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CQFR CES 2020 - J4 : Malgré des distributeurs discrets, le retail demeure un sujet clé

Par : Benoit Zante
9 janvier 2020
Temps de lecture : 4 min
Chapo

Alors que l’édition 2019 du CES faisait la part belle au secteur de la distribution, le CES 2020 est une année relativement pauvre sur ce terrain. Mais ce n’est pas pour autant que le sujet est absent du salon. Nouveaux modèles de distribution, paiement et logistique figurent parmi les thèmes clés qui émergent cette année à Las Vegas. Ce qu'il fallait retenir du sujet, en ce quatrième jour à Las Vegas, par le HUB Institute.

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Conséquence de la crise sino-américaine, les acteurs du “new retail” chinois comme Alibaba et JD.com, auparavant présents en force dans les halls du CES boudent l’événement. Les distributeurs américains, comme les fournisseurs de solutions qui leur sont destinées, préfèrent se concentrer sur la NRF, qui ouvre ses portes le 11 janvier à New York.

Le CES reste une vitrine pour les marques de grande consommation

Pour autant, les marques de grande consommation n’ont pas renoncé à l'événement : elles y trouvent une caisse de résonance médiatique pour leurs innovations et un moyen d’illustrer leur virage technologique. BIC tient pour la première fois un stand, jouant sur les mots, avec l’accroche "The Next Bic Thing" : le spécialiste des produits jetables y présente un rasoir équipé de capteurs et embarquant de l’intelligence artificielle. Le produit n’a pas vocation à être commercialisé : il est pensé comme le point de départ d’une conversation avec les utilisateurs, au travers d’une plateforme de co-création, lancé par cette même occasion.

Charmin, marque du groupe P&G, adopte une approche similaire : les innovations issues de son Golab, comme "Rollbot" (un robot destiné à apporter du papier toilette), “SmellSense” (un détecteur d’odeurs) ou “VI.Pee” (des toilettes équipées de casques de réalité virtuelle), sont avant tout des objets de communication.

Les initiatives présentées par L’Oréal (“Perso”), l’Occitane (“Duolab”) ou P&G (“Opte”) sont d'une autre ampleur et ont de quoi inquiéter les distributeurs : elles illustrent la volonté des marques de reprendre le contrôle sur la relation avec leurs consommateurs, pour leur proposer, en direct, des produits personnalisés, avec des modèles de distribution innovants, s’affranchissant des intermédiaires.

Plus disruptifs encore, les progrès dans le domaine de l’agroalimentaire pourraient avoir des conséquences importantes sur toute la chaîne de valeur, et en particulier la distribution. Que ce soit avec les fermes verticales urbaines de Planty Cube, distinguées par un "Best Of Innovation Award" ou le développement de la viande de synthèse (dont le "porc haché vegan" présenté par Impossible Foods cette année n’est qu’une première étape), la tendance va vers une production de plus en plus proche des lieux de consommation, quasiment à la demande.

Voix, reconnaissance faciale... : la biométrie se met au service du paiement

En délaissant le salon, les distributeurs courraient aussi le risque de laisser le terrain à leur principal ennemi : Amazon. Parmi les annonces de la firme de Seattle, un partenariat avec ExxonMobile : dans 11 500 stations-service de la marque, la simple phrase "Alexa, pay for gas" permettra aux conducteurs équipés de véhicules embarquant la solution Echo Auto, de payer leurs pleins d’essence. La carte bancaire associée à leur compte Amazon Pay sera automatiquement débitée du montant correspondant.

Ce dispositif de paiement par la voix conçu par Amazon est un exemple parmi beaucoup d’autres d’utilisation de la biométrie à des fins transactionnelles. Notamment, AT.Wallet, distingué par un "Innovation Award" propose un portefeuille de cryptomonnaies à reconnaissance d'empreintes digitales, tandis que les technologies de caméras et capteurs 3D (Orbbec, Infineon…) utilisées pour la reconnaissance faciale, sont particulièrement représentées cette année.

Plus puissants et davantage miniaturisés, ces capteurs vont contribuer à l’accélération du déploiement de la reconnaissance faciale, dans les smartphones (d’ici à 2024, 90% des smartphones vendus dans le monde en seront équipés), les points de vente (pour les solutions de paiement ou de caisses automatiques) ou dans la rue. Ce qui n’est pas sans poser des questions quant au respect de la vie privée.

La livraison : un “pain-point”, des tonnes de solutions

Outre le paiement, la logistique (et en premier lieu la livraison) fait figure de point d’optimisation principal pour les distributeurs : c’est en effet en s’améliorant sur ce sujet qu’ils pourront rivaliser avec Amazon. Connecter, automatiser et optimiser les entrepôts grâce à la data et à l’IA est depuis plusieurs années déjà une préoccupation majeure des (e)-commerçants et des marques. Mais ces innovations concernent la plupart du temps le back-office et restent souvent invisibles du client final.

Ce n’est pas le cas de The Box, de la startup française Living Packet. Ce colis connecté et réutilisable surprend par son design, ses fonctionnalités et sa promesse : recyclable, il permet d’éviter les déchets d'emballage et promet une économie de 90% d’émissions de CO2.

La robotisation est aussi une tendance forte, portée par les acteurs de l’automobile, comme Toyota, qui expose sur son stand le concept Micro-palette, un robot destiné à la manutention, comme à la livraison de colis. Plus proche de la science-fiction, Ford et Agility Robotics présentaient aussi un concept de robot, aux formes humanoïdes, qui peut trouver sa place dans les entrepôts, ainsi qu’à l’étape de la livraison. Dans l’automobile toujours, Valeo s’intéresse lui aussi à la problématique du dernier mètre, avec son droïde électrique autonome, eDeliver4U, conçu en partenariat avec la plateforme e-commerce chinoise Meituan Dianping.


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Benoit
Zante
Head of research

Il a plus de 8 ans d'expertise du digital et du marketing, développée au sein du magazine CB News, au planning stratégique de Publicis, puis chez Petit Web, dont il est le co-fondateur et où il a été rédacteur en chef de 2011 à 2018.