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Bordeaux Métropole : replacer la transition écologique au coeur des priorités

Par : Lila Ricci
21 septembre 2021
Temps de visionnage09:17 min

La réflexion de Bordeaux Métropole sur ses mobilités douces se poursuit depuis déjà un an, et culmine en septembre 2021, avec le vote d’un schéma intégrale des mobilités. Comment rendre l’intermodalité souple et ses différentes solutions interactives ? Isabelle Rami, conseillère métropolitaine déléguée aux mobilités alternatives, répondait à la question sur la scène du Sustainable Cities Summit.

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La réflexion de la ville s’est au départ inspirée de chiffres très clairs : un déplacement sur deux en son sein fait moins de km, et 90% des déplacements font moins de 10 km. Le vélo et la marche sont à ce jour les deux modalités de déplacement les plus prometteuses. Si Bordeaux entame son troisième plan vélo, son tout premier plan marche est une stratégie encore inédite au niveau métropolitain.

Il est essentiel que toutes les modalités accessibles aux citoyens (RER, tram, Garonne…) interagissent entre elles, et révèlent des usages complémentaires, afin d’encourager leur pratique.
Dans ce but, la métropole prévoit aussi un plan très pragmatique, comprenant un calendrier et un budget.

Le vélo

Isabelle Rami précise que la part modale du vélo était à 8% en 2017 (selon une enquête ménages), et que l'objectif du 3e plan est de faire monter cette part à 10%, tout en respectant les standards et gabarits définis par le Cerema. Par cela, il est entendu que le plan sera aménagé sur un trajet long, sécurisé, avec une voirie séparée.

Le réseau express vélo local (ou REV) est décliné sur 250 km au niveau de la métropole. Cette dernière entend le développer pour le faire aller vers Bordeaux, mais aussi pour qu’il cadre le circuit du réseau de trams et de bus.

Pour encourager encore davantage les usagers, la Métropole cherche à promouvoir le stationnement, au moyen de vélo box et d’abris à vélos. Pour rendre la modalité plus accessible, une attention toute particulière est portée au free floating, ainsi qu’au prêt de vélo rendu possible grâce au réseau associatif local de Maisons des Mobilités.

La marche

Toujours selon l’enquête susmentionnée, la part modale de la marche était à 29% en 2017, et ce premier plan a pour mission de faire grimper ce nombre jusqu’à 32%.

Les objectifs de ce plan évolutif sans précédent sont tout autres : un tel développement a le potentiel, pour Isabelle Rami, de libérer la ville et de désencombrer ses trottoirs. Des expérimentations sont déjà menées pour tester la faisabilité de ce plan, ce qui permet aux collectivités souhaitant l’adopter d’être proactives dans son application. Les rues écolières sont des terrains de choix pour mener ces expérimentations, conclut l’élue.

Le désencombrement de Bordeaux, une des villes françaises les plus engorgées, n’est pas un mince enjeu. S’y attaquer demande une réflexion simultanée sur l’urbanisme et la végétalisation des voiries pour enfouir les réseaux, et libérer l’espace pour les personnes à mobilité réduite, les seniors et les enfants.

La métropole ne doit pas être centrée sur elle-même.

- Isabelle Rami, Conseillère métropolitaine déléguée aux mobilités alternatives (Bordeaux Métropole)

Si ces objectifs de partage de l’espace public étaient atteints, Isabelle Rami nous rappelle que cela représenterait aussi une victoire pour la santé publique. Un engorgement, en effet, implique des pics de pollution fréquents. Faire chuter de 10% l’emprise des véhicules sur la ville la ferait gagner en fluidité, connecterait ses citoyens et jouerait en faveur de leur qualité de vie. Le plan multimodal de Bordeaux propose ce tableau à la fois attractif et facilitant, car conçu pour faire rayonner le territoire et inspirer les collectivités de France. 


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