Image
china IA

Pourquoi la Chine a toutes les cartes en main pour gagner la bataille de l’IA

Par : Benoit Zante
27 mars 2019
Temps de lecture : 3 min
Chapo

A SXSW 2019, qui se tenait à Austin du 8 au 16 mars, Bessie Lee, ancienne CEO de l’agence WPP en Chine, désormais à la tête de l’incubateur de startups Withinlink, présentait un aperçu du paysage de l’Intelligence Artificielle en Chine… Voici ce qu’il faut en retenir.

Body

Si les États-Unis ont gagné la première manche de l’intelligence artificielle, avec des « coups » médiatiques, comme la victoire de Watson d’IBM au jeu Jeopardy en 2011, ou au d’AlphaGo de Google au jeu de Go en octobre 2015, la Chine est bien déterminée à gagner les prochaines étapes. Le gouvernement a mis le pays en ordre de marche pour « catching up ».

Le pays dispose déjà de nombreux éléments, qui constituent un terreau propice au développement de l’intelligence artificielle. Le premier d’entre eux est les talents : même si les États-Unis forment toujours le plus d’étudiants dans le domaine de l’IA, la Chine est le premier vivier de talents dans les STEM (Sciences, Technologie, Ingénierie et Mathématiques). En outre, le gouvernement s’attache maintenant à faire revenir les talents formés à l’étranger.

Les entreprises chinoises disposent aussi d’un vaste réservoir de données à leur disposition : le smartphone y est largement adopté et l’absence de régulation fait que par définition, « il n’y a pas de problème de vie privée » souligne Bessie Lee. Et ce, d’autant plus que les consommateurs chinois « sont heureux de donner leurs informations personnelles si cela leur facilite la vie ».  En conséquence, d’ici à 2020, la Chine devrait concentrer 20% des données produites dans le monde (44 trillions de gigaoctets), selon la Chinese Academy of Science. Un chiffre qui devrait passer à 30% en 2030.

D'ici 2020, la Chine devrait concentrer 20% des données produites dans le monde.

Autre élément indispensable à la croissance du secteur : les financements et l’accès au capital. Sur ce sujet aussi, la Chine est largement en avance, en concentrant 60% des montants levés par les startups de l’IA dans le monde entre 2013 et 2018…

Enfin, le secteur bénéficie d’un environnement commercial et gouvernemental très favorable. Le gouvernement, qui a déjà investi plus d’un milliard de dollars dans des startups de l’IA, met tout particulièrement l’accent sur le développement des « smart cities » et des véhicules autonomes, des domaines s’appuyant fortement sur l’intelligence artificielle.

C’est une nouvelle révolution culturelle, mais entièrement tournée vers la technologie

Ce contexte très porteur a favorisé le développement de champions nationaux, comme Tencent, « qui est présent dans toutes les dimensions de l’intelligence artificielle : le ‘computer vision’, le ‘natural language processing’ ou la reconnaissance vocale ». Le géant du web chinois, propriétaire de QQ et WeChat peut même se permettre d’avoir deux assistants vocaux en concurrence sur le marché.

La stratégie des « super-apps » mise en place par Tencent avec WeChat, mais aussi par son rival en plein boom Bytedance, leur permet de collecter sans cesse de nouvelles données personnelles et d’étendre les services proposés. « Avec leur approche de ‘super-app’, ils commencent par un réseau social, puis s’intègrent dans tous les moments de votre vie » détaille l’ancienne patronne de WPP en Chine.

Celle-ci conclut par un zoom sur une entreprise encore largement méconnue en occident : Bytedance, pourtant la plus grosse licorne mondiale. De la vidéo sociale (TikTok, Douyin, Hypstar, Xigua) à l’agrégation d’information (Touatiao, NewsRepublic, TopBuzz), tous ses services reposent sur l’intelligence artificielle, un domaine dans lequel l’entreprise dépense des milliards. Il s’agit sans conteste d’un des acteurs clés à retenir.

HUBFORUM 2019

Profile picture for user benoit.zante
Benoit
Zante
Head of research

Il a plus de 8 ans d'expertise du digital et du marketing, développée au sein du magazine CB News, au planning stratégique de Publicis, puis chez Petit Web, dont il est le co-fondateur et où il a été rédacteur en chef de 2011 à 2018.