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L’IA, un nouveau relais de croissance pour les télécoms - La licorne à suivre : Sigfox (3/3)

Par : Thierry Derouet
1 juin 2018
Temps de lecture : 3 min
Chapo

Elle fait partie des "licornes", l’une des start-up dont la valorisation dépasse le milliard de dollars. Sigfox, c’est aussi dans l’univers des télécoms, le caillou dans la chaussure des opérateurs puisqu’il est capable de relier n’importe quel objet grâce aux nouvelles capacités cognitives de son réseau.

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Sigfox a construit un réseau télécom mondial capable de connecter des milliards d’objets à Internet en consommant un minimum d’énergie. Ce réseau est à la fois indépendant et complémentaire des réseaux haut débit existants. Ludovic Le Moan, son fondateur et CEO, qualifie le réseau Sigfox de "Twitter des Télécoms".

En effet, le réseau véhicule des messages courts pour un coût très économique car il est très peu gourmand en énergie. Le prix est un tel enjeu que Sigfox a abaissé le coût d’usage de ses dispositifs pour en équiper dorénavant des objets jetables. Ainsi, au lieu des 2 dollars demandés pour connecter un objet conventionnel, ce n’est que 0,20 dollars, soit un dixième du prix, qu’il faudra débourser pour, avec l’Admiral Ivory, le nom de ce dispositif, connecter n’importe quel objet.

Contrairement aux objets connectés traditionnels, la connexion n’est établie qu’une seule fois pour envoyer une alerte destinée à alimenter tout un ensemble de scénarios d’usages. Cette solution permet par exemple d’équiper des consommables jetables pour en suivre leur utilisation comme des bouteilles en plastique, des cannettes en métal ou une simple enveloppe. A l’ouverture de l’objet, un SMS est envoyé. Pour un paquet par exemple, cela confirme la réception des recommandés par voie postale. Et en croisant cette donnée avec la géolocalisation du signal radio, il est même possible de vérifier que le paquet n’a pas été ouvert à un autre endroit que chez son destinataire.

Nouveau call-to-action

L’intelligence n’est donc pas dans l’objet lui-même mais dans le cloud destiné à recueillir et analyser les monceaux de données et de méta-données récupérés par de tels objets. Sigfox indique que cette collecte massive de données permet d’accompagner des traitements d’IA et de profiter d’un apprentissage pouvant améliorer les scénarios d’usages déployés. L’objet, même jetable, profiterait de l’intelligence artificielle.  

Mais Sigfox va plus loin dans son offre de services en étant capable de relier de vieux objets connectés, comme une sonnette d’entrée, pour être en mesure d’envoyer un SMS si une pression sur le bouton de la sonnette est exercée. Mieux, Sigfox est capable de s’affranchir des différentes bandes de fréquences utilisées à l’international pour que ces dispositifs puissent fonctionner dans n’importe quel pays. Les petits cailloux de Sigfox commencent à peser lourd.

Bonus : En février 2017, Sigfox et IBM ont lancé la première saison de la Scale Zone dédiée à l’IoT, structure de co-construction pour faciliter la collaboration entre start-up et grands groupes et pour les aider dans l’industrialisation de leurs solutions.  


Un autre exemple de start-up dédiée aux télécoms  

La jeune pousse californienne Neura cherche à décoder de manière très fine les habitudes du propriétaire d'un téléphone. Elle combine les données recueillies par les différents capteurs de l'appareil, comme le GPS, avec des algorithmes.

L'objectif est d'obtenir un téléphone capable de savoir si son propriétaire "court pour attraper le bus ou parce qu'il est en train de faire un jogging", promet le PDG de Neura, Gilad Meiri. On pourra ainsi attendre le moment approprié pour lui envoyer une notification, par exemple un rappel pour prendre un médicament. C’est là que l’IA a besoin d’imagination humaine pour inventer les scénarios.

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Thierry
Derouet

Journaliste / consultant en communication digitale, Thierry Derouet effectue une veille depuis son poste d’observation depuis plus d’une vingtaine d’années sur les évolutions technologiques et leurs applications au sein d’environnements B2C/B2B.