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MDM, EMM, et UEM, ces acronymes que les retailers doivent comprendre et adopter

Par : Thibault Deschamps
10 décembre 2020
Temps de lecture : 5 min
Chapo

La diversité des terminaux digitaux qui agrémentent les magasins des retailers est de plus en plus importante. De fait, la charge des DSI qui doivent assurer l’installation, la maintenance et la sécurisation de tous ces appareils, n’en devient que plus ardue. Pour améliorer la qualité de ces processus, des solutions existent. Toutefois les nombreux acronymes de cet écosystème sont souvent confusants. Nous passons en revue les capacités de trois d’entre eux :  MDM, EMM et UEM.

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Les retailers se sont tous mis en quête d’une meilleure expérience de consommation. Et pour les marques hybrides de “click & mortar”, les magasins sont même devenus le centre névralgique de cette expérience.

Se sont alors multipliés les points de contact digitaux (tablettes, bornes électroniques…) dans les rayons afin d’accélérer le processus d’achat, ou de compléter la visite du magasin par des services en ligne (précommande, demande de livraison…) De plus, les marques ont dû augmenter les performances de leurs équipes de vente sur le terrain en les dotant elles aussi de devices mobiles.

Mobile Device Management (MDM) : ou comment gérer sa flotte de devices mobiles

Cette période a donc vu, et continue de voir, le nombre de terminaux mobiles exploités par les marques augmenter à très grande vitesse. Il revient alors à leurs DSI d’en assurer le déploiement opérationnel, mais aussi la maintenance et la surveillance.

Le Mobile Device Management, ou MDM, est un outil qui permet à la DSI d’accélérer cette gestion matérielle des terminaux. Traditionnellement le déploiement d’un PC portable ou d’une tablette professionnelle nécessite qu’il passe de prime abord entre les mains d’un technicien.

Après avoir veillé à installer convenablement son système d’exploitation et autres outils nécessaires à l’utilisateur final, le terminal serait renvoyé au lieu d’utilisation. Un processus prenant du temps, à la DSI ainsi qu’aux équipes de terrain. Le MDM tend à décupler les performances en offrant une interface d’administration à distance de tous les terminaux mobiles de la marque.

Enterprise Mobility Management : superviser de bout en bout la stratégie mobile de l’entreprise

L’Enterprise Mobility Management, ou EMM, est en définitive une version plus évoluée du MDM. Cet outil ajoute à la gestion matérielle des terminaux toute une administration des applications et droits afférents à leur utilisation au sein de l’entreprise.

Comprenez par-là que la DSI est alors en mesure d’autoriser tel ou tel terminal à se doter de telle ou telle application (il n’est d’ailleurs par rare que les EMM intègre comme fonctionnalité la création d’un app store dédié à l’entreprise et ses collaborateurs). Enfin, via l’EMM, la DSI peut s’assurer que seules des applications approuvées (sur des terminaux approuvés, dans un contexte réseau approuvé) peuvent accéder aux données de l’entreprise et les partager.

Un outil particulièrement indiqué, notamment pour les marques retail qui autorisent le BYOD (pour Bring Your Own Device). Plutôt que d’opter pour l’investissement dans de nouveaux terminaux, certaines entreprises préfèrent autoriser leurs collaborateurs à se doter de leurs propres terminaux mobiles. Smartphones, tablettes, et ordinateurs portables personnels peuvent ainsi apparaître en magasin.

Si cela peut amener à une plus grande agilité d’entreprise, ainsi qu’à des économies, ces terminaux doivent eux aussi être équipés des outils nécessaires au métier des utilisateurs finaux. De fait, la DSI se voit contrainte de gérer une plus grande hétérogénéité d’appareils qui ne respectent que très rarement les standards en matière de cyber-sécurité de la marque. L’EMM peut résoudre ces problématiques.

Unified Endpoint Management : vers un pilotage absolu de tout l’IT d’entreprise ?

Le MDM et l’EMM ont pour objet d’accélérer l’administration du parc de terminaux mobiles des entreprises. Mais qu’en est-il des autres terminaux ? Malheureusement, les postes de travail fixes (et parfois même PC portables) sont souvent délaissés par ces outils.

L’Unified Endpoint Management termine ce cercle en incluant toutes les fonctionnalités énoncées précédemment et en intégrant à sa couverture administrative tous les terminaux connectés de l’entreprise. Alors que l’on évoque de plus en plus l’Internet des Objets (IoT) comme un accélérateur de la transformation des commerces, les UEM sont conçus pour être flexibles, et administrer (au gré de leurs mises à jour) les nouveaux objets connectés qui apparaissent sur le marché (caisses enregistreuses, écrans connectés, senseurs…)

Notons par ailleurs que la robustesse et la flexibilité des UEM permettent aux entreprises d’appliquer des politiques différentes en fonction des modèles d’appareil, des systèmes d’exploitation, des groupes d’utilisateur, mais aussi et surtout en fonction de la localisation du matériel. Un point qui intéressera particulièrement les multinationales qui doivent aujourd’hui composer avec des réglementations d’usage différentes selon les pays où elles exercent (notamment en matière de sécurisation des données).

Que choisir ?

Si cet écosystème logiciel peut s’avérer difficile à comprendre, c’est notamment parce que les lignes qui séparent le MDM, l’EMM et l’UEM (pour ne pas citer les nombreuses autres fonctionnalités acronymiques qui existent) se brouillent progressivement à mesure des évolutions de ces différentes solutions.

Pour savoir si l’outil convient aux besoins de la DSI de l’entreprise il convient donc davantage de se focaliser sur les fonctionnalités réelles de l’outil que sur son appellation et se rappeler que le budget de ces solutions aura tendance à grimper pour faire de l’UEM un outil souvent plus indiqué dans le cadre de grandes structures (nationales / internationales).

Voici un petit guide, qui sera complété lors du HUBDAY Future of Retail & E-commerce :

Votre MDM doit au minimum :

  • Assurer le déploiement, le suivi, et la maintenance des terminaux mobiles de l’entreprise
  • Assurer l’installation à distance des OS et outils applicatifs obligatoires aux utilisateurs finaux (ainsi que leurs mises à jour)
  • Permettre d'ajouter des appareils au SI et de les en retirer selon les besoins

Votre EMM doit au minimum :

  • Intégrer les fonctionnalités du MDM
  • Offrir la possibilité d’ajouter les appareils personnels des collaborateurs au SI
  • Permettre la création et l’application à distance d’une politique d’utilisation des apps mobiles dans l’écosystème de l’entreprise (ou Mobile Application Management – MAM)
  • Permettre la création et l’application à distance de politiques de sécurité basées sur le terminal, l’utilisateur, et le contexte réseau, afin de sécuriser l’usage des données de l’entreprise. 

Votre UEM doit au minimum :

  • Intégrer toutes les fonctionnalités de l’EMM
  • Étendre ces fonctionnalités à tous les objets connectés de l’entreprise (y compris postes de travail fixes, IoT, et wearable technologies…)
  • Permettre la création et la gestion de politiques multiples selon les lieux d'exercice de la marque
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Thibault
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La mission de Thibault en tant que journaliste est de concevoir un storytelling performant associant la richesse des contenus de nos partenaires (IBM, Microsoft, Linkfluence, …) et les performances de nos formats éditoriaux (interviews, articles de fond, case study, condensés d’étude...) afin de leur garantir le meilleur rayonnement . 

Titulaire d’un master de journalisme et d’un DUT Services et Réseaux de Communication, Thibault s'appuie également sur sa culture de l’IT et du marketing...