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L’OCDE veut aider les gouvernements à rendre les villes smart, green et inclusives

Par : Carolina Tomaz
11 décembre 2019
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Aziza Akhmouch, Head of Division, Cities, Urban Policies and Sustainable Development, OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), présente le spectre des activités et travaux de l’organisation. Les travaux de l’OCDE permettent notamment de conseiller les gouvernements locaux et nationaux sur leurs politiques publiques.

Avec plus de 650 villes de plus de 250 000 habitants comparées sur une cinquantaine de critères, l’OCDE peut ainsi formuler des recommandations pour des villes plus smart, green et inclusives. Un défi en soi partagé de tous, et dont le vrai enjeu réside plutôt dans les arbitrages entre coûts et bénéfices, et qui sont souvent le ressort du politique.

Nous travaillons à améliorer la qualité de vie et à bâtir des sociétés plus inclusives dans les villes, tout en gérant l’étalement urbain, la congestion, l’innovation et la durabilité environnementale.

Aziza Akhmouch donne des insights sur quelques chantiers majeurs de l’innovation urbaine :

  • Mobilité et transports : on constate des résultats intéressants liés au péage urbain, comme à Londres ou à Milan, et on est désormais capable de quantifier ses impacts directs sur les autres mobilités : ainsi, à Milan, on a constaté une hausse entre 5 et 12% sur l’usage des vélos en free-floating.
     
  • Logements : aujourd’hui, le coût du logement représente en moyenne un tiers du budget du foyer. La part proportionnelle des dépenses liées au logement augmente beaucoup plus vite d’autres dépenses, telles que l’alimentation. Les enjeux sont donc très forts sur les politiques de logement.
     
  • Future of work : les impacts des robots et de l’automatisation auront un impact réel. 14% des emplois sont à très fort risque (dont 70% et + des tâches sont susceptibles d’être automatisées) et 32% à risque (50-70% des tâches susceptibles d’être automatisées). Plus de la moitié des emplois vont être, pas forcément supprimés, mais fortement transformés.
     
  • Inclusion : les indicateurs de bien-être des individus peuvent être à la fois matériels et non matériels. L’accès aux services publics et la question de la cohésion territoriale en font par exemple partie.
     
  • Énergies : les immeubles représentent 70% des émissions dans les grandes villes. À New York, une loi contraindra les bâtiments les plus polluants à réduire leurs émissions de 40% dès 2024.
     
  • Tourisme : un secteur fondamental pour les villes, contributeur majeur pour les économies. Des innovations comme l’internet des objets, la blockchain, l’AR / VR ou l’intelligence artificielle aideront à la transformation.
     
  • Gouvernance : on constate une corrélation entre la gouvernance métropolitaine et la productivité. Ainsi, la productivité baisse de 6% dès que le nombre de municipalités au sein des métropoles double : et c’est l’absence d’outils de gouvernance à la bonne échelle qui en est le facteur. Cette fragmentation administrative a des conséquences directes sur la ségrégation spatiale.

  • Le message qui ressort d'une décennie d'accompagnement des pays de l'OCDE dans leur accompagnement territorial, c'est qu'il faut décentraliser les villes, même s’il n’y a pas de modèle unique pour organiser les métropoles. Les expériences réussies sont celles où on décentralise de façon asymétrique, là où les capacités sont déjà en place, plutôt que l’inverse.