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LVMH : gouvernance de la transformation durable

Par : Chloé Joubert
12 mai 2021
Temps de visionnage11:09 min

Afin de passer la vitesse supérieure en matière de transformation durable des entreprises, il apparaît primordial de définir le type de gouvernance et les qualités nécessaires à la conduite du changement de paradigme que constitue le développement durable. Pour en parler, le Sustainable Leaders Forum recevait Hélène Valade, Directrice Développement Environnement de LVMH et Présidente de l'ORSE (Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises). 

En propos liminaire, Hélène Valade explique que le terme de transformation durable lié à la notion de processus et aux enjeux de pilotage associés est préférable à celui de transition. Selon la Présidente de l’ORSE, la gouvernance de la transformation durable doit être fondée sur la notion de co-construction, à la fois en interne avec les collaborateurs mais aussi en externe, source d’alliances nouvelles qui accélèrent et favorisent l’innovation. Ces innovations doivent ensuite être intégrées dans la conduite du changement pour obtenir des résultats tangibles. Par ailleurs, afin d’incarner cette transformation, certaines qualités humaines, comme le leadership, l’aspect visionnaire ou la capacité de mobilisation, sont requises pour embarquer l’ensemble du corps social et obtenir une transformation totale. Cela doit s’accompagner d’un changement de paradigme des acteurs qui réalise “la synthèse entre un modèle économique et sa capacité à intégrer structurellement les impacts”.

Une autre qualité mise en avant par Hélène Valade est le courage, nécessaire lorsqu’il s’agit de transformation. En effet, les habitudes peuvent entraîner une certaine résistance au changement. Un travail d’accompagnement fondé sur une explication claire des attentes et sur la mise en place de valeurs pertinentes est alors primordial. Chez LVMH, la définition de valeurs permet de favoriser l'émergence d’attitudes et de comportements en accord avec celles-ci. Aux valeurs usuelles du groupe, que sont le goût du risque et d’entreprendre, la créativité et l’excellence, a été récemment ajoutée par Bernard Arnault celle de l’engagement social et environnemental. Cette alchimie entre les différentes valeurs constitue, selon Hélène Valade, "la définition de ce que peut être cette Responsabilité Sociétale et Environnementale”. 

Par ailleurs, il apparaît opportun de se pencher sur les spécificités de gouvernance d’un groupe familial. Elle induit un rapport au temps différent de la majorité des groupes cotés : les exigences à court terme sont réduites et permettent d’inscrire les changements dans la durée. Cela a permis à LVMH de "prendre le temps" pour définir une raison d’être dans un langage commun aux 75 Maisons, appartenant à des secteurs variés, qui composent le groupe. La raison d’être, énoncée par Hélène Valade, est :

Prendre la mesure de l'interdépendance entre les produits du luxe avec la nature et rendre à la nature ce qu’on lui emprunte.

- Hélène Valade, Directrice Développement Environnement de LVMH et Présidente de l'ORSE

Pour répondre à ce défi, LVMH a lancé le programme Life360 dont les deux axes structurants sont l'intégration de l’économie circulaire et la préservation de la biodiversité.  En effet, le groupe a pour objectif de mettre l’économie circulaire au cœur de ses différentes maisons et, notamment, du travail créatif de ses collaborateurs. A travers le concept de circularité créative, le groupe entend concevoir des produits de luxe qui soient la signature de leurs ambitions environnementales. Pour cela, l’accent va être mis sur les matériaux biosourcés, parfois recyclés, sur des services de réparation robustes ainsi que sur l’upcycling. A ce sujet, la mode n’est pas en reste et la collection upcyclée de Virgil Abloh - Directeur Artistique chez Louis Vuitton - donne la marche à suivre aux Maisons du groupe pour intégrer, dans leur ADN, la circularité. D’autres maisons, comme Céline, revisitent l’ensemble de leurs chaînes logistiques pour supprimer le transport aérien. 

Concernant la biodiversité, entre reforestation et agriculture régénératrice, il ne s’agit pas seulement de limiter les impacts, mais d’apporter de la biodiversité là où les activités de LVMH sont implantées (par exemple, dans le domaine des vins et spiritueux, la réintroduction d’arbres fruitiers dans les vignobles.) 


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