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Supply chain : « l’épine dorsale des retailers » enfin au cœur de la transformation digitale

Par : Thibault Deschamps
3 octobre 2018
Temps de lecture : 5 min
Chapo

Tendance de premier plan dans l’univers de l’industrie 4.0, la digitalisation de la supply chain est un effort partagé d'un bout à l'autre de la chaîne de valeur. Retailers et industriels ont désormais compris l’importance de la moderniser pour atteindre leurs objectifs business communs. Ce 24 septembre avait lieu pour eux, au HUB Institute, le premier HUBTALK dédié à l'industrie 4.0. Compte-rendu.

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L’IA ouvre les vannes de la data

La supply chain est l’épine dorsale des retailers, le centre nerveux qui leur permet d’exécuter tous leurs projets business.

yassine-essalih-supplychainCette phrase de Yassine Essalih, Cognitive Supply Chain Consultant d’IBM, peut résumer à elle seule les enjeux abordés lors de ce HUBTALK Supply Chain & IA. Placée sous le sceau de l’intelligence artificielle, cette première édition lui a permis de rappeler la proposition du groupe technologique en la matière : associer les performances d’IBM Watson à l’IoT et à la blockchain.

L’objectif : créer un écosystème digital permettant aux supply chains des industriels et retailers d’exploiter pleinement la data à leur disposition pour se transformer.

Yassine Essalih estime ainsi qu’à l’heure actuelle, près de 80% des données sont dites "dark" (imperceptibles pour nombre de raisons), et donc inexploitées par les opérationnels de la supply chain. L’IA s’imposerait alors comme le remède à cette "cécité", un remède qu'il nous détaillait dans un précédent article.

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La Redoute : histoire d’une métamorphose via la supply chain "data-driven"

Présent lors de la table ronde de ce HUBTALK, Patrice Fitzner, directeur logistique de la Redoute, est revenu sur le sauvetage in extremis de la marque. Véritable cas d’école en matière de transformation digitale, le retailer, en grande difficulté face à la montée en puissance du e-commerce et du m-commerce, initie une profonde mutation courant 2014 sous l’impulsion de ses repreneurs Nathalie Balla et Eric Courteille.

« Notre principal enjeu a tout de suite été de travailler la connaissance de la donnée d’entrée (quelle qu’elle soit : taille des boîte ou vêtements, couleurs …) » explique Patrice Fitzner. « Le but de ce travail constant est d’en faire un outil de décision pour tous les responsables de la supply chain (acheteurs, managers …). Nous avons donc dû nous munir d’outils et de collaborateurs capables de cruncher ces données, mais aussi sensibiliser les collaborateurs existants à leur usage. »

Cette transition mène à la création de Quai30, un nouveau centre de préparation « robotisé et entièrement monitoré » (pour détecter et avertir du moindre écart par rapport aux standards définis) qui permet à La Redoute d’atteindre ses objectifs en matière d’expérience client, notamment pour les services de livraison au dernier kilomètre.

Ces "dark" data devenues accessibles, permettent au retailer d’envisager toujours plus de services et de se hisser progressivement au niveau de champion français du e-commerce.

« Nous travaillons également sur l’accueil du client via Google Home et depuis début 2018 nous sommes capables de répondre à près de 200 questions client sous forme de FAQ [à propos de l’état des stocks, disponibilités, et autres éléments liés aux données exploitées par la supply chain] »

Parallèlement La Redoute a choisi de migrer ses données vers la plateforme Google Cloud pour « désiloter ses données » et « accélérer le développement de nouvelles fonctionnalités. »

Dis-moi comment tu te transformes, je te dirai qui tu es.

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De gauche à droite : Patrice Fitzner - la Redoute, Stéphane Zibi - HUB Institute et Michel Fender - HEC Paris

Michel Fender, Senior Advisor & Adjuncf professor de HEC Paris ExecED, conseille les comités de direction des entreprises en matière de transformation digitale. Il témoigne de l’essor de la supply chain au cœur des raisonnements.

« Le supply chain management est le processus le plus transversal dans l’entreprise. Il part de la création d’un produit à sa fin de vie. En bref, il affecte tous les maillons de la chaîne de valeur. Ce n’est donc pas étonnant que la supply chain soit devenue le bras armé de l’exécution de la promesse client. »

Son expérience lui a permis de définir trois profils d’entreprise en fonction de leur manière d’appréhender la transformation digitale de la supply chain :

Les entreprises visionnaires
Ce sont les organisations dont « les comités de direction ont bien compris que la supply chain est un élément clé du business ». Michel Fender cite l'exemple Michelin. Dès 2001, « Edouard Michelin a impulsé la réorganisation de l’entreprise et a souhaité y localiser des fonctions logistiques transverses au niveau continental. »

Les entreprises « molles »
« Il s’agit de la majorité des entreprises. Elles ont compris la nécessité de transformer la supply chain pour rester compétitive, mais le procédé reste mou ! » Michel Fender les compare ici avec Amazon. Le leader mondial du e-commerce, réputé pour son focus sur l’expérience client, est aussi le modèle par excellence du modernisme en matière de logistique. « Chez eux cette transformation perpétuelle n’est pas molle, elle est obsessionnelle. C’est même l’une des premières valeurs de l’entreprise. »

Les causes de cette mollesse étant principalement le manque de connaissance et de culture en matière de logistique moderne, dans un monde qui fourmille désormais de solutions diverses.

Les entreprises qui attendent le mur pour réagir
Et puis il y a les organisations, comme La Redoute, qui n’anticipent pas suffisamment tôt cette transformation et qui se retrouvent confrontées à un enjeu « de vie ou de mort » pour initier leur transformation.


Après ce premier regard portant sur la transformation la supply chain via l'intelligence artificielle, nos horizons s'ouvrent sur tous les autres enjeux de l'industrie 4.0. Des chaînes d'assemblage au transport, passant par l'applications de solutions telle que la blockchain, le HUB Institute vous donne rendez-vous pour le Futur... le futur du HUBTALK Industrie 4.0.

Amazon, Apple, Alibaba : trois modèles qui interpellent

stephane-zibi-supplychainAnimateur de ce HUBTALK Supply Chain, Stéphane Zibi, Digital Senior Consultant, HUB Institute, a illustré en chiffres l'essor de la supply chain chez les leaders du retail et de l'industrie 4.0. Aperçu.

Amazon

« En 1995 Amazon comptait 5 employés, aujourd’hui ils sont plus de 550 000. Parallèlement, l’entreprise comptait en 2013 1000 robots, aujourd’hui environ 100 000. Alors ? Robots : destructeurs d’emplois ? Pas sûr. » – Stéphane Zibi

  • 2018 : 566 000 employés
  • 2017: 100 000 robots
  • 2016: 45 000 robots
  • 2015: 30 000 robots
  • 2014: 15 000 robots
  • 2013: 1 000 robots
  • 2008 : 20 700 employés
  • 2005 : Lancement d'Amazon Prime aux Etats-Unis

Apple

A l'heure actuelle, près de 590 iPhone XR sont produits toutes les heures, soit 1 smartphone toutes les 6 secondes.

  • 2020 : 1 000 000 foxbots*
  • 2018 : 123 000 employés
  • 2017 : 100 000 foxbots*
  • 2016 : 40 000 foxbots*
  • 2015 : 110 000 employés
  • 2010 : 46 600 employés
  • 2005 : 14 800 employés

*les foxbots sont les robots exploités par les usines d'assemblage de Foxconn, principal partenaire assembleur d'Apple dans la supply chain de ses iPhones.

Alibaba

  • 2018: 66 421 employés
  • 2017: 50 000 employés et 100 000 robots
  • 2016 : 45 000 robots
  • 2015: 35 000 employés et 30 000 robots
  • 2014 : 15 000 robots
  • 2013 : 1000 robots
  • 2012: 22 000 employés


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Thibault
Deschamps

La mission de Thibault en tant que Content Manager est de concevoir un storytelling performant associant la richesse des contenus de nos partenaires (IBM, Microsoft, Linkfluence, …) et les performances de nos formats éditoriaux (interviews, articles de fond, case study, condensés d’étude...) afin de leur garantir le meilleur rayonnement . 

Titulaire d’un master de journalisme et d’un DUT Services et Réseaux de Communication, Thibault s'appuie également sur sa culture de l’IT et du marketing,

La mission de Thibault en tant que Content Manager est de concevoir un storytelling performant associant la richesse des contenus de nos partenaires (IBM, Microsoft, Linkfluence, …) et les performances de nos formats éditoriaux (interviews, articles de fond, case study, condensés d’étude...) afin de leur garantir le meilleur rayonnement . 

Titulaire d’un master de journalisme et d’un DUT Services et Réseaux de Communication, Thibault s'appuie également sur sa culture de l’IT et du marketing, acquise au sein de rédactions spécialisées comme Stratégies.fr, Forbes.com, LaRéclame.fr ou encore ITespresso.fr et Silicon.fr.

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