Image
Mondial tech transdev

Raphael Cariglio, Transdev : “Notre objectif est de transformer la mobilité en forfait”

Par : Mathilde Berger-Perrin
9 octobre 2018
Temps de lecture : 4 min
Chapo

Dans le cadre du Mondial de l’Auto 2018, Raphael Cariglio, Group Innovation de Transdev, l’un des leaders mondiaux de la mobilité, filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations, a partagé avec nous sa vision de la mobilité du futur.

Body

Comment imaginez-vous la mobilité de demain ?

Raphael Cariglio : Pour résumer notre vision du futur de la mobilité, nous parlons de « PACE », pour :

- “Personalized”, avec des voyages qui sont adaptés en fonction des contraintes ou des préférences de chacun.

- “Autonomous” parce que les déplacements seront essentiellement autonomes dans les 10 à 20 années qui viennent.

- “Connected” car toute cette mobilité sera beaucoup plus fluide, connectée, intermodale, multimodale etc.

- “Environment friendly” parce que l’empreinte carbone du transport va se réduire énormément à moitié par contrainte et à moitié par choix.

Sur ce sujet de l’impact environnemental, quelles initiatives mettez-vous en place ?

R. C. Le transport est une des premières sources de pollution dans les villes. Nous avons un objectif de réduire l’utilisation de fuel non renouvelable et donc les émissions polluantes, mais aussi de réduire le bruit. En effet, les nouvelles formes de mobilité sont très silencieuses, car la transition écologique c’est aussi le vivre ensemble.

Cette transition écologique consiste à proposer des formes de mobilité qui sont beaucoup plus durables et adaptées aux besoins de nos clients. Cela signfie, par exemple, mettre un mini-bus à la place d’un car sur les fins de nos lignes. L’objectif est de faire moins rouler nos bus à vide et d’en maximiser le taux de remplissage, pour être sûr qu’on ne pollue pas quand ce n’est pas nécessaire. L’intérêt est économique, parce que cela nous permet de réduire nos coûts, mais il est aussi écologique, car cela permet aussi de réduire notre impact en termes d’émissions et de bruit.

Quelles sont les innovations que Transdev observe avec le plus d'attention ?

R. C. Nous recherchons toutes les solutions data, analytics, “software as a service” possibles pour optimiser nos opérations. Nous regardons les nouveaux modèles à proposer à nos clients dans tous les aspects des opérations, que ce soit le transport à la demande, la mobilité en tant que services, le “car sharing”, le “free floating”, etc.

Nous observons aussi quels sont les modèles d’après-demain, qui reposent sur la décentralisation : les transactions via la blockchain, par exemple. Mais le graal reste tout de même l’optimisation de nos opérations par la data et le machine learning.

Pouvez-vous nous en dire davantage sur le concept de “Mobility as a Service” (MaaS) ?

R. C. Le MaaS, c’est la capacité à faire du « Plan, Book, Pay & Ticket » dans une seule et même application, quel que soit le mode de transport. C’est quelque chose que nous avons déployé à Mulhouse dernièrement, et que nous allons déployer à St Etienne très prochainement. Nous avons une stratégie ambitieuse de partenariats et d’innovation sur ce sujet, pour créer des mobilités intégrées, qui feraient que les gens abandonnent leurs voitures pour aller vers du transport en commun associé à d’autres modes de mobilité plus localisés. L’objectif est de transformer la mobilité en forfait.

Quelles sont les implications de ce nouveau type de mobilité ?

R. C. Cela implique de nombreux changements, notamment une standardisation des barrières : si vous voulez mettre cela en place à Paris, il faut avoir accès aux barrières de la RATP. Il faut aussi pouvoir ouvrir et fermer une voiture avec son smartphone, ainsi que déployer un système commun de paiement et de compensation pour que les acteurs puissent se payer entre eux. Cela suppose un socle technique extrêmement solide et complexe.

A quelle échéance cette “Mobilité en tant que service” pourrait-elle être généralisée ?

R. C. Elle existe déjà aujourd’hui, mais elle n’est pas encore généralisée. La question est plutôt de savoir où elle va débuter. On voit la MaaS se développer d’abord dans les municipalités et des régions qui sont particulièrement sensibles à ces problématiques, où les autorités organisatrices des transports donnent accès à l’ensemble des données nécessaires, et là où l’ensemble des acteurs des transports sont d’accord pour s’organiser en place de marché. Car la MaaS n’est rien d’autre qu’une place de marché de données, où toute l’offre et la demande de transports est disponible, et sur laquelle on peut réaliser des transactions en continu.

La MaaS est-elle une solution pour réduire l’impact environnemental des transports ?

R. C. On ne peut pas empêcher les gens de se déplacer comme ils le veulent. C’est donc plutôt du côté de l’offre que les choses vont bouger. S’il y a des solutions avec un impact écologique moindre, les gens adopteront naturellement le bon comportement, le bon moyen de transport. En dehors des conducteurs individuels, auprès desquels on devrait insister sur la conduite éco-responsable, je ne crois pas qu’il y ait grand-chose à faire du côté d’un passager qui monte dans un bus pour réduire son empreinte carbone. Les gens ne sont pas prêts à faire des détours et rallonger leurs trajets quotidiens, uniquement pour réduire leur empreinte carbone. En revanche s’il a une application pratique qui lui permet d’optimiser un trajet en dépensant moins de C02 le comportement changera de manière naturelle. Du moins, c’est ce que nous espérons.

Pour télécharger gratuitement le HubReport "Best Of Mondial.Tech", c'est par ici.

CTA HUBREPORT Best of Mondial de l'Auto

Profile picture for user mathildeBergerPerrin
Mathilde
Berger-Perrin