…) est dans leur ADN.

L’innovation par l’agilité et la liberté créative

Marjolaine Hamon, responsable du développement RH d’Octo Technology, revient sur le modèle agile qu’a adopté son entreprise. Très ancrée au sein des business units de la société, cette "techno-agilité" s’est également rapidement répandue au sein des équipes RH. Une obligation pour l’entreprise qui connait une croissance exponentielle, et pour qui le recrutement de profils rares est un enjeu majeur.

Pour l’épauler dans cette tâche, Octo Technology a notamment créé TWIG, une solution accélérant la digitalisation du processus d’embauche. L’entreprise a également opté pour une approche plus "expérientielle" des entretiens de recrutement en permettant aux candidats d’être "acteurs" de leur embauche.

En effet, différentes activités sont proposées au cours du processus :

  • Moving motivator : jeu de cartes qui permet de classer ses leviers de motivation de gauche à droite.
  • Dessine-moi ton profil : une valise avec des gommettes et des post-it qui permet au candidat de se présenter de manière graphique et ludique.
  • Speed boat : un format plus rétrospectif permettant au candidat de parler de ses envies, ses craintes, ses objectifs…
Innover, c’est aussi prendre le temps d’être un individu créatif.

C’est ainsi que la DRH s’est elle-même transformée en se faisant accompagner par un coach agile interne les formants à des nouvelles façons de travailler, de nouvelles méthodes telles le design thinking.

Si son entreprise a déjà plusieurs été fois récompensée par le label "Great Place to Work", Marjolaine Hamon explique que l’ambition d’Octo Technology est de rester une « best place to grow » pour les différents talents de l’entreprise.

Pour Pia Hernandez, HR Development Director de Safran Electronics & Defense, la technologie est également un moyen de renouer un lien avec les équipes. Avec plus de 10 000 salariés répartis dans le monde entier, l’entreprise cherchait un moyen d’entretenir une relation forte avec eux et ainsi de renforcer leur engagement.

C’est dans cette optique qu’elle a adopté la solution de Cocoworker, une startup française. Cette dernière propose aux entreprises de placer la reconnaissance au cœur de leur ADN en mettant directeur, managers et employés sur un pied d’égalité. Le but est, à terme, d’activer le potentiel humain de chacun et d’inciter les collaborateurs à s’engager durablement pour l’entreprise.

Si la solution a dans un premier temps été accueillie frileusement par les équipes, elle a rapidement su se démocratiser au sein de la branche française. L’outil devrait d’ailleurs être prochainement déployé dans les autres filiales internationales du groupe.

PeopleDoc prouve que la technologie facilite les processus au bénéfice de l’expérience collaborateur

Philippe Raynaud, Country Manager Western Europe de PeopleDoc revient sur les transformations qu’a connues son entreprise. Anciennement appelée Novapost, la startup ambitionnait de devenir le postier des temps modernes en proposant aux consommateurs de recevoir du courrier de manière électronique.

Face à un marché peu mature, elle s’est rapidement tournée vers les services RH, très demandeurs de solutions pour dématérialiser leurs processus papier.

Nous avons imaginé un workflow simplifié en digitalisant les formulaires qui constituent l’ensemble des échanges entre la Direction des Ressources Humaines et les salariés.

Imaginée comme un coffre-fort virtuel pour salariés et employeurs, la plateforme de l’entreprise a pour objectif d’unifier sans coutures toutes les étapes administratives du cycle collaborateur en regroupant tous les échanges (avec les organes RH et administratifs) sur un seul et même board. Une digitalisation qui permet l’automatisation de certains processus (rappel de signatures, émissions programmées de documents connexes, etc.) Le gain de temps libéré permettant aux équipes des ressources humaines de se focaliser sur l’accompagnement humain et personnalisé des collaborateurs.

Arrivera-t-on un jour à optimiser son temps de travail pour une meilleure qualité de vie en entreprise ?

Réunions, échanges de documents (incomplets ou perdus), mails… sont autant de pratiques professionnelles chronophages sur lesquelles les entreprises doivent gagner en agilité. Une modernisation d’autant plus importante alors que la nouvelle génération de travailleurs, les Millennials, représente aujourd’hui près de 50% de la masse salariale et désapprouve vivement le "temps ainsi perdu."

Comment mieux tirer optimiser le temps en entreprise ? Pour Carole Benichou, Directrice de la division Microsoft 365, cela passe nécessairement par une évolution des méthodes de travail et des outils employés.

Pour aider les entreprises dans leurs processus de transformation, Microsoft a entrepris la création d’une suite d’outils permettant aux collaborateurs une meilleure gestion de leur temps.

Dans une société sursollicitée, 20% du temps de travail des collaborateurs est consacré à la recherche de documents. Notre outil Microsoft Graph permet de regrouper l’ensemble des informations et les interactions produites.

Microsoft Graph permet, grâce à ses différentes API, de connecter l’ensemble des outils de l’entreprise afin de centraliser les différents échanges qui ont lieu dans l’entreprise (conversation, documents…).

Dans un autre style, MyAnalytics permet aux employés d’accéder à diverses statistiques sur leur productivité en se basant sur leurs différents plannings et ainsi d’auto optimiser leurs organisations personnelles et gagner en productivité.

Avec la contribution appréciée de Maxime Tricoire

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Gendreau

Loris est Junior Content Producer au département Content du HUB Institute. Étudiant en Master 1 à l’EFAP, il nous accompagne au quotidien sur la création de contenus.