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Habitat et Vie de Quartier - Hub Cities - HUB Institute

Habitat et Vie de Quartier : la dimension locale de la ville durable

Par : Claire Plassart
22 septembre 2020
Temps de lecture : 7 min
Chapo

La mobilité et la ville durable sont des enjeux à grande échelle, mais qui se jouent avant tout sur les territoires locaux. Les concepts d’éco-quartier et de mobilité locale sont donc essentiels dans la transition vers la ville durable. Au HUB Sustainable Cities Summit ce mardi 15 septembre, Hervé Boisguillaume du Ministère de la Transition, Marie Atinault, de la métropole de Rouen Normandie, et Alain Meslier, de la Fédération des Ascenseurs ont pris la parole sur ces enjeux et partagé les actions mises en place pour construire des territoires durables. 

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Promouvoir la transition écologique et la résilience des territoires à l’international 

Hervé Boisguillaume, Directeur de projet ville durable au Ministère de la Transition Écologique, présente sa vision d’une ville durable et souligne l’importance de la coopération internationale lors du HUB Sustainable Cities Summit.

De la Smart City, connectée aux technologies, à la ville intelligente, connectée aux autres

Herve Boisguillaume - Ministere Transition Ecologique - Article - Hub Cities - Hub InstitutePour Hervé Boisguillaume, le terme de “Smart City” a une connotation technologique négative : une ville intelligente doit être connectée non seulement aux technologies mais aussi à son environnement pour être durable et résiliente aux risques. La ville intelligente est agile, s’adapte aux circonstances, mais est aussi inclusive et associe ses habitants aux décisions. 

Il n’y a pas de ville durable si le territoire autour ne l’est pas, d’où l’importance des stratégies gagnant gagnant qui se créent entre les métropoles, les grandes villes, les villes de banlieues, et les territoires ruraux autour.

- Hervé Boisguillaume - Ministère de la Transition Ecologique

Outre son environnement immédiat, la ville intelligente doit être connectée à d’autres villes. C’est le rôle du Ministère de la Transition Écologique, qui travaille sur le rayonnement international des villes françaises et veut favoriser l’échange de bonnes pratiques. Le Ministère porte donc la participation des villes françaises aux événements internationaux consacrés aux enjeux urbains. 

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5 actions concrètes pour faire briller les villes durables à l'international

Hervé Boisguillaume partage 5 actions concrètes impulsées par le Ministère de la Transition Écologique, avec une résonance internationale : 

  1. La démarche Éco quartiers s’appuie sur 20 engagements en lien avec les objectifs du développement durable. Le Label Eco Quartier français inspire à l’international : plusieurs villes étrangères suivent la même démarche. 
  2. Le programme Actions cœur de ville contribue au développement et donne de la visibilité aux villes intermédiaires et secondaires.
  3. Le concours Villes Durables, lancé par les ambassades de France de Pologne et de Roumanie, encourage la transition écologique des villes locales et favorise les échanges entre élus français et étrangers. 
  4. L’Alliance des villes franco-suédoises met en relation les élus et les agents administratifs/techniques des villes en France et en Suède.
  5. Le séminaire Ville Durable dans l’Océan Indien en juin 2018 et les Ateliers de Cergy “Territoires insulaires 2020”  se posent la question des particularités des territoires insulaires.

Le Ministère de la Transition Écologique rappelle ainsi que l’union fait la force et que le rayonnement des territoires à l’international passe par la coopération entre les villes. 

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Résilience urbaine : repenser la ville avec ses habitants

Les projets de ville durable sont souvent longs et semés d'embûches, ce qui pose la question de la résilience urbaine. Pour Marie Atinault, vice-présidente en charge des transitions et innovations écologiques et des déchets pour la Métropole de Rouen, la résilience urbaine implique une plus grande inclusion des habitants et une meilleure compréhension des risques.

Un grand projet d’éco-quartier pour réhabiliter une zone ancienne

Marie Atinault - Métropole de Rouen - article - Hub Cities - Hub InstituteDepuis 10 ans, Rouen mène un projet de requalification de sa partie ouest, pour faire renaître cette zone de la ville en dépolluant les friches, et en réaménageant le port et le terminal ferroviaire. Ce projet prévoit l’aménagement de l’éco-quartier Rouen-Flaubert, avec de nombreux logements et espaces d’activités. Le quartier deviendrait très végétalisé, autonome en consommation solaire, avec des sols dépollués et une belle biodiversité.

L'incendie de l'usine Lubrizol stoppe le projet et pousse à la réflexion

Le 26 septembre 2019, un important incendie se déclare dans l’usine de Lubrizol, à la frontière du quartier Flaubert. L'incident crée un choc dans la ville et auprès des habitants, et stoppe net le projet. Rouen réalise la présence de dangers aux abords immédiats du projet, et décide de s’interroger sur la faisabilité et la durabilité de celui-ci. 

La théorie de la sélection naturelle s’applique aussi aux villes et à leur transition

Marie Atinault applique la théorie de la sélection naturelle de Darwin à la transition durable : pour survivre il faut s’adapter. 
 

Seules les espèces capables de s’adapter face aux risques industriels, aux risques climatiques, aux risques sanitaires sont en capacité demain d’avoir des villes durables et de transformer des chocs en opportunité.

- Marie Atinault, Métropole de Rouen Normandie 

Réévaluer un projet sous le prisme de la gestion des risques

Le projet est ainsi réévalué, avec d’abord une vaste phase de concertation avec les habitants, et la révision de la possibilité d’implanter des habitats. De nouvelles idées vont être considérées, comme celle d’une forêt urbaine qui servirait de tampon entre les zones d’habitat et d’industrie. 

Rouen va aussi développer sa gestion du risque et sa culture de compréhension, et espère pouvoir aider les industries à s’interroger sur le modèle économique et la durabilité de leurs activités, en lien avec les grands laboratoires de recherches sur la psychologie du changement.


Choc de mobilité : l’ascenseur au cœur du village

Les ascenseurs et élévateurs mécaniques représentent 600 000 équipements en France, avec une Fédération existante depuis 100 ans. Alain Meslier, délégué général de la Fédération des Ascenseurs, décrit au HUB Sustainable Cities Summit ce mardi 15 septembre sa mission de connexion au quotidien à la cité.

L’ascenseur comme connexion à la ville

Pour Alain Meslier, le célèbre “Métro Boulot Dodo” parisien devrait devenir "Ascenseur Boulot Dodo", tant l’ascenseur a de place dans la connexion à la ville. 
 

L’ascenseur est un compagnon invisible de nos mobilités urbaines.

- Alain Meslier, Délégué général de la Fédération des Ascenseurs

Alain Meslier - Fédération des Ascenseurs - Hub Cities - Article - Hub InstituteC’est un maillon essentiel des politiques d’inclusion urbaine, qui est par exemple au cœur du défi de mixité intergénérationnelle dans la vie de quartier, et sur les sujets d’accès aux services. 
Alain Meslier défend une ville durable qui ne serait pas juste digitale, mais mobile au quotidien, et particulièrement dans les coeurs de ville. L’ascenseur peut avoir ce rôle d’accélérateur de la mobilité au quotidien. 

Un moyen de transport durable

Aujourd’hui, l’ascenseur est constitué à 95% de matériaux recyclés, et a une consommation électrique très faible grâce à une alimentation éolienne ou solaire. 
La mise en place de ces équipements de connexion à la ville est essentielle pour rendre la ville durable en pérennisant l’accès et l’usage des bâtiments: un bâtiment a aujourd’hui une durée de vie de 50 à 100 ans. 

La place des ascenseurs dans les villes intelligentes

Au coeur des problématiques de construction dans la ville, les élévateurs pourraient être la solution pour une densité raisonnable, comme dans le Grand Londres où 40 000 élévateurs équipent chaque année des petites maisons individuelles, contre 10 000 en France.

Le secteur est déjà reconnu pour ses capacités de gestion de la destination, avec le concept du bouton à presser pour aller d’un point A à un point B, source d'inspiration pour la voiture autonome. Les ascenseurs sont aussi un outil essentiel dans la gestion des flux.

Enfin, la Fédération des Ascenseurs travaille sur l’interconnexion des ascenseurs avec le smartphone, qui présente des avantages sanitaires. L’interconnexion se déploie aussi au niveau du bâtiment complet avec des ascenseurs “en batterie” connectés entre eux, au niveau du quartier et de la ville. 

La digitalisation des ascenseurs 

La digitalisation permet de réaliser de belles avancées en termes de maintenance prédictive : la profession livre maintenant des ascenseurs "digital native", qui sont des appareils avec plus de services, qui donnent des datas qui sont ensuite retravaillées et réintégrées dans les parcs existants. La Fédération travaille également sur l’intégration de capteurs sur les 600 000 ascenseurs déjà déployés.

>> Voir l'interview d'Alain Meslier par Cyrielle Hariel sur le plateau TV du HUB

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Claire
Plassart
Content Producer

Diplômée du Master 2 Communication Publique et Corporate de Sciences Po Lille, Claire se passionne pour les sujets innovants qui révolutionnent le monde des entreprises. Elle s’appuie sur son expertise et une veille rigoureuse pour décrypter les nouvelles tendances et anticiper leurs conséquences pour les marques.