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Reforest'Action : au-delà de viser la neutralité, l'enjeu de régénérer le vivant

Par : Laure de Clebsattel
8 décembre 2021
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Sur la scène du Sustainable Paris Forum, Stéphane Hallaire partage la vision de Reforest’Action et les enjeux à venir après la COP26. Il revient sur l’importance de nos forêts et de leur impact sur le réchauffement climatique mais aussi sur la biodiversité, tout en donnant des clés pour les intégrer à nos stratégies d’entreprise.

“La forêt, c’est le premier puits de carbone mondial”, affirme d'emblée Stéphane Hallaire. L’enjeu, au-delà de la neutralité carbone sur lequel 50% du PIB mondial s’est engagé à 2050. “Notre métier est de préserver, restaurer et créer des forêts” avec 17 000 hectares de forêt restaurés dans 39 pays, 1 000 projets soutenus par les équipes grâce à des fonds de 3 000 entreprises et 300 000 citoyens. Lors de la COP26 comme dans les éditions précédentes, la forêt est au centre des échanges et débats. Ce sont les forêts qui créent le sol et nous apportent l’alimentation et tout ce dont nous avons besoin. 

En octobre 2021, la COP26 a détaché 4 grandes avancées pour les forêts : 

  • 141 pays ont signé la déclaration de Glasgow qui permet de protéger 90% des forêts mondiales 
  • Feuille de route FACT (Forest Agriculture and Commodity Trade) : plusieurs pays se mettent d’accord sur comment utiliser les ressources comme le soja, le cuir, le boeuf etc sans être source de déforestation, ce qui est le cas aujourd’hui. 
  • Engagement financier de 20 milliards de dollars de la part d’entreprises et d'États pour les forêts
  • Encadrement renforcé des marchés carbone

Ces 4 avancées nous amènent à une trajectoire à 2,4° d’ici à 2050, nous étions à 3,4 degrés avant la COP26, mais l’objectif est à 1,5°. “C’est une belle avancée et je m’en réjouis, mais ce n’est pas suffisant”, déclare le CEO. 10 millions d’hectares de forêts continuent de disparaître tous les ans. 4 arbres sur 10 en Europe, ici en Île-de-France, souffrent du changement climatique, et ne seront peut-être plus là en 2100”, ce qui est une autre réalité silencieuse dont on ne parle pas. D’un autre côté et à cause de ces pertes, la biodiversité s’érode. “Agir pour les forêts ce n’est pas que agir pour le climat, c’est aussi agir pour la biodiversité”.

Plus le climat évolue, se réchauffe, plus les forêts souffrent, dépérissent, relâchent du carbone, et augmentent le réchauffement climatique.

- Stéphane Hallaire, Founder & CEO (Reforest'Action)

La forêt est donc le premier puits de carbone mondial mais aussi bien plus. Elle permet à 25% de la population mondiale de vivre, c’est aussi le premier filtre pour l’eau. Chaque aliment provient d’une terre qui vient d’une forêt. Chaque forêt permet de créer une bio-économie basée sur le vivant et sur les écosystèmes forestiers. Pour Stéphane Hallaire, il faut désormais dépasser la logique de neutralité carbone qui ne répond que partiellement au problème. Le modèle d’entreprise régénérative émerge, en lien direct avec des terroirs et des territoires, dans le même temps que la bio-économie circulaire, basée sur le vivant, dans une logique circulaire plutôt que linéaire. Ces modèles de société existent et s’appuient notamment sur les forêts qu’il faut considérer comme des acteurs majeurs du climat. 

Il est aujourd’hui important pour les entreprises d’intégrer les forêts dans leur stratégie. Il faut aller vers la restauration des écosystèmes, agir directement là où se trouvent les clients et les fournisseurs. Il est aussi important d’agir dans les territoires où la forêt a le plus d’impact, notamment dans les zones intertropicales où les écosystèmes sont les plus efficients. “Pour être régénératif, il faut être dans le résultat, dans l’action.”

Pour conclure et à titre d’exemple, le cofondateur de Reforest’Action évoque le cas de Hennessy qui développe un projet d’agroforesterie sur mesure au cœur des vignobles pour favoriser les sols vivants et la préservation de la biodiversité avec des projets phare au 4 coins du globe. Stéphane Hallaire conclut en citant Jean-Paul Sartre, “Nous sommes ce que nous faisons, nous sommes la somme de nos actions, c’est ce qui me drive et c’est ce qui fait que nous pourrons passer d’une économie neutre en carbone à une économie régénérative.”


Retrouvez dès à présent l'ensemble des interventions du Sustainable Paris Forum en vidéo !

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