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Accross the block: De la smart city aux learning cities

Par : Keltoum Lehbab
8 décembre 2020
Temps de visionnage11 min

Jeunes diplômés de Science Po Paris et HEC Paris, Dimitri Kremp et Benoît Gufflet ont créé le projet Across the Block, une Learning expedition sur la thématique des smart cities. Ils ont ainsi pu aller explorer sur le terrain, 6 villes différentes, labellisées comme des smart cities. Ils reviennent sur les 6 grands enseignements qu’ils en ont tirés

Les 6 défis de la Learning Expedition :

" Sur le terrain on a pas trouvé des smart cities, mais plutôt des learning cities.", soutient Benoît Gufflet. Les Learning cities sont des villes qui apprennent l’utilisation du digital mais aussi la collaboration dans les différents acteurs de l’urbain.

Pour nous c’est important de le dire, car ce concept un peu figé de smart city nous semble davantage aujourd’hui un objectif à atteindre pour les villes.

 - Benoît Gufflet  cofondateur du projet Across the block

  1. ECOUTER : Medellin

    Collecter de l’information sur les collectivité urbaine, cela passe souvent par interroger les citadins. 
    " On a pu bien s’en rendre compte à Medellin où l'on a étudié la plateforme de participation citoyenne « Mi-Medellin » ", explique Dimitri Kremp. Cette plateforme est assez simple, les pouvoirs publics vont émettre des défis, des challenges auxquels les habitants sont invités à répondre en soumettant leurs propres idées. Cependant, cette plate-forme a été arrêtée, fermée car la municipalité par manque de ressources et car les idées soumises étaient trop générales, trop vagues, trop difficiles à mettre en place. 
     
  2. VISUALISER: Rio De Janeiro

    Après avoir collecté de la donnée, il faut pouvoir la visualiser afin de la comprendre et de la traiter. C’est ce que Rio de Janeiro a essayé de faire depuis plus de 10 ans. Notamment avec son " Centre de Operacoes ". Il regroupe plus de 30 agences municipales, qui collectent plus de 200 types de données différentes. 
    "On a pu aller sur place, voir cette salle futuriste. Ce dont on s’est rendu compte, c’est que malgré les technologies de pointe, ce centre des opérations, n’est capable de traiter seulement 15% de la donnée qu'elle collecte.", témoigne Benoît Gufflet .
     
  3. DIALOGUER : Toronto

    Après avoir collecté la donnée, avoir été capable de la visualiser et de la comprendre, il faut créer un dialogue avec les citadins. " Ce n’est pas forcément une chose facile à entreprendre avec les villes, on s’en est bien rendu compte à Toronto. On a pu participer à quelques délibérations citoyennes sur des projets de revitalisation urbaine spécifique.", soutient Dimitri Kremp. Ce qu’ils ont constaté sur le terrain, c’est qu’il y a une incompréhension des citoyens vis à vis des enjeux urbain et digitaux, qui sont complexes et parfois mal expliqués. Cette incompréhension peut aller jusqu'à générer de la défiance. La municipalité de Toronto a ainsi créé récemment un programme, " Connect communities ", qui vise à sensibiliser les habitants sur les enjeux urbains et digitaux afin de poser les bases d’un dialogue plus apaisé et constructif.
     
  4. DÉVELOPPER: Singapour

    " On a découvert à Singapour, l’agence municipale Govtech, qui a été capable pendant la pandémie de développer des dizaines de nouveaux services digitaux, pour lutter contre la covid-19”, affirme Benoît Gufflet. Un de ces outils est né au mois d’avril c’est le " Safe Distance @Park ",  un outil de cartographie, qui permet de voir en tant réel l’affluence dans les parcs et ainsi éviter les endroits trop fréquentés.
     
  5. EVALUER: Tallinn

    Cette étape consiste à évaluer les projets digitaux, une fois qu’ils ont été mis en place. Là encore, la technologie peut jouer un rôle intéressant. " C’est ce qu’on a étudié à Tallinn, notamment à travers un projet porté par la startup Thinnect. Elle a pu déployer le long de certaines rues un réseau de 850 capteurs. ", explique Dimitri Kremp. 
     
  6. AMELIORATION: Stockholm

    Après avoir évaluer les politiques publics, il s’agit d’entrer dans une phase d’amélioration continue. " Stockholm le fait notamment après avoir évalué l’impact et la dépense énergétique de ces nouveaux bâtiments dans les quartiers durables du Stockholm Royal Seaport.", soutient Benoît Gufflet. La mairie pousse les constructeurs à améliorer et à repenser les bâtiments pour qu’ils atteignent les objectifs fixés.

Chaque ville va avoir ses propres défis, chaque ville va être très différente mais elles vont toutes suivre le même cycle d’apprentissage, pour apprendre à mieux utiliser la technologie de manière efficace. À chaque étape, apprendre à tester, à améliorer et surtout à progresser.