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Le Grand Paris fédère les parties prenantes de la ville pour transformer la vie de quartier

Par : Thibault Deschamps
11 décembre 2019
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En 2008, la capitale française débute, avec le soutien du gouvernement, son projet d’urbanisme « Grand Paris ». La ville la plus dense de France doit alors se réinventer et réduire l’usage de l’automobile dans ses rues. Ce faisant Paris ambitionne de réduire son impact écologique et de restaurer la qualité de vie de ses habitants. Jean-Louis Missika, Adjoint au Maire en charge du Grand Paris revient sur les grands enjeux de ce projet d’urbanisme.

  • « L’espace parisien est aujourd’hui occupé à 50% par l’automobile alors qu'elle ne représente que 13% des déplacements. En réduisant cet usage, nous souhaitons simplement aller vers un partage plus équitable de l’espace. La voiture est un moyen de transport polluant et peu efficace. » Jean-Louis Missika fait ici référence au rapport entre espace occupé/passager de la voiture par rapport à d’autres moyens de locomotion.
     
  • « Nous nous concentrons particulièrement sur les autoroutes urbaines. Saviez-vous que pendant les 30 glorieuses il devait y en avoir 8 zébrant Paris ? La crise pétrolière nous en a épargné 5»
     
  • Jean-Louis Missika prend l’exemple de la voie Georges Pompidou, auparavant l’un des points d’embouteillage de Paris et aujourd’hui converti pour devenir à la fois vert et cyclable. Autre projet en cours : la rénovation du quartier Montparnasse. « Il s’agit de l’exemple typique de ce que l’asservissement de la ville de Paris à l’automobile a eu de plus néfaste. »
     
  • « Là-bas, la rue de Rennes est interrompue par un mur noir. L’autoroute urbaine interrompt le passage des piétons et les coupe de la gare Montparnasse. L’urbanisme de dalle longtemps utilisé repose sur une séparation stricte des bâtiments et de la rue. »
     
  • « Il est impossible de réhabiliter un quartier comme celui-ci sans trouver un consensus avec les différents acteurs privés qui l’habitent (copropriétés des parkings, de la Tour Montparnasse, du CIT voisin…). Nous avons créé un « atelier Montparnasse », en considérant que toutes les parties prenantes doivent être autour de la table, et émis ensemble un appel d’offres qui a mené à la sélection de l’urbaniste britannique Rogers Stirk Harbour + Partners. »
     
  • « La solution proposée est très élégante. La rue de Rennes sera rouverte, et Rogers créera une forêt urbaine [comprendre un ensemble forestier dense, constitué de plusieurs espèces]. Réduire l’espace alloué à l’automobile va reconnecter les commerces avec la rue et les passants qui pourront redécouvrir la rue de Rennes comme elle l’était à ses origines. »
     
  • « Pour lutter contre les effets des ilots de chaleur en ville, nous entreprenons aussi les « cours Oasis ». Il s’agit de repenser les cours d’école [déjà 10] afin de supprimer le bitume et le remplacer par de la terre et des potagers. En plus de sensibiliser les élèves à l’agriculture, nous avons réduit de plusieurs degrés la température sur place nous évitant de fermer les cours de récréation en période caniculaire. »
     
  • Puisque le projet Grand Paris va mener à établir plusieurs grandes ZAC, la ville de Paris a lancé une charte de l’urbanisme temporaire avec plusieurs partenaires privés et associatifs. L’objectif : rendre utiles les « milliers de mètres carrés en chantier que nous perdrions inutilement en attendant que les travaux commencent. »
     
  • Dernier exemple en date : l’hôpital Saint Vincent de Paul. « Il s’agit d’une ZAC qui vise à réhabiliter cet espace désaffecté. Avec l’aide de Plateau Urbain et Yes We Camp, nous y avons implanté un espace urbain temporaire priorisant un lieu de vie dynamique et convivial [bars, restaurants, terrasses, espaces startup, espace formation et artisanat, tourisme avec camping et agriculture urbaine]. À un moment donné, on a eu jusqu’à 250 structures avec plusieurs milliers de personnes. »