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Bonheur au travail : savoir dépasser les clichés pour en faire une réalité

Par : Thibault Deschamps
4 janvier 2019
Temps de lecture : 4 min
Chapo

Le 5 décembre 2018, le HUB Institute a tenu la troisième session de son cycle HUBTALK RH & Leadership. L'objectif ? Vaincre les clichés qui font désormais du "bonheur au travail" une théorie souvent moquée et décriée. Si pour certains, ce concept est un simple buzzword, pour d’autres il représente de vraies valeurs à mettre en pratique dans l’entreprise. Quelles sont-elles et quelles actions mener pour améliorer le cadre professionnel de ses collaborateurs (et donc, leurs performances) ? Éléments de réponse dans ce compte-rendu.

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Caroline Loisel, Senior Digital Consultant spécialiste de la question RH et Emmanuel Vivier, cofondateur et analyste principal du HUB Institute, introduisent le propos en énumérant les enjeux portés le bonheur au travail. Faciliter le changement au sein des entreprises en pleine transformation, booster l’innovation, pérenniser leurs modèles économiques ou encore améliorer la productivité… Il semblerait qu’un collaborateur heureux soit un collaborateur en or. Mais que signifient vraiment les mots "heureux" et "bonheur" ?

Ces notions très relatives ont pourtant des définitions professionnelles qui se clarifient au cours du temps notamment par l’étude du modèle de Daniel Kahneman, psychologue et économiste titulaire du prix Nobel d’économie (connu notamment pour ses travaux sur l’économie du bonheur). Le bonheur serait ainsi un état d’esprit éphémère engendré par des résultats (de sens, de valeurs, de reconnaissance du travail accompli), mais aussi de relations (avec l’organisation, les managers, l’équipe, et finalement le reste du monde).

Puisqu’une seule source ne suffit pas à démontrer une hypothèse, Yves Le Bihan, Président de l’Institut Français du Leadership Positif prend la parole en s’intéressant aux résultats d’une étude menée par le cabinet McKinsey. Ce dernier semble confirmer certains dires de Daniel Kahneman en plaçant la qualité des relations professionnelles (notamment avec la strate managériale) comme première condition au bonheur professionnel. Si tel est le cas, cela démontre que le leader d’entreprise a un rôle majeur à jouer pour créer l’atmosphère positive propice au développement des compétences et des performances des collaborateurs.

Qu’est-ce qu’un leader positif, comment le devenir ? C’est avant tout une capacité innée à l’empathie et à l’écoute rendue possible par la flexibilité cognitive de certains esprits. Il est en outre capable de ménager le cerveau de ses collaborateurs, notamment en prenant conscience de l’infobésité auxquels ces derniers peuvent être soumis au sein d’une organisation et affectant grandement leur concentration et leur essor intellectuel.

Le bonheur au travail est plein de potentiels. Si l’on est une entreprise qui y croit, comment procéder pour créer l’atmosphère nécessaire au développement du "bonheur" ? C’est la réponse à laquelle tente de répondre Amélie Fenzy, Value Trainer pour Valeurs&Valeur. Interviewée par Caroline Loisel, elle revient sur la mission de sa société : "faire rayonner hommes et organisations en conciliant l’inconciliable en entreprise". Plus simplement, faire en sorte qu’au sein de l’organisation, tout le monde soit à la place qui lui convient le mieux et que les valeurs des collaborateurs s’accordent aux valeurs de l’entreprise.

En comparant la transposition des valeurs à un jeu de société où « il est difficile de s’éclater lorsque l’on ne connaît pas les règles », Amélie Fenzy explique que pour parvenir à cette fin, encore faut-il se connaître soi même. Valeurs&Valeur met en place des programmes Gallup au sein des organisations simplifiant l’identification des profils de collaborateur et de leurs compétences principales. « Nous accompagnons les gens à lire leur excellence et leur puissance. »

Bonheur ou bien-être ? Au cours des milliers de débats internationaux qui ont animé ces questions ces deux notions sont souvent mélangées à tort. Charles Chantala, Senior Sales Director d’Indeed propose une définition stricte du bonheur pour différencier les deux termes : « il s’agit de la différence entre la réalité et vos attentes. Si la réalité dépasse vos attentes, vous serez heureux le temps de formuler de nouvelles attentes. A l’inverse, vous serez malheureux. »

Pour éviter de tomber dans le piège de la surpromesse, Indeed choisit donc de se focaliser sur le bien-être de ses collaborateurs ou « l’ensemble des paramètres qui améliore la qualité de vie au bureau ». Et si cette qualité de vie participe à l’état de bonheur tant mieux, mais ce n’est ici en aucun cas la priorité première car il s’agit d’un « état éphémère trop lié à des états intrinsèques sur lesquels l’entreprise a relativement peu de poids ».

Charles Chantala, détaille ainsi plusieurs initiatives menées par son entreprise pour développer la qualité de vie des collaborateurs, notamment… les congés payés illimités.

Saviez-vous que le mouvement du poignet lors d’une partie de babyfoot libère plus d’endorphine qu’un footing ? Que des entreprises augmentant le montant des tickets restaurants de quelques centimes ont connu une croissance de leur IBT de plus de 25% ? Certaines entreprises envisagent aujourd’hui la création de "black rooms" dans leurs locaux pour encourager ponctuellement la consommation d’alcools forts et les relations sexuelles entre collaborateurs… Tout ça pour leur bien-être, et pourquoi pas leur bonheur !

Si vous êtes aussi étonnés à la lecture de ces lignes que nous l'avons été aux propos d’Edwina Girard, fondatrice d’Ozécla, nous vous proposons d’écouter son intervention pour savoir de quoi il en retourne. Parfois il vaut mieux ne pas "spoiler" la fin de l’histoire…