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Région Île-de-France : replacer la biodiversité dans les villes

Par : Sol Meritano
21 septembre 2021
Temps de visionnage11:47 min

La Région Île-de-France fait face à des nombreux défis sur le plan climatique. Parmi ces derniers, certains s'avèrent pourtant souvent oubliés : c'est le cas de la préservation de la biodiversité en ville. Lors du Sustainable Cities Summit, le HUB Institute accueillait sur scène Yann Wehrling, Vice-Président du conseil régional chargé de la transition écologique pour la Région Île-de-France, pour partager les projets de la région en faveur de la biodiversité.

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Le Vice-Président débute son intervention avec un rappel et une mise en contexte des enjeux climatiques auxquels fait face la région. Sur le sujet des réductions des gaz à effet de serre, Yann Wehrling soulève les efforts de la région et l’importance des accords de Paris pour impulser les collectivités. Cependant, malgré les efforts de la région, leur impact sur les émissions globales reste insignifiant (l’Union Européenne est responsable de 9% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. À l'échelle régionale, les émissions de la région Île-de-France restent donc minimes en comparaison). De plus, dans un scénario optimiste, les effets de ces réductions ne seront visibles que dans une dizaine ou trentaine d’années. 

Pour l'expert, si on a longtemps cru que le réchauffement climatique aurait des conséquences prévisibles et étalées dans le temps, ce dernier est d'ores et déjà une réalité. Il prend l'exemple des phénomènes climatiques soudains, survenus dans des pays ayant des latitudes climatiques similaires à celles de la France, notamment au Canada et en Australie (incendie) mais également en Belgique et en Allemagne (inondations). "Si la France a globalement été épargné, il n'y a aucune raison que ces phénomènes n'arrivent pas un jour en Île-de-France", explique-t-il. Yann Wehrling prévoit que la région connaîtra dans les prochaines années des épisodes de canicule très forts et imprévisibles.

Face à cette situation, l’urgence de l’adaptation climatique se fait ressentir. La Région Île-de-France va donc lancer un plan d’adaptation au changement climatique avec des investissements lourds. Le Vice-Président du conseil régional chargé de la transition écologique relève la nécessité de mettre tout le monde autour de la table et de concentrer les compétences pour gérer la question de la prévention des inondations. Le ​​maître-mot pour la région, en écoutant les scientifiques et les ONG, est de privilégier des solutions fondées sur la nature. C’est à dire que les zones d'expansion de crue seront privilégiées aux digues, la région va privilégier les zones humides qui doivent être remises en place, les crues doivent être aménagées pour avoir lieu là où cela pose le moins de problème, et pas dans des milieux urbanisés. Ensuite il ajoute que la priorité de la lutte contre la canicule et les sécheresses se trouve en ville. La solution privilégiée pour lutter contre les canicules consiste à accélérer les processus de végétalisation des villes, tout en épargnant les espaces verts existants. Yann Wehrling relève l’importance de la préservation des arbres et notamment des plus grands d'entre eux, par leur caractère patrimonial exceptionnel, et surtout, par leur capacité à survivre aux grandes chaleurs. La région met donc la priorité sur le végétal existant et sur la revégétalisation. Elle prévoit d'ailleurs de déployer un programme ayant pour objectif de pousser les collectivités et tous les acteurs du foncier à végétaliser davantage le territoire.

Il y a 5 ans, la région a mis en place le “Plan Vert”, un projet qui consiste à développer des espaces verts sur toute la Région Ile-de-France en priorisant les zones “carencées”, c’est à dire les zones très urbaines qui ne permettent pas aux franciliens de disposer d’un espace vert à moins de 10 minutes de chez eux. Ce programme a pourtant présenté des difficultés de mise en œuvre dû au fait que le foncier disponible en zone urbaine est relativement limité et qu'il existe une forte concurrence avec les besoins d’urbanisation et de logement (enjeux de densification). Face à cette limite, la région a complémenté le projet avec le programme “Le petit patrimoine naturel”. Celui-ci a pour volonté d’identifier et de cartographier, avec l’aide de différentes ONG ayant déjà travaillé sur ce sujet, toutes les petites poches de biodiversités déjà présentes en Île-de-France pour les préserver, conserver et aider les propriétaires fonciers à se rendre compte de leur valeur pour l’ensemble des habitants. 

Un chiffre qui doit nous interpeller, si vous prenez 100 mammifères et oiseaux : 30 sont des humains, 65 sont des animaux d'élevage et de compagnie et seulement 5 sont des animaux sauvages.

- Yann Wehrling, Vice-Président du conseil régional chargé de la transition écologique (Région Île-de-France)

Interrogé sur la place de la biodiversité dans la transition durable de la ville, Yann Wehrling souligne le fait qu’aujourd’hui la biodiversité n’est pas suffisamment considérée. La place de la biodiversité ne fait qu'émerger dans l’importance des questions climatiques qui ont pris un ascendant énorme dans le dialogue et dans les questions institutionnelles. La question de la biodiversité devient de plus en plus prégnante, notamment pour les jeunes générations. La place que l’humanité a laissé aux animaux sauvages est extrêmement réduite et les conséquences peuvent être dramatiques. L’intervenant affirme que nous sommes dans une extinction massive d'espèces, et comme pour le climat, nous avons tous une responsabilité. Dans les villes il y a aussi de la place pour la biodiversité, c'est l’esprit du programme “Petit Patrimoine Naturel” qui estime que la préservation des poches de biodiversité en ville est aujourd'hui de la responsabilité des collectivités locales. Les enjeux sont bien sûr internationaux, mais aussi au niveau local. À l'échelle internationale, il se négocie actuellement une convention sur la biodiversité qui vise à demander aux Etats de protéger à l’horizon 2030, 30% de la planète en consacrant 30% de la surface terrestre et marine à des aires protégées. Lorsque la région Île-de-France à fait le compte de l'état actuel des ces aires protégées, contre toute attente, cela représente 26% des aires de la région qui sont protégées. De plus, de nouvelles aires seront créées, ce qui portera ce taux à 36%


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