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AI Rush : les levées de fonds ont augmenté de 280% dans l'Union européenne

Par : Thierry Derouet
1 juin 2018
Temps de lecture : 3 min
Chapo

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Dans sa troisième étude annuelle "AI Rush", où Serena Capital s’est intéressé à l’investissement dans les jeunes pousses spécialisées en intelligence artificielle et en data au sein de l’UE (*), on constate que les levées de fonds se sont multipliées. Les financements au sein de ces start-up sont désormais tout sauf anecdotiques et superficiels. Revue de détails. 

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Rien qu’en 2016, pas moins de 271 start-up ont été accompagnées avec des levées de fonds atteignant un montant cumulé de 774 millions d’euros. En 2015, le nombre des start-up à bénéficier d’une levée de fond s’élevait à 83 contre 71 en 2014. Avec toutefois une nuance notable : si les jeunes pousses sont désormais plus nombreuses à profiter d’un tel abondement, l’investissement moyen au sein des start-up traitant d’intelligence artificielle et de data est bien moindre qu’il ne l’était auparavant (8,2 millions d’euros en 2014 et 7,3 millions d’euros en 2015). Le ticket moyen reste toutefois assez conséquent : 3,7 millions d’euros ! (Indiquons que ces "tickets" totalisaient 611 millions d’euros en 2015 et 583 millions d’euros en 2014). Est-ce là un signe autant de prudence que de maturité ?

 +280% ! Les startups ayant levé des fonds dans l’IA et la data sont passées dans l’UE de 71 à 271.

En 2016, 215 millions ont été utilisés pour financer 170 start-up en early stage, c’est-à-dire en phase de démarrage. Ces investissements en amorçage montrent clairement le dynamisme d’un secteur annoncé comme étant une révolution industrielle en bonne marche. Signe plus que prometteur, si les investisseurs étaient en 2014 et 2015 concentrés pour 36% d’entre eux sur la data marketing et la publicité (Customer Insights et AdTech), en 2016, selon Serena Capital, c’est "le monde réel" qui profite des investissements réalisés. Si le domaine des technologies en est le principal bénéficiaire (AI Tech**) avec 30 millions d’euros alloués, ce qui est assez logique, 120 millions d’euros grandissent désormais dans les secteurs de la santé (68 millions), de l’agriculture (22 millions), de l’environnement (21 millions) et du commerce (9 millions).

Fait notable, Serena Capital souligne que moins de 5% des investissements réalisés concernent des start-up dont l’objectif est de remplacer le travail de femmes et d’hommes. Car une fois encore, grâce à l’utilisation de données qui n’étaient, jusqu’ici, que mal ou jamais exploitées et aux fantastiques capacités d’analyse des algorithmes, l’intelligence artificielle n’a pas pour objectif de remplacer des hommes par des robots, mais d'augmenter leurs compétences.

Moins de 5% des investissements réalisés concernent des startups où l’objectif est de remplacer le travail de femmes et d’hommes.

Si le Royaume-Uni est en tête au sein de l’UE en nombre de start-up financées, la France et l’Allemagne ont significativement progressé. Si les start-up britanniques ont plus que les autres bénéficié des investissements reçus entre 2015 et 2016, passant de 176 millions à 388 millions d’euros (+120%), la France a pris la deuxième marche du podium avec un total d’investissements de 118 millions d’euros (contre 70 millions d’euros en 2015, soit +70%). L’Allemagne a attiré, quant à elle, 91 millions d’euros d’investissements (contre 84 millions d’euros en 2015)

* The Artificial Intelligence RUSH, A comprehensive study of +270 fundraising rounds in 2016 for IA & Data driven start-up, Serena Capital. Pour son étude, Serena Capital a analysé plus de 2800 levées de fonds réalisées en Europe en 2016. Pour identifier les 271 start-up, le fonds d'investissement a pris en compte 5 éléments appréciant la "data chain" des jeunes pousses : un "digital layer" identifiant la collecte, l’interprétation et l’action menée sur la donnée ainsi qu’un "physical layer" prenant en compte aussi bien le stockage que le traitement de la donnée.

** AI Tech correspond aux entreprises qui utilisent le traitement automatique du langage naturel comme la reconnaissance de la voix.

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Thierry
Derouet

Journaliste / consultant en communication digitale, Thierry Derouet effectue une veille depuis son poste d’observation depuis plus d’une vingtaine d’années sur les évolutions technologiques et leurs applications au sein d’environnements B2C/B2B.