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Quelles nouvelles compétences doivent adopter les métropoles ?

Par : Eulalie Vignais
11 décembre 2019
Temps de visionnage15:24 min

Intelligence artificielle, blockchain, écoquartiers… Les métropoles doivent faire face à la révolution du numérique et s’adapter. Akim Oural, adjoint au maire de Lille, nous parle des nouvelles compétences des métropoles. 

Akim Oural, adjoint au maire de Lille, a remis trois rapports au gouvernement dans les années passées :

  • Le premier était sur la gouvernance dans la politique numérique : c’est à dire, de quelle manière, à l’heure de la frénésie technologique et numérique, on organise les choses avec un esprit d’intérêt général ? 
     
  • Le second était sur l’innovation publique territoriale : savoir comment on associe les habitants au destin de leur territoire en les rendant coresponsables de leur territoire. « Nous avons travaillé sur différents sujets comme l’hybridation, le droit à l’expérimentation, le droit à l’essai-erreur et l’enjeu du lâcher prise des pouvoirs publics. »
     
  • Le troisième portait sur la ville intelligente sous un aspect particulier : se demander si la France, l’Europe à son mot à dire dans le concert international des grands de ce monde, américains et asiatiques, qui imposent leurs règles et aussi leurs manières et leurs process, pas toujours au niveau des valeurs de notre démocratie. « Les métropoles se sont définies comme un maillon essentiel aujourd’hui dans l’expression de la ville intelligente à la française. »

 

Aujourd’hui, le sentiment d’appartenance est fort et s’exprime de manière hyper puissante au travers des réseaux sociaux.

L’enjeu : 

  • L’enjeu de la gestion de la donnée : qui est l’expression des comportements sur un territoire. "Pour nous, défenseur de l’intérêt général, c’est d’abord un acte de prédictibilité pour améliorer nos politiques publiques et rendre un peu plus singulière l’approche politique au travers des politiques que nous menons. C’est savoir de quelle manière on met en place les données d’intérêt général. "

    Proposition : "Une compétence qui modifierait le CGCT qui soit la compétence préparation de la donnée. Globalement, le tiers de confiance parapublic, public qui peut être dans un territoire organisé avec le bon niveau territorial sur la métropole, la région ou le département, a en charge la mise en oeuvre de l’agrégation de la donnée, la collecte, la sécurisation et la remise à disposition à titre onéreux dans le cadre économique et à titre gracieux dans le cadre de l’intérêt général."
     
  • L’enjeu de l’ensemble des systèmes d’information : "Si on n’en parle pas, la ville intelligente c’est sympa, mais elle n’est pas très pérenne dans le temps. Le réseau synaptique évoqué ici c’est de dire qu’on a des systèmes d’information liés à telle ou telle collectivité, organisation et pour être plus efficace et améliorer le service en facial pour les habitants, c’est peut être de le mettre en connexion dans le cadre d’une stratégie d’API. C’est aussi une proposition que nous faisons afin d’être les leaders des plateformes territoriales de demain pour permettre de préparer les enjeux de l’avenir."
     
  • L’enjeu de la différence : "C’est important de trouver des solutions de gouvernance politiques qui soient différentes. Notre proposition est de faire en sorte que les syndicats mixtes qui existent aujourd’hui et qui réunissent différents niveaux de collectivités, aient un rôle important dans la question de la ville intelligente ou la construction de la ville sur les aspects urbanistiques, de réseau, de la mobilité, du tourisme, de l’attractivité et de l’économie."

 

Au travers des services « smart », il faut faire en sorte de créer une synergie, une convergence des actions publiques et du rôle des institutions au service des citoyens pour personnaliser l’approche politique autour de l’enjeu numérique.  

Les défis : 

  • L’intelligence artificielle : « Elle va fortement impacter l’ensemble de notre organisation et elle doit se poser de manière politique. On considère que l’approche de recherche a prévalu face à la question de l’intérêt général. C’est la volonté de pouvoir vérifier les codes sources des algorithmes et c’est un gros enjeu pour nous qui aujourd’hui n’est pas appliqué. »
     
  • La blockchain : « Aujourd’hui beaucoup plus utilisées dans la finance que dans la gestion urbaine, les blockchains impactent la question des transactions de la finance, jusqu’aux transactions citoyennes et la démocratie nouvelle : c’est essentiel que les blockchains soient aussi un acte politique et nous souhaitons qu’une compétence autour des ces sujets soit affectée à un acteur parapublic pour vérifier quel est le rôle des transactions et ne pas avoir au sein des blockchains une manière de détourner ce que sont les enjeux du territoire » 
     
  • Les écoquartiers : « Lille a développé les écoquartiers avec deux principes : d’abord la question environnementale, la bonne gestion des ressources avec des cahiers des charges très précis sur l’équilibre entre espaces verts et espaces construits, les équilibres entre la périphérie d’une métropole qui est la plus rurale de France et cette ressource qui nous permet d’être dans le circuit court et la construction qui se conçoit aujourd’hui en basse consommation ou en passif. C’est un vrai enjeu, mais il faut se battre en permanence pour pouvoir organiser, acculturer les services de l’état pour dire que cette manière de construire doit être la manière aujourd’hui qui s’impose. »

Le sens : 

Pour Akim Oural, le sens, c’est d’abord de préparer la manière de vivre ensemble demain. "Il y a des rééquilibrages à faire entre la nature et la construction, la place de l’homme et de la femme dans un espace qui est de plus en plus restreint. La traçabilité des matériaux est également un enjeu important. On ne peut pas être dans une société qui considère que parce qu’elle intègre la technologie dans tous ces process, elle a réglé la question de l’équilibre"

 

Dans ce monde du numérique, il faut regarder les choses de manière globale (…) c’est une manière de créer une synergie entre les individus dans une société qui s’individualise légitimement car, à chaque acte numérique, on essaye de personnaliser le service.