Promouvoir une offre de micromobilité viable en intégrant les spécificités territoriales.

Par : Chloé Joubert
1 avril 2021
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Comment promouvoir une offre de micromobilité viable en intégrant les spécificités territoriales ? Appels d’offres, micro-mobilité vertueuse, mobilité douce et innovations... Adrien Lelièvre, journaliste pour les Echos, était présent au Sustainable Mobility Forum pour partager son analyse des 5 grandes tendances de la mobilité durable.

  • Dans la mise en place de politiques de mobilité durable, la tendance est aux appels d'offres à travers lesquels les grandes municipalités sélectionnent les opérateurs de micro-mobilité pour leur territoire.  Cette procédure permet non seulement aux villes de favoriser une insertion plus “douce” des opérateurs mais aussi d’imposer leurs conditions et éviter le chaos provoqué par l’arrivée incontrôlée de nombreux opérateurs. Cela a été mis en place à Paris où jusqu’à 12 opérateurs ont cohabité mais aussi à Marseille, Lyon ou encore Grenoble.  
     
  • La seconde tendance se traduit par une évolution des modèles des acteurs des micro-mobilités qui tendent à devenir plus vertueux. Cela fait suite aux polémiques sur le bilan carbone de ces acteurs, provoquées par une durée de vie trop faible des appareils et à des modes de collecte polluants. Alors, pour coller aux exigences écologiques et réduire le coût environnemental et économique, les opérateurs se tournent vers l’adoption de batteries amovibles et vers l’utilisation de vélos cargos ou de camionnettes électriques pour leur logistique. 
     
  • Aussi, certains opérateurs s'intéressent à des villes plus petites (autour de 40 000/ 50 000 habitants) et s’y insèrent parfaitement pour, par exemple, faciliter le rabattage vers les stations de transports publics. "Sur ce sujet, la France a un peu de retard par rapport à d’autres pays comme l’Allemagne où beaucoup de grandes villes ont des offres de micro mobilité", analyse Adrien Lelièvre. On peut néanmoins imaginer que, dans les prochaines années, ces formes de mobilité nouvelles vont se déployer à l’échelle du pays.
     
  • Une autre tendance est liée au caractère très innovant et rapide des start-ups du secteur des mobilités durables. Cela entraîne parfois un décalage avec les exigences des collectivités territoriales et avec leurs appels d’offres. En effet, ces deux mondes ne répondent pas aux mêmes codes : celui des start-ups à l’agilité où la logique du winner takes all prime et celui des collectivités à un ensemble de processus plus longs et rigides. Cela soulève donc des défis pour améliorer leur connaissance réciproque et favoriser la collaboration. 
     
  • Enfin, on observe que les villes se portent sur l’aménagement de leurs territoires pour accueillir les micro-mobilités. Cela se traduit par l'augmentation des infrastructures en ville pour circuler et stationner (pistes cyclables, stations de parking et de recharge) afin de limiter les frictions avec les autres modes de transports et favoriser l’insertion “douce” de ces nouvelles mobilités. 

 


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