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Amir Banifatemi : "L'IA peut aussi travailler pour le bien commun et non dominer l'humanité"

Par : Patrick Capelli
31 mai 2018
Temps de lecture : 5 min
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Responsable du Global IBM Watson AI XPRIZE, Amir Banifatemi cherche à démontrer le potentiel vertueux de IA pour le développement durable et le bien commun.

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En quoi consiste le programme IBM Watson Artificial Intelligence XRIZE ?

XPRIZE est une organisation à but non lucratif qui propose à des individus ou des équipes de relever des grands défis à travers des compétitions dotées de prix sponsorisés par des grandes entreprises. Par exemple : développer une industrie du vol spatial financée par des capitaux privés. Pour ce défi, 26 équipes ont participé et le groupe d’ingénieurs qui a gagné en 2004 a reçu un prix de 10 millions de dollars. Richard Branson, le patron du groupe Virgin, a racheté leur propriété intellectuelle pour 100 millions de dollars, puis a créé Virgin Galactic sur la base de cette technologie.

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Autre défi : développer des méthodes d’enseignement adaptées aux enfants vivant dans des endroits reculés du monde. Ce prix pour l’éducation globale de 15 millions de dollars vise à développer un environnement logiciel sur tablette pour que ces enfants puissent acquérir seuls les bases de la lecture, de l’écriture et de l’arithmétique. Ce projet est en test final en Tanzanie. Il existe d'autres XPRIZE dans les domaines de la santé, des océans, etc.  Le nom du sponsor apparaît toujours en premier, comme pour l’IBM Watson AI XPRIZE.

Quel est l’objectif de ce prix ?

C'est une compétition qui consiste à présenter des applications d’IA qui permettent là aussi de relever de grands défis mais également de mettre en valeur la collaboration homme-machine. Les équipes – start-up, chercheurs, entreprises – travaillent sur 147 projets dont la prédiction des tremblements de terre, l’accroissement de la population d’abeilles, le diagnostic de l’asphyxie du nourrisson via un smartphone, etc. C’est un prix de 5 millions de dollars dont 3 millions pour le premier, 1 million pour le deuxième, 500 000 pour le troisième et 500 000  pour les autres équipes. C’est un défi qui a commencé en 2016 sur la scène d’une conférence TED et qui se terminera en 2020.

Quelle est la différence entre ce prix et l’AI for Good ?

L’AI for Good est un concept plus large que la compétition AI XPRIZE. Aujourd’hui, beaucoup de développements sont réalisés dans le domaine de l’IA : robots, assistants personnels, chatbots, etc. Mais ces applications vont-elles dans le sens du bien commun ? Ou sommes-nous en train de créer une société à deux vitesses dans laquelle des entreprises vont dominer parce qu’elles possèdent des technologies vendues à certains consommateurs, tous les autres étant laissés pour compte ?

Il s’agit d’adapter ces technologies de l’IA à des problématiques plus vastes : prédire plus finement le moment d’ensemencer les cultures, détecter l’eau potable dans les régions désertiques, travailler pour plus de démocratie et bien d’autres. Les Nations Unies ont déterminé 17 objectifs pour un développement durable : éradiquer la pauvreté et la faim, la santé et l’éducation pour tous, la protection de l’environnement et des océans, etc. Les équipes peuvent choisir n’importe lequel de ces objectifs et tenter de résoudre ces problèmes à l’horizon 2030.

L’IA est une technologie généraliste qui touche à tout, de la détection des mensonges dans les forums à la reconnaissance des objets par les voitures autonomes en passant par la découverte de tumeurs dans les images. Le but est d'inciter entrepreneurs, innovateurs et scientifiques à orienter leurs capacités pour régler des problématiques qui touchent des populations entières. Il s’agit de démontrer que l’IA peut aussi travailler pour le bien commun et non dominer l’humanité comme dans les films hollywoodiens. Il faut que le public soit au courant de la diversité et du côté pratique des applications d’intelligence artificielle. L’important est de sortir de la polarisation entre bien et mal, utopie et dystopie, dès qu’on parle d’IA.


Voici 3 exemples de start-up qui participent à IBM Watson AI XPRIZE et qui illustrent bien le concept d'AI for Good présenté par Amir Banifatemi :

AI Educate, le tuteur intelligent

La start-up britannique AI Educate travaille dans le domaine de l’éducation, avec pour objectif d’aider les élèves à apprendre ensemble via DALI (Dialog-based Artificial Learning Intelligence, ou intelligence artificielle pour un apprentissage fondé sur le dialogue), un agent conversationnel disponible en ligne capable de répondre aux questions des étudiants mais également d’enseigner. Une sorte de tuteur intelligent qui aide les élèves à mieux apprendre.

Cloudconstable, l'AI qui protège les plus faibles

Le cybersespace est devenu un lieu dangereux pour les enfants et les seniors : harcèlement moral et tentatives d’escroqueries font rage sur les réseaux sociaux. La start-up canadienne CloudConstable met au point un service cloud augmenté par une AI pour protéger ces populations fragiles des cybercriminels. La solution, qui sera proposée par abonnement, offrira un niveau de sécurité puissant et configurable en fonction de la population visée. L’IA sera chargée de surveiller et de contrôler les interactions des souscripteurs sur les réseaux.

Mincoa.ch, une help line pour la santé mentale

Les personnes atteintes de pathologies mentales ont souvent du mal à accéder à un service d’aide en ligne ou téléphonique. La start-up autrichienne Mincoa.ch veut aider ces personnes à joindre 7j/7 et 24h/24 un service d’assistance psychologique qui servira aussi à la prévention des troubles mentaux. Une version bêta en anglais et allemand peut être testée par des volontaires sur le site http://www.mindcoa.ch/index.php/blog/.

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Patrick
Capelli

Journaliste indépendant spécialisé en innovation, technologie et marketing, je mets mon expérience et mon savoir-faire depuis plus de 20 ans au service de médias (La Tribune, CB News, Libération, We Demain, Ekopo ...) et d’entreprises et institutions (AACC, Vinci Entreprises, Orange …).

Journaliste indépendant spécialisé en innovation, technologie et marketing, je mets mon expérience et mon savoir-faire depuis plus de 20 ans au service de médias (La Tribune, CB News, Libération, We Demain, Ekopo ...) et d’entreprises et institutions (AACC, Vinci Entreprises, Orange …).

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