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Comment IBM entend optimiser et "verdir" le transport de marchandises

Par : Xavier Biseul
19 décembre 2019
Temps de lecture : 4 min
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A l'heure de la transition écologique, le transport terrestre de marchandises est pointé du doigt pour son impact sur l'environnement. Il engendre aussi des risques sanitaires en cas de dégradation des produits. Avec sa solution Supply Chain Green Innovation, présentée début octobre, IBM entend répondre à ces enjeux en associant les technologies d'internet des objets (IoT), de blockchain et d'analytics.

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La première étape consiste à équiper les palettes, les rolls ou les containers de capteurs connectés. Il devient alors possible pour tous les acteurs de la chaîne logistique - du producteur au distributeur en passant par le transporteur - de disposer des informations stratégiques durant tout le cycle de supply chain.

Capteur IoT des conteneurs proposés par IBMLa nature des données ne se limite pas à la géolocalisation. "Un produit peut être sensible au choc, à la température, à la luminosité ou à la salinité", explique Marc Galant, Supply Chain & Watson IoT - Service Leader chez IBM France. "A chaque cas d'usage correspond un type de capteur." Ce suivi permet de garantir l'intégrité des produits transportés en luttant contre les ruptures de la chaîne de froid, le détournement, la fraude, la contrefaçon ou la casse non visible. Dans la smart city, cette solution répond à un enjeu majeur de sécurité sanitaire en facilitant le rappel de produits contaminés ou dégradés.

Afin de réduire les coûts d'utilisation, la fréquence d'envoi des messages par les capteurs dépend également du cas d'usage défini. Pour la transmission de ses données, IBM passe Sigfox, un réseau bas débit dédié à l'IoT qui assure une bonne couverture en Europe et en Amérique du Nord.

 

La blockchain, tiers de confiance de la chaîne logistique

Le deuxième étage de la fusée, c'est la blockchain. Registre infalsifiable (ou presque), la technologie de chaîne de blocs introduit la confiance nécessaire entre les acteurs de la chaîne logistique. Dans cette blockchain, deux types d'information vont être remontées : l'information temps réel issue des capteurs et l'information logistique provenant des systèmes dédiés (Warehouse Management System (WMS) et Transport Management System (TMS)).

En consolidant ces deux sources de données, Supply Chain Green Innovation va pouvoir déclencher des alertes métiers sous forme de "smart contracts" (des actions automatisées selon les informations répertoriées dans la chaîne de bloques). "Lors d'une rupture de la chaîne de froid, le producteur peut informer son client que la marchandise qui arrive est impropre à la consommation et déclencher une nouvelle expédition," illustre Marc Galant. "Si la responsabilité du transporteur est établie, cet élément de preuve facilite la prise en charge par son assureur et l'indemnisation."

Cette information temps réel permet d'accélérer les rotations. "Une fois que les produits ont été déchargés du container, le logisticien est alerté. Les camions récupèrent les palettes et les réinjectent dans le circuit." Pour cette partie blockchain, IBM fait appel à deux solutions maison : Food Trust pour les acteurs de l'agroalimentaire ou Transaction Intelligence qui fait le lien entre le monde de la blockchain et celui de l’EDI (Electronic Data Interchange, échange de données informatisé).

 

Des palettes dix fois plus durables

L’offre d'IBM ne comprend pas "green" dans son appellation pour rien. Le géant du numérique entend s'inscrire dans la tendance de la supply chain durable en faisant la promotion du plastique recyclé. "Pour durer longtemps, les palettes en bois sont imprégnées de produits chimiques," rappelle Marc Galant, "logisticien de formation. Les palettes en plastique sont, elles, moins sensibles aux champignons et aux bactéries."

Les palettes plastiques présentent également l'avantage d'être deux fois moins lourdes et dix fois plus durables. Ce qui a un impact direct sur le coût de transport. "Le transporteur ne transporte pas de poids inutile. Il peut donc charger plus de produits, limiter les cycles de logistique et réduire son empreinte carbone."

Utiliser des palettes en plastique recyclé répond, par ailleurs, à un enjeu de conformité. L’extension des consignes de tri dans le cadre de la Loi de Transition Energétique a pour objectif d’atteindre 100% des déchets plastiques recyclés en France à l’horizon 2022. Or, pour recycler ces plastiques il faut d'abord leur trouver une utilité. Ces nouvelles palettes en sont une.

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Les palettes en plastique recyclé, observées par Léa Schneider lors de son reportage au Fab Lab d'IBM France.

 

Enfin, l'analytics est la dernière brique de la solution d'IBM. Au-delà de la gestion des alertes, ce volet reporting permet aux acteurs de la chaîne logistique d'optimiser leurs processus. En analysant l'historique des données de transport, un producteur peut, par exemple, améliorer la phase de murissement des fruits et légumes afin de réduire les pertes.

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Xavier
Biseul
Journaliste spécialisé