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Mobilité : La métropole de Toulouse veut faire sauter les bouchons

Par : Xavier Biseul
10 février 2020
Temps de lecture : 4 min
Chapo

Victime de son attractivité, la ville rose connaît des problèmes de congestion. Le projet Vilagil vise à favoriser de nouvelles formes de mobilité et décarboner le territoire. La métropole se donne dix ans pour réussir.

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Contexte

Porté par Toulouse Métropole, Vilagil est l'un des 24 projets d’innovation territoriale sélectionnés par le gouvernement en septembre dernier. Ce projet à long terme qui vise une échéance à 2030 est évalué à près de 165 millions d'euros, dont 4,6 millions de subvention de l’État plus 31,1 millions d’investissements potentiels par ce dernier.

 

Idée

Deuxième ville où il fait bon travailler après Bordeaux selon Great Place to Work, ville préférée des étudiants d'après un classement de l'Etudiant, Toulouse ne manque pas d'attractivité. Entre 2010 et 2015, la ville rose a gagné en moyenne 19 710 habitants par an, soit une progression annuelle de 1,55% (Insee). Cette croissance démographique n'est pas sans conséquence sur le trafic du territoire qui présente d'ores et déjà des problèmes de congestion.

Toulouse est l'une des rares agglomérations françaises, avec celle de Montpellier, dont la ville centre progresse autant que la périphérie. Ce qui signifie à la fois une densification de son cœur et une propension à l'étalement urbain. Et cela ne risque pas de s'arranger si la métropole ne s'attelle pas sérieusement au sujet. 500 000 déplacements quotidiens supplémentaires sont prévus à horizon 2025 (Enquête Ménages et déplacements). C’est-à-dire demain.

Comme le précise l'appel à manifestation d'intérêt, le projet Vilagil vise à favoriser l’émergence de nouvelles formes de mobilité afin d’améliorer les conditions de vie des habitants. Il s'agit notamment de décarboner le territoire en soutenant le déploiement des véhicules électriques et de fluidifier le trafic par une stratégie de MaaS (Mobility as a Service).

 

Moyens

Pour rédiger l'appel à projet, Toulouse Métropole a été accompagnée par le cabinet EY. Vilagil réunit un grand nombre d'acteurs publics, à commencer par Tisséo et Sicoval, les syndicats intercommunaux de transports publics de l'agglomération, et le pôle d'équilibre territorial et rural (PETR) Pays Portes de Gascogne, établissement public engagé dans le développement durable des territoires de l’Est du Gers.

Le projet fait aussi appel à des acteurs du monde académique et de la recherche comme l’université Toulouse Paul Sabatier, l'Ecole nationale de l'aviation civile (ENAC), le CNRS et l'Office national d'études et de recherches aérospatiales (Onera), ainsi qu'à des partenaires privés tels que Airbus, Continental, Kaufman & Broad, Sopra Steria, Mappy, Bouygues Energie & services, GeoPost.

"La métropole se positionne comme le manager de cet écosystème", estime Bertrand Serp, vice-président de Toulouse Métropole en charge de l'économie numérique et de la robotique. Comme toujours, la data est au cœur du projet et la première étape consistera à construire une plateforme pour collecter les données des différentes parties prenantes. "L'analyse de ces données permettra de se projeter sur les mobilités du futur", poursuit Bertrand Serp.

Dans ce domaine, Toulouse Métropole ne part pas de zéro. Pour son schéma directeur de la smart city, elle a déjà mis en œuvre une plateforme big data, appelée IA DATA, et reposant sur des composants open source. La métropole a, par ailleurs, lancé le projet Commute (Collaborative Mobility Management for Urban Traffic and Emissions reduction) pour fluidifier la mobilité des zones aéroportuaire et aéronautique. Elle fait aussi partie de l'association Occitanie Data qui entend créer "un espace de confiance pour un développement éthique de la donnée"

Selon Bertrand Serp, la plateforme devrait voir le jour au 1er semestre 2020, après les élections municipales. La gouvernance du projet Vilagil se veut collaborative. Il est doté d'un comité de pilotage (copil) et d'un comité technique (cotech).

 

Résultats

Les résultats attendus sont ambitieux. En plus de ceux préalablement cités, Vilagil vise à encourager les habitants à abandonner leur voiture personnelle et à adopter des modes de déplacement plus vertueux. Il s'inscrit en cela dans le cadre de la loi d'orientation des mobilités (LOM), votée fin novembre, qui a pour objectif principal de "proposer des solutions alternatives à la dépendance à l'usage de la voiture".

Le texte prévoit aussi d'accompagner les collectivités pour limiter la circulation des véhicules dans des "zones à faible émission" et de créer le cadre réglementaire pour la circulation des véhicules autonomes.

 

Conclusion

Pour la métropole, Vilagil constitue une opportunité inédite d'améliorer l'offre de mobilité sur son territoire et, ce, de façon holistique. La mobilité du quotidien doit être, selon elle, "propre, partagée et connectée". L'agglomération toulousaine a beaucoup d'atouts pour relever ce défi. Elle arrive au deuxième rang des métropoles de province pour le nombre d'emplois dans le numérique selon l'Insee, derrière Lyon.

Comme le note Les Echos, la métropole est devenue une place forte du véhicule autonome, de l'internet des objets et de l'intelligence artificielle. Continental et Renault ont installé leurs centres de R&D. Située à Labège dans le sud-est toulousain, l'IoT Valley abrite la licorne Sigfox et des pépites prometteuses. Enfin, une Cité des start-up ouvrira à Toulouse en 2020 dans les anciennes Halles Latécoère, là où le célèbre entrepreneur construisit ses premiers avions en 1918. Tout un symbole.

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Xavier
Biseul
Journaliste spécialisé