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Extrait de la vidéo Air Liquide présentant la fabrication des respirateurs

Air Liquide, PSA, Valeo et Schneider Electric s’unissent face au COVID-19

Par : Sandrine Cochard
6 avril 2020
Temps de lecture : 4 min
Chapo

Ces quatre grands noms de l’industrie française s’associent pour fabriquer 10.000 respirateurs médicaux en un temps record et pourvoir ainsi les hôpitaux qui commencent à manquer de cet appareil indispensable pour soigner les malades du coronavirus dans un état grave. Un défi qui nécessite d’aménager leur production.

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L’industrie est en première ligne pour participer à l’effort de guerre. Face à l’épidémie de COVID19 qui continue de sévir en France, Air Liquide, Valeo et PSA s’associent pour produire davantage de respirateurs, cet appareil utilisé dans les salles de réanimation de hôpitaux pour soigner les malades du COVID-19 en détresse respiratoire. Ces quatre fleurons de l’industrie française ont pour objectif de fabriquer 10.000 respirateurs d’ici fin mai. Pour relever ce défi, toute la chaîne de production a été repensée.

“La production de 3 ans faite en 50 jours”

“Air Liquide avait déjà entrepris de tripler sa capacité de production pour pouvoir fabriquer 1000 respirateurs. Les deux tiers seront fournis aux établissements de santé avant la fin du mois d’avril”, explique ainsi Air Liquide.

Mais pour produire au total 10.000 respirateurs d’ici fin mai, Air Liquide a dû s’adapter. Trois lignes d’assemblage additionnelles ont été ajoutées sur le site d’Antony et doivent être opérationnelles le 6 avril. “Plus d’une centaine de respirateurs par semaine seront livrés jusqu’à mi-avril, puis plus de 1000 par semaine”, précise encore l’entreprise.

“C’est la production de 3 ans faite en 50 jours, résumait François Jackow, directeur général adjoint d’Air Liquide, au JT de France 2. C’est un défi immense, car c’est produire 20 fois plus que ce que nous produisons habituellement.”

Groupe PSA repense son site de Poissy

Pour relever ce défi, Air Liquide peut compter sur Groupe PSA, Schneider Electric et Valeo, qui contribuent chacun à cet effort. Le premier a repensé son site de Poissy (78) pour y créer un atelier spécifique dédié à la production du bloc mécanique des respirateurs.

Plus de 50 salariés volontaires sont engagés dans ce projet et vont travailler “dans les conditions du protocole sanitaire renforcé mis en place sur nos sites”, précise Groupe PSA dans son communiqué. Les éléments seront ensuite livrés à Air Liquide, chargé de l’assemblage et des contrôles finaux sur le site industriel d’Antony, où “une cinquantaine de salariés PSA volontaires iront prêter main forte à Air Liquide dans son usine d’assemblage d’Antony”, explique Yann Vincent, Directeur industriel PSA. Ces salariés font partie de “La réserve PSA”, mise en place par le groupe.

Valeo pour optimiser la supply chain

De son côté, Valeo va mettre une cinquantaine de volontaires à disposition d’Air Liquide et contribuer notamment au niveau de la supply chain, pour aider Air Liquide à trouver les composants et les fournisseurs nécessaires. “Un produit comme le respirateur Air Liquide Medical Systems demande environ 150 pièces venues d'une centaine de fournisseurs, que nous devons trouver dans des délais réduits, détaille un porte-parole du groupe à Industrie Techno. Nous avons l'habitude, chez Valeo, de gérer une chaîne d'approvisionnement très complexe avec des milliards de composants qui arrivent dans nos usines chaque jour, c'est pourquoi nous avons mis en place une équipe d'acheteurs avec des compétences en matière de plastique et d'électronique.”

Valeo a également mis en place une équipe d’ingénieurs R&D en électronique, plastique et impression 3D, capables de trouver une solution et de redessiner une pièce si nécessaire.

Schneider Electric pour sécuriser les approvisionnements

Définition du cadre industriel de production, reconfiguration des lignes de production, support à la sécurisation des approvisionnements, expertise Lean Manufacturing… Pour Schneider Electric, l’enjeu consiste avant-tout à sécuriser les approvisionnements.

L’entreprise est intervenue au début du projet, pour aider le diagnostic des risques et des choses à faire. “En ce qui concerne Schneider Electric, cela peut être des experts de performance industrielle pour analyser les lignes existantes et voir comment il est possible d’augmenter leur capacité en les modifiant ou en mettant en place d’autres lignes en parallèle”, souligne Jean-Marc Brion, directeur du déploiement industriel de Schneider Electric, auprès de L’Usine Nouvelle.

En tout, les 3 sites de productions dédiés aux respirateurs devraient s’étoffer de “185 opérateurs sur les 2 sites d’Antony, et de 55 personnes sur le site de Poissy”, a précisé Jean-Marc Brion sur France Info.

Des sous-traitants mobilisés

Derrière les fabricants, une myriade de sous-traitants sont eux-aussi mobilisés dans cette course contre l’épidémie. Ainsi, l’usine Eolane, qui produit les composants électroniques utilisés pour fabriquer les respirateurs, devrait produire, à terme, 500 cartes électroniques par jour, contre 20 par semaine auparavant.

En tout, 100 entreprises partenaires doivent fournir les 300 composants essentiels à la fabrication des respirateurs. La production doit commencer dès cette semaine.

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Sandrine
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Journaliste depuis plus de 15 ans, Sandrine a travaillé pour BFMTV, Europe 1 et 20 Minutes, où elle a suivi de près la révolution numérique, ses enjeux et ses impacts business, consommateurs et citoyens. Aujourd’hui, elle scrute plus particulièrement les sujets de smart cities, d’industrie 4.0, de gouvernance numérique et de cybersécurité.