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Toulouse place du capitole

Quartiers d’affaires et ZI : créer une convergence digitale pour optimiser les transformations

Par : Marion Letorey
22 septembre 2020
Temps de lecture : 8 min
Chapo

La notion de ville intelligente se définit par sa capacité à se connecter et à mettre en oeuvre une réelle interopérabilité de ses infrastructures afin notamment de permettre une performance plus durable. C’est l’enjeu principal pour les quartiers d’affaires et les zones industrielles. Caroline Lapelerie - Directrice Déléguée à l’Innovation de Toulouse Métropole, Jérémie Bellec - CEO de Spinalcom, Franck Bernard - Engineering & Construction Lead chez Google Cloud et Clotilde Cochinaire, IoT solution expert, Huawei partagent leur vision pour ces lieux d’activités particulièrement stratégiques. 

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L'innovation urbaine au service des projets publics-privés

Pour commencer son intervention lors du Sustainable Cities Summit, Caroline Lapelerie, directrice déléguée à l’innovation à Toulouse Métropole, revient sur le nom "smart cities" : elle lance le débat sur l’importance de s’accorder sur un mot valide au niveau national comme international, et savoir ce qu’il regroupe. Une note d’introduction avant de parler du cas de Toulouse, une métropole en plein développement, notamment sur ses zones industrielles.  

La stratégie de la ville est définie autour d’un schéma directeur, une feuille de route sur l’ensemble du territoire. Celle-ci est développée avec tous les acteurs de l’écosystème : les 37 communes, les habitants et tous les acteurs locaux, institutions comme entreprises. Caroline Lapelerie définit cette structure de développement comme une véritable fabrique à projets public-privé. Au total, 110 projets ont été élaborés, des expérimentations mais aussi des projets de grande ampleur, à envergure européenne comme internationale. 

Cette stratégie se résume en 3 principes-clés

  • Le citoyen placé au cœur de la démarche 
  • Une co-construction public-privé 
  • La data comme élément clé 

     
Il y a une réelle nécessité d’agir ensemble et maintenant.


L’objectif de Toulouse Métropole est de travailler autour de 5 ambitions qui recouvrent l’ensemble des aspects d’une ville : 

  • L’adaptabilité, pour une ville adaptable, efficiente et respirable
  • Une mobilité simple et fluide
  • L’identité du territoire, essentielle pour une ville internationale mais forte de son terroir, ancrée dans ses racines. 
  • Une ville du bien-vivre encore plus chaleureuse et inter-générationnelle 
  • Rendre Toulouse plus belle, propre et sûre 

Le quartier d’affaires de Toulouse Métropole est en réalité pluriel. Divers pôles se situent autour de la ville, plusieurs sites pour différents sujets. Caroline Lapelerie présente le cas du Campus Santé du futur, un campus qui prend tout son sens dans un monde post-covid. Un campus qui se veut dans un écrin de biodiversité, alors qu’il se situe sur une zone qui a subi un sinistre majeur il y a presque 20 ans, l’explosion de l’usine AZF. Une bonne raison pour développer un campus 2.0, avec l'ambition d'en faire un campus "vert, sport, santé", un campus d'innovations "santé du futur", et un campus en "oncologie, santé et médecine du futur". 


Bâtiments connectés : créer une expérience unique et digitale pour l'exploitant et l'habitant

Franck Bernard, Engineering & Construction Lead pour Google Cloud rappelle les enjeux relatifs aux quartiers d’affaires et aux zones industrielles :

  • s’adapter aux nouveaux usages 
  • tenir compte de la transformation des procédés de fabrication
  • intégrer les nouvelles technologies telles que le BIM, la 5G ou l’open data
  • inclure les enjeux environnementaux à la réflexion
  • booster l’attractivité du quartier ou de la ville dans sa globalité pour y attirer les talents et répondre à leur quête de sens

     
Le digital participe à la résolution de ces défis.


Jérémie Bellec, CEO de Spinalcom précise que quand on parle de quartiers d’affaires on se pose la question de savoir comment on va réussir le déploiement du digital dans cet espace.

 

Déployer de l'intelligence dans une ville, c’est déployer de manière distribuée dans les infrastructure et dans les bâtiments.



La climatisation, le cloud, la big data, on réalise désormais cette promesse en distribuant via le edge computing. À l’instar de la téléphonie mobile qui grâce à l'intégration de système d’exploitation a rendu notre téléphone portable intelligent, la mise en place d’un Building OS ou BOS rend intelligent le bâtiment et passer au smart building. 

 

Le BOS transforme le bâtiment en plateforme applicative.



Concrètement, cela permet de gérer de manière transverse toutes les données du bâtiment et de construire son jumeau numérique. Comme dans le célèbre jeu vidéo SIMCITY, il s’agit d’analyser et de comprendre pour agir et améliorer l’efficience et l’attractivité des bâtiments tant sur le plan de la maintenance, de l’énergie ou de la gestion de l’espace.

Franck Bernard revient sur les aspects plus techniques et explique que pour gérer un bâtiments on a besoin de beaucoup d’application. Cela induit un système informatique d’une part et un système automatique d’autre part (avec les accès, la documentation, la climatisation…). 

 

Actuellement tout fonctionne en silo. L’évolution vers le bâtiment intelligent, c’est mettre une plateforme unique de gouvernance de la donnée pour mieux gérer l'ensemble du système et interagir avec le bâtiment pour une voie unique.



Le Building OS permet d’aller plus loin que du Big Data et de faire le lien entre cette dernière et l’automatisation industrielle. Il va se déployer localement dans un bâtiment ou à l’échelle du quartier et combler l’espace dans l’infrastructure du bâtiment et permettre l’analyse des données.

A LIRE AUSSI : Penser la digitalisation d’un quartier d’affaires dans sa globalité : la vision de Google Cloud et SpinalCom

Comment déployer un Building OS ? Des solutions offrent la possibilité de déployer les applications sécurisées, centralisées, dans le cloud, de s’ouvrir aux API, de collecter et analyser la donnée en ayant l’agilité nécessaire pour s’adapter à des usages évolutifs et assurer un passage à l’échelle du quartier. 

Cette capacité d’interaction via le BIM notamment, va permettre aux quartiers d’affaire de s’inscrire dans une dynamique de management de confiance très important dans la situation actuelle, précise Jérémie Bellec. Dynamique qui vise à offrir une expérience toujours plus unique et plus durable aux usagers.

Sustainable & Intelligent world tour avec Huawei

Huawei accompagne les villes dans leur parcours pour devenir plus intelligentes et accompagner les grands défis démographiques et environnementaux qu’elles doivent relever. La notion d’architecture évolutive prend tout son sens depuis 20 ans que l’on connecte les villes relève Clotilde Cochinaire. Elle rappelle que Huawei est un acteur engagé sur le sujet avec plus de 170 projets dans plus de 50 pays.

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Sur tous les continents, de nombreux territoires ont réussi à mettre une oeuvre une stratégie de construction de smart city malgré beaucoup de disparités au niveau de l’urbanisation, des infrastructures informatiques et de planning. 

 

Une smart city c’est le résultat d’un processus de réingénierie systématique.



Clotilde Cochinaire partage avec nous 4 projets concrets accompagnés par Huawei, en Chine et en Europe :

  • À Gaoqing en Chine - 2 objectifs à ce projet d’architecture auto-évolutive. Faire de Gaoqing la référence de la ville intelligente en créant des standards d’architecture pour ensuite les répliquer. Assurer une inter-convergence entre tous les domaines : urbanisation, commerce, services, et manufacturing. Pour ce faire, elle s’appuie sur un réseau eLTE, filaire et IoT qui transporte les données connectées vers une plateforme pour servir 3 parties prenantes : les autorités locales pour améliorer la gouvernance, l’ensemble des citoyen pour assurer une augmentation de la qualité de vie et les entreprises pour stimuler leur compétitivité et accélérer le processus de déploiement.
     
  • À Weifang en Chine - révision de la lumière et du système d’éclairage avec l’installation de 40 000 nouveaux lampadaires pour un bénéfice indéniable sur la qualité de la lumière (augmentée de 25%) et la réduction de la conso énergétique (diminution de 6 millions de Kw/h) induisant une réduction de son empreinte carbone.
     
  • À Amsterdam aux Pays-Bas - avec son partenaire Geodan via le déploiement d’un datalake et d’une politique d’open data pour adresser 3 enjeux : la mobilité pour réduire la congestion et libérer des espaces de parking), l’environnement pour mieux maîtriser la consommation énergétique et enfin la qualité de vie pour faciliter l’accès à des espaces verts, aux écoles, et au système de santé.
     
  • À Duisburg en Allemagne - avec la nécessité pour une ville qui a basé son économie sur l’extraction d’énergie fossile de se réinventer. Un déploiement de Cloud a permis une adaptation de l’ensemble des services et une amélioration des revenus des entreprise privées de la ville. Mais également grâce à la fibre et au wifi, le Haut-Débit améliore les services au citoyens. Un jumeau numérique est en préparation confie Clotilde Cochinaire.

Elle conclut en rappelant qu’il est possible d'accélérer le succès des territoires intelligents en Europe à condition de se centrer sur l’environnement, les cas d’usages, et de construire solidement sur la base d’un écosystème local.

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Marion
Letorey
Consultante senior

Consultante Senior au sein du HUB Institute, Marion a exercé pendant plus de 3 ans la fonction de responsable pédagogique au sein de IONISx – filiale de IONIS Education Group –
Leader de l’enseignement privé en France.

Elle a accompagné les Écoles business du groupe IONIS dans leur transformation digitale par l’introduction d’enseignements en classe inversée ou blended learning.
À l’initiative de la création de plusieurs cursus diplômants 100% en ligne pour la formation continue, elle a créé...