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France Hydrogène : enjeux et perspectives de la filière hydrogène

Par : Jérémie Jakubowicz
13 juillet 2021
Temps de visionnage15:20 min

Depuis de nombreuses années, l’énergie est un enjeu important qui fédère. Philippe Boucly, Président de France Hydrogène était présent sur la scène du Sustainable Energies Forum pour détailler les nouvelles perspectives de la filière hydrogène à l’échelle française mais aussi européenne. 

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En préambule, Philippe Boucly présente France Hydrogène (anciennement Afhypac jusqu’en octobre 2020) en insistant sur l’augmentation du nombre de ses membres qui sont les métropoles et les syndicats comme celui des transports par exemple. France Hydrogène est passé de 120 membres en 2019 à 350 en 2020 et ce chiffre est encore appelé à monter dans les années à venir. 

Pour France Hydrogène, ces nouvelles perspectives s’articulent autour de trois axes principaux concernant la stratégie Française : 

  • Il faut rendre plus propres nos industries en utilisant le moins de carbone possible. “Nous avons une stratégie hydrogène en France, nous faisons partie des 30 à 40 pays dans le monde à avoir une stratégie hydrogène”, analyse Philippe Boucly, et cela permet de positionner la France comme un acteur important dans les années à venir. Cette stratégie a été présentée par les ministres Barbara Pompili (ministre de la transition écologique) et Bruno Le Maire (ministre de l’économie) en septembre 2020.
  • Le deuxième volet de la stratégie française concerne le développement de la mobilité professionnelle en s’appuyant sur la “mobilité lourde”, c'est -à-dire les poids lourds, les trains ou dans un futur proche les avions. De même, la mobilité intensive est également concernée, notamment les taxis à hydrogène, dont le nombre de véhicules va augmenter dans les mois qui viennent.
  • Le dernier axe concerne la recherche et le développement. Pour Philippe Boucly, la France est assez bien placée en matière de R&D et il est important de consolider cette position. Pour cela, il faut passer par un programme prioritaire de recherche.

C’est pour cette raison que 7,2 milliard d’euros sont prévus d’ici 2030. Un conseil national de l'hydrogène présidé par les ministres Lemaire et Pompili et co-présidé par Benoît Potier de Air Liquide ainsi que par Patrick Koller de Faurecia a été créé. Ce conseil regroupe les présidents des principaux comités stratégique de filière dans le but de proposer une réindustrialisation et une décarbonation de l’économie. “L'objectif est de créer 100 000 emplois d’ici à 2030. Actuellement, nous en avons de 2000 à 3000”, conclut-il. 

Quand on interroge un industriel ou un transporteur routier ; ils nous disent qu’ils veulent bien passer à de l’hydrogène vertueux ou bas carbone mais nous sommes dans un secteur très compétitif et concurrentiel et nous ne pouvons pas nous permettre de surcoûts. Donc, ce qu’il faut viser c’est de l’hydrogène vertueux à tarif qui serait proche de celui du gaz naturel.

- Philippe Boucly Président (France Hydrogène)

Dans la suite de sa présentation, Philippe Boucly explique que la stratégie française se positionne également à un niveau européen. “L’Europe a de grandes ambitions d’ici 2030 avec une production de 10 M de tonnes qui serait produite par 2x40 GW d'électrolyseur”.

Plusieurs outils sont à sa disposition, comme un plan de relance européen et un Green Deal, mais aussi IPCEI, qui est un système d’aides pour les projets des Etats-membres jugés les plus innovants. 

Ce système a reçu le soutien de 23 États membres dont la France et l’Allemagne. 

À l'échelle européenne, le mode de gouvernance est similaire au modèle français avec un comité présidé par des grands patrons et des commissaires européens qui veille au respect de la stratégie européenne en matière d’énergie. Ce comité est alimenté par 6 tables rondes.  

Pour conclure, Philippe Boucly insiste sur la nécessité de baisser les coûts de production “il faut bien évidemment continuer la recherche et le développement mais cela ne suffira pas ; il faut faire ce qui a été fait dans d’autres technologies émergentes, c’est-à-dire massifier, mutualiser les usages ; faire en sorte que les consommateurs se regroupent pour faire émerger des écosystèmes territoriaux d’envergure”. Pour arriver à baisser les coûts il faut évidemment créer un marché mais également utiliser d’autres méthodes de production comme la Biomasse par exemple. En outre, il faut impérativement renforcer le marché local et le développement de la formation.


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