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Télétravail : comment vivre cette contrainte paisiblement ?

Par : Caroline Loisel
30 novembre 2020
Temps de lecture : 5 min
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Dans cette période singulière, il est essentiel de mettre des mots sur nos vécus. Particulièrement en situation de télétravail ou de chômage partiel dans les grandes organisations, nous devons faire face à la perte de socialisation et de confiance en nous. L’époque est atypique : certains sont à l’arrêt complet quand d’autres sont en suractivité par notamment des journées surchargées de visio.

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Je vous partage ici quelques pistes d’exploration pour mieux vivre ce télétravail "subi" aujourd’hui :

Le manque de socialisation est ce qui est le plus mentionné par les équipes aujourd’hui. Comment aujourd’hui recréer du lien tout en étant à distance ?

En réalité, cela équivaut à la question de : " Comment recréer de l’informel ? "   Nous prenons  conscience aujourd’hui de l’importance en entreprise de l’informel, en termes d’impact business et humain. Nous avons perdu la vie de l’entreprise, ses multiples interactions  hasardeuses dans les couloirs, durant les pauses, à la cafétéria, dans les ascenseurs. Les " au fait " ou " tiens puisque l’on se croise ".  Nous devons faire avec plus de perte d’information, de lien, d’opportunités, de relations…

Pour le recréer, c’est un paradoxe, mais le seul moyen est de formaliser l’informel … de proposer, par exemple, un canal chat totalement ouvert, un groupe d’information pour ses équipes où il n’y a aucun objet. Une autre piste est de démarrer et terminer toutes ses réunions avec des conversations hirsutes sans objet non plus. Durant la réunion, si elle dure ne serait-ce même que 45 minutes/1h instaurer une pause informelle au milieu pour laisser libre cours aux pensées et discussions aléatoires souvent créatrices de valeurs.  Et pour faire face à l’isolement social physique, le seul moyen quand nous nous retrouvons en télétravail à 100% est de se ré-ancrer dans son quartier, dans son voisinage.

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Pourquoi pas organiser des apéros voisins ou des pauses cafés ? Nous ne sommes sûrement pas seul(e)s dans notre immeuble à travailler de chez nous encore en ce moment.

La confiance en soi peut aussi se trouver détériorée

Nous sommes des animaux sociaux. C’est au travers du regard de l’autre aussi que nous existons, que nous nous ressentons, que nous avons notre propre conscience de nous-mêmes. Or nous voyons beaucoup moins de personnes qu’auparavant.  Cette période peut nous faire perdre confiance en nous car la confiance passe aussi par l’image renvoyée par ses pairs, et elle s'acquiert donc aussi grâce au milieu de l’entreprise.

Dans la confiance en soi, nous pouvons distinguer 3 notions : 

  • L’auto-efficacité : la satisfaction personnelle des tâches accomplies,
  • L’estime de soi : le considération – je m’estime moi-même,
  • Le concept de soi : tout ce que j’ai compris dans le temps, notre mémoire autobiographique

Ces 3 ingrédients de la confiance en soi doivent être nourris. En ce moment, chacun de nous doit retrouver des ressources intérieures (puisque l’extérieur est momentanément " coupé ") pour à travers ses passions, ses centres d’intérêts et ses apprentissages nouveaux maintenir sa confiance en soi.

(Source : Podcast créé par Louie Media, Podcast " Confiance en soi ")

Apprendre à s’organiser

Le fait d’être en télétravail est une opportunité en même temps de beaucoup plus être à l’écoute de notre rythme biologique et de nos énergies mentales disponibles à un moment T.

Nous avons certes l’habitude de raisonner par degré d’urgence, c’est effectivement un des angles possibles quand certains dossiers potentiellement n’ont pu être avancés… En mettant en place une organisation de notre travail trouvant sa source dans l’écoute de nos ressources internes, il est possible de gagner en efficience mais aussi en plaisir du travail accompli. Nous pouvons distinguer finalement 4 types de tâches et je mettrai en effet miroir l’analogie de partir en vélo.

  • les tâches sans grosse valeur ajoutée comme répondre à des emails de suivi/gestion : comme une simple balade en vélo (tâches se réalisant quasi automatiquement sans effort cognitif supplémentaire
  • les tâches de production comme produire un CR : comme si on faisait une balade en vélo avec un objectif de temps/vitesse. On a pour ce type de tâche un besoin plus important de concentration quand  bien même le " chemin " (ce type de travail) est connu.
  • Les tâches de création comme lancer/structurer un nouveau chantier : comme si on allait à la découverte d’un nouveau chemin à vélo, nous sortons de nos trajets habituels, nous devons être très concentrés et vigilants à notre niveau d’attention pour avancer à un rythme soutenu.
  • Les tâches d’apprentissage : comme si on partait en exploration à vélo en empruntant des chemins par forcément faits pour faire du vélo. En ce moment, apprendre est un excellent levier pour la confiance en soi car cela génère de l’auto-satisfaction. Pour ce type de tâche, il est essentiel de se caler expressément 1h30 à 2h consécutives sans aucune perturbation. Le fait de se sentir comme dans une bulle nous permet aussi de régénérer en énergies positives.

Se (re)créer des " sas " de décompression

En effet, en télétravail, il n’y a plus de " sas de décompression " – on peut enchaîner des tâches personnelles et professionnelles. La notion de fusion de nos vies est d’ailleurs à la une du numéro de novembre de Philosophie Magazine, je vous invite à le lire. Est abordé aussi la notion d’hypertemps. Retrouver des "sas" c’est s’instaurer des moments où l’on commence à travailler et des moments où l’on s’arrête de travailler.

En définitif, le plus important en ce moment, c’est de mettre des mots, de se parler de nos moments de doutes, de questionnement, et de se dire que nous sommes normaux de ressentir tout ceci. Il faut se déculpabiliser de se poser toutes ces questions en y mettant des mots et en le partageant.  J’espère que la lecture de cet article aura contribué à vous apaiser et à transmettre l’apaisement autour de vous.

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Caroline
Loisel
Senior digital consultant

Caroline Loisel est Consultante Senior RH & Médias au sein de l’écosystème du HUBInstitute. Elle a 20 ans d’expérience dans le digital et est riche d’une expérience au carrefour de cabinets de conseil, d’agences & de grands groupes. Elle a notamment accompagné la transformation du groupe France Télécom de 2000 à 2004 lors du rachat de la marque Orange, de la création du premier portail Orange et des premiers services mobiles multimédias.

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