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Automatisation intelligente : le nouveau visage de l’entreprise résiliente

Par : Thibault Deschamps
27 mai 2021
Temps de lecture : 6 min
Chapo

La crise du COVID a "considérablement modifié notre définition de l’entreprise résiliente." Dans cette interview, Emmanuel Treny, Directeur IBM Automation – EMEA, nous explique pourquoi un grand nombre d’entreprises convergent aujourd’hui vers l’automatisation intelligente. Associant les bénéfices des technologies d’automatisation et de l’intelligence artificielle, elle est capable de renforcer toute la chaîne de valeur de l’entreprise : des performances business à l’agilité IT.

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HUB Institute : Emmanuel, le principe d’automatisation n’est pas nouveau en entreprise. Où en est-on aujourd’hui ?

Photo Emmanuel TrenyEmmanuel Treny, Directeur IBM Automation – EMEA : L’automatisation est l’ensemble des techniques qui permet à des machines de réaliser des tâches qui étaient auparavant réalisées par les hommes. Dès la Révolution Industrielle du 19e siècle, les entreprises ont fait appel à des machines pour automatiser des opérations. Ce n’est donc pas un principe nouveau. Avec l’utilisation des algorithmes et de l’informatique, nous avons amélioré ces procédés en leur permettant d’automatiser un plus grand nombre de tâches manuelles et répétitives. C’est ce qui a mené au principe de RPA (Robotic Process Automation) qui a d’abord reposé sur des règles strictes impliquant des données structurées, mais qui a permis à la machine de prendre en charge des tâches sans réelle valeur ajoutée pour l’homme.

Sondage IBMCe qui change aujourd’hui, c’est l’émergence simultanée de technologies telles que l’IOT, la 5G, l’Edge computing, la blockchain et l’IA. La 5G va permettre d’accélérer les cas d’usage EDGE (dans l’industrie 4.0 par exemple) et l’IA va permettre d’automatiser des processus opérationnels business et IT. Parallèlement sa capacité à dépasser le cadre strict d’un algorithme et à apprendre lui permettra de proposer à l’humain des éléments nouveaux qu’il n’aurait pas pu détecter autrement. Ce faisant il prendra de meilleures décisions et beaucoup plus rapidement. Selon les études sur le sujet, cette accélération des processus métier pourrait libérer près de 50% de notre temps de travail journalier. Avec ce temps supplémentaire, couplé aux capacités d’analyse et de recommandation de l’IA, c’est toute la production d’idées de l’entreprise et de ses collaborateurs qui se renforce.

HUB Institute : Que nous apprend la crise de la COVID-19 quant à l’importance de l’automatisation intelligente ?

ET : La crise de la COVID-19 a considérablement modifié notre définition de l’entreprise résiliente. En effet, nombre d’entreprises "résilientes" ont souffert durant cette période : supply chains arrêtées nettes, difficultés opérationnelles liées au travail à distance… Et d’autres ont su traverser la tempête avec beaucoup plus de facilité. La différence se situait surtout dans la capacité de ces dernières à faire preuve d’agilité opérationnelle. Leurs processus internes étaient souvent beaucoup plus fluides, notamment parce qu’elles utilisaient des technologies d’automatisation intelligente.

Sondage IBM 2Or à l’avenir, ces processus vont continuer de se complexifier. L’arrivée de technologies comme la 5G, l’Internet des Objets (IoT) et l’Edge computing va décupler les sources de données à disposition des entreprises. Elles vont certes pouvoir tirer profit de ce potentiel pour créer de la valeur, mais cela va rendre l’automatisation intelligente d’autant plus cruciale pour être capable de désengorger les processus en cascade et gagner en agilité.

HUB Institute : Quels sont les freins courants à la mise en place de l’automatisation intelligente au sein de l’entreprise ?

ET : Le silotage des données reste un problème. Elles sont encore très souvent stockées dans des environnements qui ne communiquent pas (ou peu) entre eux. Il faut donc envisager la mise en place d’un workflow désiloté avant de procéder à l’intégration d’une solution reposant sur les capacités de l’intelligence artificielle.

Enfin, il y a la problématique des compétences. Beaucoup d’entreprises considèrent ne pas avoir accès aux talents nécessaires à l’implémentation et au suivi de solutions d’automatisation et d’IA. C’est pour cela que nous les accompagnons et mettons à leur disposition nos expertises techniques et métiers, ainsi que celles de nos partenaires, pour que la solution s’adapte parfaitement à leurs enjeux.

Pour aller plus loin : "De l’IT aux métiers, comment l’entreprise peut automatiser ses opérations avec l’IA ?"

HUB Institute : L’automatisation intelligente permet aussi d’accélérer et d’améliorer les performances IT d’une entreprise. Pouvez-vous expliquer comment ?

ET : Les entreprises doivent constamment rester en capacité d’innover, tout en s’assurant que la lumière reste allumée. La transformation digitale est menée pour rendre plus performant le business. L’IT est au service de ce business. Il doit rester suffisamment agile pour répondre aux nouveaux besoins sans attendre, tout en s’assurant du bon fonctionnement du SI de l’entreprise et de ses différents services métier. C’est pour cela que les entreprises adoptent les méthodes d’ingénierie de la fiabilité des sites (SRE) qui consistent à monitorer le fonctionnement du SI de l’entreprise (des applications, services et infrastructures…) afin de détecter et corriger les défaillances avant qu’elles n’aient un impact concret sur le business. Or ces opérations génèrent un afflux de données structurées et non structurées de plus en plus important, à mesure que les SI se complexifient. C’est d’autant plus vrai dans une économie reposant de plus en plus sur le digital et dans une période de crise telle que nous venons d’en connaître.

Avec l’AIOps, l’intelligence artificielle est capable de fluidifier ces processus IT en analysant toutes les sources de données, d’identifier des patterns, et de communiquer ses interprétations aux ingénieurs pour leur faire gagner du temps. Le Graal de l’AIOps, c’est qu’au terme de son apprentissage, l’intelligence artificielle soit capable de détecter des défaillances et de les corriger avant même qu’elles ne se produisent en analysant les signes avant-coureurs. Et c’est ce que nous faisons déjà chez certains de nos clients.

HUB Institute : Quels sont les processus d’entreprise les plus importants à automatiser selon vous ?

ET : Cette question admet autant de réponses qu’il y a d’entreprises. La véritable problématique est surtout de savoir identifier les processus et les comprendre afin de mieux en cerner la valeur qui en découle. Plus l’organisation est complexe, et plus cette tâche devient cornélienne. C’est pour cela que l’on utilise le process mining. Cet ensemble de techniques de data science permet d’analyser les données de l’entreprise pour déterminer comment se comporte réellement les personnes et machines qui composent l’organisation. La technologie parvient ainsi rassembler des informations concrètes sur la réalité des processus et d’en découvrir les problèmes de performance et/ou de conformité. Grâce à cette visibilité, il devient possible de prioriser les processus à automatiser selon la chaîne de valeur propre à l’entreprise.

Le process mining est l’un des éléments différenciateurs de l’offre Business Automation d’IBM qui répond à la fois aux enjeux IT de l’entreprise avec l’AIOps, et ses enjeux business.


Source image : Livre blanc "L'automatisation et l'avenir du travail" - IBM

Emmanuel Treny était présent le 3 juin dernier pour un webinar dédié à l’automatisation intelligente. Par l’analyse de plusieurs cas client, cet événement est l'occasion d’en savoir plus sur la manière de déployer cette technologie pour soutenir la génération de valeur ou décupler les performances IT de l’entreprise.

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Thibault
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La mission de Thibault en tant que journaliste est de concevoir un storytelling performant associant la richesse des contenus de nos partenaires (IBM, Microsoft, Linkfluence, …) et les performances de nos formats éditoriaux (interviews, articles de fond, case study, condensés d’étude...) afin de leur garantir le meilleur rayonnement . 

Titulaire d’un master de journalisme et d’un DUT Services et Réseaux de Communication, Thibault s'appuie également sur sa culture de l’IT et du marketing...