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Leadership

Le métier de RH, au cœur d’une transformation à double dimension : business et culturelle

Par : Loris Gendreau
6 février 2019
Temps de lecture : 3 min
Chapo

Évolution du métier, montée en compétences, nouvelles méthodes de recrutement : le métier de Ressources Humaines se trouve au cœur d’une transformation à double dimension : business et culturelle. Quelles nouvelles fonctions indispensables pour une DRH ? Et surtout, comment travailler main dans la main avec la Direction, les équipes managériales et les collaborateurs ? Des questions abordées lors du HUBTALK RH & LEADERSHIP du Jeudi 31 janvier et guidées par Caroline Loisel, Senior Digital Consultant du HUB Institute.

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Le potentiel de la culture libérée

Muriel Arnould – Fondatrice & Consultante, Demain Conseil intervient sur le sujet et nous décrit son quotidien au sein de Demain Conseil. Créé il y a deux ans et demi avec deux associés, Demain Conseil est né d’une volonté de changer les codes du conseil par un profond changement culturel.

La culture libérée est le pilier de cette démarche, visant à prioriser la dimension humaine plutôt que méthodologique. La culture libérée est avant tout une question de relation. Plusieurs valeurs fortes caractérisent particulièrement leur cabinet : la transparence, l’horizontalité et la responsabilisation.

  • La transparence consiste à laisser les documents accessibles à tous, notamment en matière de feuilles de salaire, qui sont connus de tous.

  • L’horizontalité, essentielle au sein de l’organisation, permet d’éviter d’enfermer les gens dans des rôles et de les placer sur un sur un pied d’égalité.

  • La responsabilisation rend chaque collaborateur, plus autonome, épanoui et donc plus performant. Tous les collaborateurs y compris les associés ont le même titre : "Consultant".

 

Chez nous, tout le monde est consultant, tout le monde a le même grade, afin d’éviter d’enfermer les gens dans des rôles.

 

- Muriel Arnould, Fondatrice & Consultante, Demain Conseil

L’engagement collaborateur 4.0

Selon Bernard Coulaty, consultant et auteur du livre engagement 4.0, l’engagement se manifeste par une forte adhésion aux valeurs de l’entreprise. Le rapport au travail est bien différent aujourd’hui. "Il est désormais possible de s’y faire des amis. Les frontières entre la vie personnelle et professionnelle sont très fines." L’enjeu est de créer des connexions entre les collaborateurs et de proposer du sens à ce qu’ils produisent. Quatre "entités" sont impliquées dans l'engagement : l'organisation, le manager, le collaborateur et l'équipe. 

Dans son livre, Bernard Coulaty propose un modèle pratique pour diagnostiquer l'engagement des collaborateurs et développer le rôle engageant des managers dans un monde du travail digitalisé. Il distingue huit profils allant du collaborateur peu engagé (pyromane), au collaborateur trop engagé (fanatique), en passant par le profil du bâtisseur.

Les nouveaux enjeux RH

Bertrand Dupperin, Head of Employee and Client Experience chez E-Makina, porte dès son titre le message clef : la symétrie des attentions. Il est à la fois en charge de l'expérience client et collaborateur, un poste construit sur mesure. Le défi du métier, c’est la productivité : pas celle des RH, mais celle de l’entreprise. Et celle-ci, se mesure à la satisfaction du client final.

Tout ce que je fais, c’est au final pour le plaisir du client, dans la perspective que demain notre travail créer de la valeur pour lui.

En outre, Bertrand Duperrin aborde le sujet sensible de l’évolution social au sein de l’entreprise. Selon lui, le statut de manager ne devrait pas être une étape obligatoire dans la progression hiérarchique d’un salarié. "Fondamentalement, tout le monde n’est pas fait pour être manager, certains n’en ont même pas envie". Il propose alors une autre possibilité : pouvoir faire carrière dans le milieu de l’expertise.

Vers un recrutement 3.0 ?

Charles Chantalla est Senior Sales Director chez Indeed. Venu parler des méthodes de recrutement, il nous partage son point de vue sur le profil du recruteur 3.0.

Désormais, comme le marketing, il faut que les entreprises se différencient pour intéresser les demandeurs d’emplois.

La bonne nouvelle est que les nouvelles technologies vont pouvoir faire gagner du temps, le Scan et une sélection des CV les plus pertinents à terme en sont la preuve. En jouant ce rôle de facilitateur, l’intelligence artificielle permettra à la DRH de se focaliser sur les entretiens. Un point de vigilance demeure : comment programmer de façon pertinente l’IA pour éviter d’enfermer les postes dans des profils type, standardisés et normés… L’humain a encore un bel avenir devant lui. A lui d’anticiper et d’ouvrir les champs de réflexion.

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