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Métropole de Rouen : faire émerger un territoire 100% énergies renouvelables

Par : Lila Ricci
13 juillet 2021
Temps de visionnage10:04 min

La city’s race to zero, ou course vers une ville zéro carbone, est un véritable enjeu pour Rouen qui doit jongler entre son emplacement dans une vallée carbonée et son statut industriel de l’après-guerre, marqué par la pollution. Pour en discuter, le Sustainable Energies Forum recevait sur sa scène Nicolas Mayer-Rossignol, Président de la Métropole Rouen Normandie et Maire de Rouen.

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En propos liminaire, Nicolas Mayer-Rossignol affirme qu’il ne faut pas "voir la décarbonation comme une difficulté, une contrainte, un fardeau. C’est d’abord une opportunité. C’est une nécessité au plan écologique, mais aussi une opportunité sur le plan économique." Pour le maire, rien ne se fera sans que toutes les parties prenantes soient fédérées. Entreprises, pouvoirs publics, associations et citoyens ne doivent pas être opposés, mais plutôt réunis aux moyens de sociétés d’économie mixte, de forums et de conférences. Les objectifs à 2030 ne pourront être atteints que si toutes ces voix peuvent prendre part au dialogue. Et sur le sujet, il y a matière au dialogue puisque la vallée des énergies a déjà été à l’origine de nombreuses innovations : des panneaux photovoltaïques vont être installés au Havre, et des projets de production à partir d’énergies photovoltaïques sont en ce moment même en cours à Rouen.

Saisir les opportunités, rassembler et innover… la transition énergétique de Rouen veut aussi inclure, ce que son maire qualifie de "grand défi de ce siècle". Pour l'élu, un clivage entre une écologie positive et une écologie punitive pour les citoyens n’a pas lieu d’être. Un bassin industriel comme la Métropole Rouen Normandie doit voir dans ce défi une force, et répondre aux besoins de sa transition à grands renforts d’emplois, de formations, d’enseignements supérieurs, de recherches, de mobilités étudiantes et de stages. Lorsque l’on prend la décision de "détruire pour reconstruire", ce sont aussi des opportunités pour la population qui doivent être construites. Pour éviter que certains citoyens aient à faire face à une cassure et se retrouvent laissés pour compte dans cette transition énergétique, les pouvoirs publics doivent trouver des amortisseurs.

Les ZFE ((Zone à Faibles Émissions) imposent par exemple un certain type de véhicule, et un taux de pollution plus faible en milieu urbain, ce qui n’est pas une option que tout le monde peut se permettre. Pour Nicolas Mayer-Rossignol, l’écologie positive doit venir accompagnée de leviers pour aider la transition. La démocratisation du MAAS est un de ces leviers : cela peut passer par un développement des alternatives à la voiture, des transports en commun, des pistes cyclables, le covoiturage, etc. Les changements de comportements individuels doivent être encouragés via cette implication des pouvoirs publics. S’il ne s’agit pas là d’une solution qui conviendra à toute les tranches de la population, c’est au moins un premier pas vers une économie plus résiliente, bas carbone et positive : en somme, une économie porteuse d’opportunités.

Pour atteindre les objectifs à 2030 de l’Union européenne, c’est une réduction de 5 à 6% d’émissions de gaz à effet de serre par an qu’il faut se fixer, et ce dès maintenant. Face à cette urgence, c’est un véritable équilibre que les collectivités doivent trouver pour concilier écologie, économie et social comme l’entend Rouen. La ville revient de loin, car elle a longtemps dû s’accommoder d’un sol, d’une eau et d’un air très pollués. Sur ce point, Nicolas Mayer-Rossignol nous introduit le concept du “judo”, qui consiste à faire de ces faiblesses des opportunités écologiques. Dépolluer les friches industrielles du territoire a bien sûr un coût pour les pouvoirs publics, mais cette action - une parmi d’autres - éloigne encore un peu plus Rouen de son passé et le rapproche d’un statut de territoire durable. Qui plus est, ce travail sur les friches demande aussi des qualifications, ce qui pourra à son tour engendrer plusieurs formations.

La décarbonation c’est une source d’emplois, de rayonnement et d’attractivité.

- Nicolas Mayer-Rossignol, Président (Métropole de Rouen)

Aujourd’hui, sur 100 marchandises circulant entre Paris, Rouen et Le Havre, 80 passent par la route, 15 par le fleuve et 5 par le train. Pour se délester complètement de son passé, Rouen veut devenir un exemple pour sa qualité des sols et sa qualité de l’air, en faisant passer davantage de marchandises par le fleuve ou la voie ferrée. Pour conclure, le président de la Métropole de Rouen rappel qu'un territoire engagé dans l’énergie positive est "attractif pour les jeunes actifs" qui aujourd’hui "cherchent du sens dans leur emploi."


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