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ONO : des solutions de mobilité pratique, innovante et versatile pour redessiner le paysage urbain

Par : Chloé Vasseur
11 mars 2021
Temps de lecture : 5 min
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En terme de mobilité urbaine, de plus en plus de solutions émergent, bien que ce segment connaisse peu d’acteurs majeurs. ONO Motion répond à cette contrainte avec ses services de mobilité, et en particulier avec le transport de marchandises et de personnes via des véhicules électriques adaptés à la circulation en ville. Vieran Hodko, Chargé de l’expansion de la marque et des partenariats chez ONO, répond aux questions du HUB Institute concernant sa vision du marché de la mobilité, ainsi que le rôle et la valeur ajoutée d’ONO, dans le contexte actuel.

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Soutenue par EIT InnoEnergy, société européenne qui accélère l’innovation dans l’énergie en Europe.

HUB Institute : Quelles sont, pour vous, les tendances qui se développent ces dernières années en matière de mobilité ?

Vieran HodkoVieran Hodko : Nous constatons, tout d'abord, l'accélération de la construction de nouvelles infrastructures, pour ce qui est du vélo et des pistes cyclables. Les investissements extérieurs se font de plus en plus dans la micro-mobilité, au travers des trottinettes, scooters et vélos cargo. On remarque également que la mobilité individuelle prend de plus en plus de place, et on voit une augmentation de l’offre en mobilité collective et en services de livraison. Finalement, il y a surtout un manque de produits sur le marché, et pas encore de “champion de l’industrie” dans la mobilité commerciale, pour les plus gros gabarits.

HUB Institute : En quoi le e-cargobike de chez ONO est-il un nouveau mode de transport, et quelles sont les particularités de ce véhicule ? En quoi se différencie-t-il des autres ?

VH : Le concept de cargo bike (vélo cargo, N.D.L.R), n’est pas nouveau. Notre différence est le fait que nous venons directement du secteur de l’automobile : nous avons co-développé nos véhicules avec de grands équipementiers automobiles qui construisent des châssis et l'assemblage pour des marques automobiles allemandes de renom, qui nous ont guidé dans la construction du véhicule. Avec le cargo bike connecté, notre conception du véhicule s'est faite grâce à des études auprès des plus grands opérateurs comme le Groupe La Poste, Swiss Post ou Hermès. Ce que les entreprises recherchent, au-delà du design, c'est la durabilité, la sécurité et la longévité : l’approche d’ONO est de développer la qualité industrielle pour la fabrication des véhicules.

En ce qui concerne le conducteur, nous avons conçu des cabines sécuritaires et résistantes aux intempéries. Notre espace cargo à l’arrière à la plus grande capacité de stockage du marché et offre une grande versatilité. Par exemple, un opérateur de logistique veut livrer des colis le matin et des vaccins pour la covid l’après-midi, c’est possible grâce aux modules adaptables à différents marchés et besoins. 

HUB Institute : Problèmes de logistique sur le “dernier kilomètre” : quels sont les avantages du e-cargobike pour les villes ?

VH : Deux principales valeurs ajoutées peuvent être retenues :

  • Le stationnement : dans la majorité des grandes villes européennes, trouver une place pour se garer est un luxe. Les véhicules ONO sont 2 fois plus étroits qu’un camion, donc beaucoup plus adaptés physiquement aux villes européennes. 
  • La logistique, on constate un important turnover des employés et les entreprises ont des difficultés à trouver des conducteurs. Avec ONO, pas besoin de permis de conduire, donc une possibilité beaucoup plus large de recrutement.

HUB Institute : ONO s’est d’abord positionné sur le marché de la livraison. Quels projets d’avenir pour l’entreprise ? À terme, souhaitez-vous couvrir tous les secteurs de la mobilité urbaine ?

VH : Quand nous avons lancé le co-développement avec la logistique, nous nous sommes concentrés sur la livraison de colis, puis la livraison de produits d'épicerie et de nourriture fraîche, qui a explosé ! Notre troisième marché est celui des services d’entretien : mise à disposition d’ateliers mobiles pour les petits entrepreneurs, comme les plombiers, les peintres, etc. Nous discutons notamment avec IKEA pour la livraison de meubles, ou encore pour le transport de produits frais ou du waste management

HUB Institute : Est-ce vrai qu’Anne Hidalgo a exprimé un fort intérêt pour ONO ? Peut-être verrons-nous vos véhicules circuler à Paris ?

VH : Nous avons été invités il y a 2 ans par ENGIE à Paris dans leur atelier d’innovation, et Anne Hidalgo y a découvert ONO. Elle a exprimé son intérêt pour notre solution qui aurait, pour elle, sa place à l’avenir pour l’entretien et la fermeture temporaire de certaines rues, ou les travaux à petite échelle dans la capitale. Nous considérons Paris et le marché Français comme un des plus prometteurs et enthousiastes, que ce soit niveau clientèle, politique ou activation au niveau des villes. À suivre !

HUB Institute : Existe-il une synergie entre les différents acteurs de la mobilité (ou micro-mobilité), pour un débat sur les infrastructures, les investissements etc

VH : Nous nous rendons compte qu’avec cette croissance européenne, on essaie de créer un consensus plus standardisé au niveau européen pour la nouvelle mobilité. Traditionnellement on travaillait chacun de notre côté, mais dans le développement de nos solutions, nous avons été forcés à travailler ensemble, ce qui a donné naissance à de nouvelles collaborations. Nous venons de lancer un livre blanc sur les trams logistiques, en collaboration avec Porsche Consulting, EIT InnoEnergy, Université de Frankfurt Hermes International GmbH et HÖRMANN Gruppe sur la réadaptation des tramways pour la livraison logistique. L'objectif ici est de dégager les routes et d'optimiser les système existants des villes pour une logistique plus verte.

Chez ONO, nous souhaitons pouvoir partager nos données avec les villes pour améliorer les infrastructures. Il y a une école de pensée beaucoup plus jeune beaucoup plus ouverte que dans d'autres industries qui, nous l’espérons, donnera de beaux fruits pour l’avenir. 

HUB Institute : Quels marchés ou industries voyez-vous les plus affectés ou les plus concernés, en matière de livraison ?

VH : Depuis des années nous voyons les effets du e-commerce sur les enseignes traditionnelles de vente au détail, et d’autant plus depuis la pandémie de COVID-19, où nous voyons de plus en plus d’industries qui n’ont pas fait le pas pour accélérer leur marché en ligne.

Concernant le secteur de la mode, nous voyons de nombreux détaillants qui se distinguent par leur mode de livraison. Au lieu d’opter pour les solutions classiques, certaines sociétés vont choisir la manière d’effectuer leur dernier kilomètre en optant pour des livraisons plus écologiques. Le secteur que nous avons vu croître le plus rapidement durant la pandémie est celui des e-groceries (supermarchés/épiceries en ligne) et des mini-marchés qui commencent à faire de la livraison sur demande (livraison en une à 2 heures). La livraison “hyper-locale’’ ne peut tout simplement pas se faire avec des camions, car il n’y a pas de place dans les villes et le stationnement est déjà très limité.

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Chloé
Vasseur
Content Producer

Étudiante en école de journalisme, Chloé utilise son expérience et ses connaissances dans les différents domaines du journalisme papier et digital pour vous informer à 360°. Ses expériences, notamment à l'international, ont renforcé son envie d'ouvrir les frontières de l'information.