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Supply Chain : comment les retailers l'organisent pour les 5 prochaines années ?

Par : Thibault Deschamps
27 janvier 2020
Temps de lecture : 5 min
Chapo

Multiplication des canaux de vente, boom de la livraison à domicile et du retour colis, nouvelles réglementations quant à l'écoresponsabilité... autant d'enjeux qui définissent la manière dont se structureront les supply chains des retailers dans les années à venir. Sandrine Matichard, Insights Director du HUB Institute, Jérémy Mandon, directeur commercial de Geoconcept France et Yann Raguenes, directeur comercial de Dematic nous partagent leurs visions à 5 ans.

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sandrine matichardSandrine Matichard, Insights Director - HUB Institute : En 2020, la supply chain constitue un levier particulièrement stratégique pour le retail, grâce aux gains d'efficacité permis par l'intelligence artificielle. 

D'une part, il y un enjeu de satisfaction client : les consommateurs ont adopté les standards d'Amazon et ont une forte attente quant à la vitesse de traitement de leurs achats (achat en un clic, livraison en une heure, etc.) et à la souplesse dans les modes de livraison.

Dans 5 ans, les retailers devraient avoir mis à niveau leur supply chain dans ce sens, sous peine de probablement disparaître de l'univers concurrentiel. Deux autres dimensions devraient gagner en importance : celle de l'impact environnemental et de la traçabilité sur toute la chaîne de valeur, en particulier pour l'alimentaire.

Les progrès sont spectaculaires : une récente étude KurtSalmon constate qu'en un an, les 10 top retailers US ont réduit de 2 jours à 1.7 jour le temps de traitement moyen d'une commande. 2 irritants clients sont traités en priorité : la livraison du dernier kilomètre avec des innovations dans les véhicules de livraison (drones, navettes autonomes, robots...), la sécurisation des boîtes de dépôt (cf la startup Doodle et sa boîte sécurisée et connectée) et les retours-produit, qui constituent le premier facteur d'insatisfaction en e-commerce.

Une startup comme Happy return propose de s'appuyer sur le retail physique pour les prendre en charge. L'enseigne US Kohl's s'est dite très satisfaite de son partenariat avec Amazon (traitement des retours Amazon), qui génère du trafic en magasin, avec un profil plus jeune que le public habituel de l'enseigne.

La transformation de la supply chain est également un enjeu majeur de profitabilité pour les retailers. Ces derniers peuvent désormais entièrement automatiser leurs entrepôts, leur rangement - même le colisage avec par exemple Righthand, le bras robotisé de Manhattan Associates à la dextérité pas loin de la main humaine -, ou bien encore minimiser les stocks et les trajets jusqu'à l'entrepôt grâce au micro-fulfillment. Des entreprises comme Fabric ou Urby proposent déjà leurs "Supply as a service", avec un réseau d'entrepôts automatisés de petite surface disséminés dans la ville. 

Une fois cette optimisation de la chaîne réalisée, l'étape suivante est l'anticipation et la prédiction : anticiper la journée de travail de la chaîne de préparation d'envoi comme le teste actuellement Carrefour, anticiper les tendances consommateur pour proposer le bon modèle dans les bonnes quantités dans les bonnes zones de chalandise, comme le propose la startup Euritech. À la clé, des points de rentabilité, mais aussi un impact carbone mieux maitrisé.

 

Adopter des solutions logistiques multicritères pour faire face à l'augmentation des contraintes

jeremy-mandonJérémy Mandon, directeur commercial de Geoconcept France : Le nombre de colis généré par l'e-commerce français est passé de 450 millions en 2015 à 505 millions en 2017, soit une progression de 12 % (Fevad). Le boom que connaît l'e-commerce, porté par des commandes plus fréquentes de montants unitaires plus faibles, impacte considérablement la logistique urbaine. À cela s’ajoutent des exigences accrues en termes de délais de mise à disposition, la livraison dans l’heure étant en passe de devenir la norme.

Si de nombreuses alternatives ont émergé ces dernières années (points relais, retraits en magasin, consignes…), la livraison à domicile reste l’option la plus plébiscitée par les consommateurs. Elle constitue pourtant l’option la plus coûteuse pour la chaîne logistique et est de plus en plus soumise à un cadre réglementaire strict motivé par les enjeux climatiques et environnementaux.

Face à ces évolutions, les marques Retail n’ont d’autres choix que de :

  • Fiabiliser la qualité des informations recueillies (localisation, accessibilité), pour réduire leur taux d’échec de livraison en première présentation ;
  • Réduire les distances en repensant l’organisation logistique (entrepôts urbains de proximité), en optimisant la livraison du dernier kilomètre ;
  • Limiter l’empreinte carbone ;
  • Proposer des créneaux de livraison intelligents et automatisés dès la prise de commande.

Seules des solutions d’optimisation multicritère peuvent les aider à prendre en compte les contraintes inhérentes aux nouvelles règles du jeu de la logistique du dernier kilomètre – et à sortir par le haut, c’est-à-dire par une qualité de service accrue, de la bataille actuelle des prix et des délais.

Optimiser les tournées logistiques en tenant compte des ressources disponibles (nombre de véhicules et de chauffeurs), des contraintes (horaires de travail, capacité…) et de la charge de travail globale et prévisionnelle, tel est l’ADN de GEOCONCEPT. Des acteurs majeurs du e-commerce sont déjà acquis à la cause de l’optimisation, comme C Chez Vous, filiale du Groupe CASINO qui optimise les livraisons à domicile des produits CDISCOUNT.

À moins que nous ne devenions tous livreurs grâce à la blockchain

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L'automatisation des process logistiques est la réponse adéquate aux mutations du retail

yann-raguenes-dematicYann Raguenes, directeur commercial de Dematic : Dans les 5 années à venir, le leitmotiv des supply chain sera de pouvoir répondre efficacement aux enjeux du commerce omnicanal. Plus concrètement, elles devront être en mesure de faire cohabiter deux visions pourtant traditionnellement opposées :

  • La massification, afin de servir les grands points de vente,
     
  • L’unitaire, pour des points de vente plus petits et surtout les parcours de consommation personnalisés menant notamment à l’essor de la livraison à domicile.

Une gestion accrue et efficiente des retours et des invendus sera également essentielle afin d’éviter une perte de valeur provoquée par la destruction massive des retours.

En parallèle, la demande pour une consommation locale à empreinte carbone faible et à origine contrôlée est grandissante. Ces fortes tendances, nécessitant une réactivité plus importante, amèneront inexorablement une automatisation des entrepôts et des process.

Pour relever ces impératifs, les retailers doivent dès aujourd’hui repenser l’organisation de leurs supply chains. Cette dernière passe notamment par la sélection des bons outils informatiques. S’appuyant sur des systèmes expert générant approvisionnement, transformation logistique et distribution à haute vitesse, ils régulent ces nombreux canaux amont et aval.

multishuttle-dematicS'ajoutent à cela les solutions physiques jointes, comme l’automatisation, qui doivent être hautement réactives ; déployables rapidement et à haute productivité.

Agilité des solutions, capacité à répondre à de nombreux formats et ce quels que soient les canaux utilisés par les clients finaux, c’est cette association dynamique et personnalisée que met en œuvre Dematic avec ses solutions.

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Solution de micro-fulfillment de Dematic

 

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Titulaire d’un master de journalisme et d’un DUT Services et Réseaux de Communication, Thibault s'appuie également sur sa culture de l’IT et du marketing...